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09 juillet 2013

RYTHMES SCOLAIRES : ÇA TOURNE AU VITRIOL, À ST-NAZAIRE ...ET AILLEURS


La municipalité nazairienne aux ordres de Matignon vient de donner l'illustration de ce qu'il convient d'entendre par la notion de "dialogue social dans les territoires" au moment même où l'une des "tables rondes" de la "Grande Conférence Sociale" colloquait sur ce piège à cons. Au niveau des "territoires", tout fonctionne à l'instar du modèle national : plus de place pour la négociation des revendications avec les organisations syndicales, y compris et surtout lorsque la grève devient l'ultime recours des salariés.


Le gel du point d'indice ou le passage à 43, voire 44 ans de cotisations pour la retraite, ça se décide à l'Elysée et à Matignon. Fermez le ban, et silence dans les rangs ! Même "méthode citoyenne" pour la mise en oeuvre de la contre-réforme des "rythmes scolaires" dès la rentrée de septembre en dépit de la bronca qu'elle provoque : M'sieur l'maire a des ordres venus du plus haut niveau, et l'adjudant-chef répercute les consignes du général en chef. Pour l'assister dans cette tâche, l'adjudant-chef a lui même sous ses ordres les petites mains à tout faire des caporaux subsidiaires de service CFDT et UNSA.

Dans la plus pure tradition des patrons de combat du 19 ème siècle, leurs héritiers nazairiens 2013 férus en dialogue social à l'eau de rose ont donc choisi la provocation et l'épreuve de force avec les ATSEM, lesquelles n'acceptent pas, au prétexte de "rythmes scolaires", la remise en cause de l'accord de 2007 stipulant que ces agents, compte tenu des spécificités de la fonction, travaillent 1505 heures pour un temps plein.

L'avant-veille (20 juin) de la manifestation de soutien aux ATSEM à laquelle appelaient les unions locales et départementales FO, CGT, FSU et Solidaires (voir ci-dessous la "lettre ouverte" des quatre UD aux maires des communes ayant voté le passage aux "rythmes scolaires" dès 2013), la mairie de Saint-Nazaire a réuni le Comité technique paritaire municipal ; et les représentants de la municipalité, avec l'aval de l'UNSA et de la CFDT tenues en laisse, ont obtenu que le CTP valide les 1569 heures.

Le conseil municipal est convoqué le 28 juin pour donner son approbation terminale au coup de force scélérat. Mais l'exercice s'annonce plus périlleux qu'une simple formalité. En effet, lors du vote intervenu en CTP le 20 juin, l'un des représentants de la municipalité s'est une nouvelle fois désolidarisé de ses amis politiques et a voté contre le projet mis aux voix. Dans ces conditions, lors du conseil municipal du 28 juin, d'aucuns vont subir le supplice de devoir afficher quelle rive du Rubicon ils choisissent. ... Douloureux à la veille des marchandages entre partis pour négocier la constitution des listes de candidats aux élections municipales du printemps prochain.

Mais surtout la municipalité n'en a pas terminé avec la colère des ATSEM, soutenues dans leur détermination à en découdre par l'interprofessionnelle FO-CGT-FSU-Solidaires, et aussi par un nombre grandissant de parents d'élèves. Pour preuve : à l'appel de l'intersyndicale, 150 manifestants étaient rassemblées le matin du samedi 22 juin pour dénoncer le vote de la honte intervenu en CTP et exiger que la municipalité fasse marche arrière.

On lira ci-dessous les extraits du discours, particulièrement applaudi, prononcé à cette occasion par Didier Zeau, secrétaire-adjoint de l'Union Locale Force Ouvrière et par ailleurs membre des instances du SNUDI-FO 44.
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Extraits du discours de Didier Zeau, secrétaire adjoint de l'UL-FO de St-Nazaire à la "manif" de solidarité avec les ATSEM du 22 juin

Au cours de sa prise de parole, le représentant de l'Union Locale FO est revenu sur l'historique et la montée en puissance du mouvement des ATSEM nazairiennes. Mais il a également souligné que leur combat n'a rien d'un cas local isolé. Car l'application de la "réforme Peillon" trébuche sur les obstacles qui vont s'accumulant : au niveau national où la Caisse Nationale d'Allocations Familiale refuse d'y engager ses finances et où le Conseil d'Etat vient d'infliger un camouflet au ministre, et également sur le terrain où des communes ayant décidé un peu trop vite de mettre en route l'usine à gaz dès 2013 commencent à s'en mordre les doigts. C'est ce volet de l'intervention de Didier Zeau que nous avons choisi de reprendre ci-dessous.

" (...) Le gouvernement, qui avait promis "un fond d'amorçage" (25 millions d'euros annoncés) pour les communes qui s'engageraient pour la réforme Peillon dès 2013, vient de faire marche arrière.

Le ministre cherche maintenant d'autres financements. Mais :

- la Caisse Nationale d'Allocations Familiales, sollicitée pour pallier ce désengagement, s'y refuse,

- Le Conseil d’État vient de rejeter le décret visant à assouplir les taux d'encadrement périscolaire (plus d'enfants par animateur, donc moins de personnels à payer),

- la Revue des maires de France avertit : «Quand les élus découvriront qu'ils ne peuvent pas compter sur l'aide attendue, ils risquent de renoncer à leur décision de passer aux nouveaux rythmes dès 2013».

C'est d'ores et déjà le cas dans notre département à Saint-Mars de-Coutais, où le dernier conseil municipal vient de décider de se désengager de la mise en place des «rythmes» pour 2013.

Le cas de Saint-Mars-de-Coutais pourrait bien n'être qu'un précédent. En effet, les 26 autres communes du département qui, s'étaient lancées dans l'aventure, pour la plupart suite à certaines pressions politico-gouvernementales que vous devinez, n'ont pas les financements correspondants.

Dès lors sur qui les municipalités qui font du zèle reportent-elles le coût de la facture ?

- Inévitablement sur les personnels communaux, telles les ATSEM à Saint-Nazaire, à qui l'on demande de travailler plus (64 heures par an) pour gagner pareil,

- Mais également sur le contribuable, via l'augmentation des impôts locaux,

- Et enfin sur les parents d'élèves priés de mettre la main à la poche pour la participation de leurs enfants aux activités périscolaires.

- Il est vrai qu'ils ont inventé autre piste : "le mécénat" d'entreprise. Ainsi Peillon a signé avec le groupe Total, n°1 du CAC 40, un accord à hauteur de 4 millions d'euros/an pour la mise en place des rythmes scolaires ! Après la territorialisation de l’école voici le début de sa privatisation !

Mais à FO, c'est l'école publique républicaine et les personnels qui y travaillent que nous défendons.  

Alors, retrouvons-nous tous le 28 juin pour manifester à la mairie, où le conseil municipal sera réuni! "
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