InFOrmation syndicale

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30 juin 2014

Renforcer le pouvoir des travailleurs : la litanie des contre-pouvoirs ressortie du bréviaire corporatiste par la C.S.I. ?


Portée sur les fonts baptismaux  par le très social chrétien Emilio Gabaglio, l'ex-secrétaire de la Confédération européenne des syndicats, et fruit de la matrice de cette dernière, la Confédération Syndicale (CSI) a été substituée en 2006 à la Confédération indépendante des syndicats libres, (CISL), dissoute pour la circonstance afin d'accueillir dans l'unicité des syndicats orphelins de la décompostion de la FSM (dominée après guerre par les staliniens)   et surtout la très cléricale CMT aux ambitions missionnaires aiguisées.

La CSI ne pouvait et ne peut donc être qu'un melting-pot traversé par des contradictions de toutes natures, la plus fondamentale étant bien sûr l'irréalisable synthèse entre le syndicalisme indépendant et le syndicalisme subsidiaire de "gouvernance".
C'est dans ce cadre qu'à l'occasion du IIIème congrès de la CSI, qui s'est tenu à Berlin du 18 au 23 mai dernier, Force Ouvrière a dû batailler ferme pour arracher le vote d'un amendement rappelant la nécessité d’une mobilisation pour l’application des normes de l’OIT.
Mais à l'opposé, l'intitulé du "slogan" du congrès "Renforcer le pouvoir des travailleurs", d'autant qu'il est censé constituer l'axe stratégique des années à venir, mérite à tout le moins interrogation, tant la terminologie CSI renvoie au corporatisme et à ses appellations successives depuis la Charte du travail : de l'autogestion d'hier, à la "gouvernance" "partagée", "durable", etc. d'aujourd'hui.

En 1908 déjà, dans une célèbre polémique contre le socialiste Lagardelle (rallié 20 ans plus tard au corporatisme mussolinien), Jaurès, dont l'argumentation reste de pleine actualité aujourd'hui, dénonçait l'illusion d'un "pouvoir" ouvrier censé contre-balancer le "pouvoir" patronal dans l'entreprise ou celui de l'Etat dans les services administratifs et les services publics . "C'est du corporatisme morcelé" assénait Jaurès.
Pourtant c'est bien ce "corporatisme morcelé" que nous refourgue aujourd'hui, au niveau de l'entreprise, Bernadette Ségol (cf. ci-dessus son récent discours à Berlin). Et vu la "communion" de pensée entre les cercles dirigeants de la CES et ceux de la CSI,  il n'est pas illégitime de soupçonner que derrière le "flou" du slogan de la CSI "renforcer le pouvoir des travailleurs", il pourrait bien, pour reprendre certaine formule de Martine Aubry, y "avoir un loup".
Un loup qui, non seulement rôde dans "l'entreprise", mais qui aussi, avec sa casquette altermondialiste, a été apprivoisé par la "gouvernance partagée" pour faire le beau dans la "société civile".

Il suffit en effet de se reporter aux poncifs "citoyens" de la CES et de la CSI pour lire que, dans la meute de la "gouvernance", les domestiqués syndicaux, comme leurs inséparables congénères dames patronnesses ONG, n'ont qu'un rêve obsessionnel : s'ébrouer dans la cour de récréation inventée par les institutions internationales pour y enchaîner les subsidiaires de service.