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23 août 2021

Auchan: Débrayage à l'initiative de FO pour les salaires

Cet été, les délégués et représentants syndicaux de FO Auchan, rejoints ensuite par la CGT et la CFDT selon les implantations, ont pris l’initiative d’un appel à débrayage sur toute la France pour les salaires (prime Covid, refonte des grilles salariales ainsi que sur les conditions de travail et l'emploi). 

Les élus FO ont rappelé leurs revendications lors du comité social et économique central du 22 juin dernier. Les délégués et représentants syndicaux FO se rencontrent à nouveau le 2 juillet pour tirer un premier bilan de ce débrayage à dimension nationale.


Dans quel contexte propre à Auchan est survenu l’« appel du 18 juin » à débrayer ?

La dernière fois que nous sommes sortis, hors des questions relatives à notre refus du travail du dimanche, c’était en 2007. Et encore, c’était pour ce qui nous concerne seulement sur Trignac. La situation cependant change. Les négociations annuelles obligatoires (NAO) ont été un monologue, la direction n’ayant que faire de nos revendications. Alors que l’inflation est proche de 2 %, la direction ne proposait que 0,63 % d’augmentation générale.

Dans le même temps, Auchan a réalisé 466 millions d’euros de bénéfices en cette période de covid, auxquels il faut rajouter les 3 milliards d'euros obtenus par la vente de la totalité de ses magasins de Chine en octobre 2020. Tout cela est insupportable et dure depuis trop longtemps. Le ras-le-bol est général, d’autant que l’entreprise a subi deux plans sociaux consécutifs. C’est la raison pour laquelle, réunis le 6 mai dernier, nous, les délégués et représentants syndicaux FO d’Auchan, avons décidé d’appeler à un débrayage national le 18 juin.


Qu’en est-il du « plan de sauvegarde de l’emploi » (PSE) ?

Nous avons connu deux PSE en 3 ans.

La première fois, ce sont les cadres qui ont été touchés. Il s’agit cette fois-ci du service après-vente et des fonctions supports (informatique, service RH et contrôleurs de gestion).

Environ 1 400 postes ont été supprimés, tandis que 2 000 emplois de 2020 n’ont pas été remplacés. Dans les faits, la direction gagne en masse salariale et ne propose que quelques miettes de NAO. Ça a été vraiment la goutte d’eau.


Quelles ont été les revendications de votre débrayage ?

Il a beaucoup été question des salariés de la « deuxième ligne ». L’année dernière, les salariés concernés ont bien obtenu la prime Macron de 1 000€… mais proratisés selon la quotité de temps de travail. Cette prime a donc été plus faible pour les salariés les plus précaires. Macron avait indiqué que cette prime serait reconduite cette année, mais sans suite du côté de la direction : donc nous revendiquons cette prime. Nous revendiquons également une refonte des grilles de salaire, puisque nous n’avons rien obtenu en augmentation générale. Par le passé, Auchan avait peut-être la meilleure grille de salaire de la grande distribution. On sait désormais que les salaires de certains magasins, y compris de hard discount, sont au-dessus. On se fait rattraper par le SMIC (5 grilles de salaire), alors qu’il nous faudrait au moins suivre l’inflation.

Enfin, en nous appuyant sur les résultats d’études ergonomiques, nous demandons le blocage du projet de la direction de développer des caisses automatiques, qui se traduira par des suppressions d’hôtesses de caisse. Nous refusons cette menace sur l’emploi, de voir les machines remplacer le personnel de la grande distribution. On sait désormais que les salaires de certains magasins, y compris de hard discount, sont au-dessus. On se fait rattraper par le SMIC (5 grilles de salaire), alors qu’il nous faudrait au moins suivre l’inflation.


Quel premier bilan ?

Au niveau national, là où des implantations FO sont présentes, le débrayage a été suivi. Dans le département, une trentaine de salariés a débrayé sur le magasin de Saint-Herblain, où se pose la question vitale d’une implantation de FO.

75 salariés ont également débrayé sur le magasin de Trignac. Au moment où nous passions devant les lignes de caisse, les caissières ont levé le poing ou la main, ont accompagné la musique. Nous avons reçu le soutien de la galerie marchande.

Nous avons distribué des tracts de notre fédération – la FGTA-FO – pour lesquels les clients ont été plutôt réceptifs – distribution des tracts FGTA.


Quelles seront les suites ?

Nous avons eff ectué une intervention au comité social et économique central ce 22 juin. Un rendez-vous est par ailleurs pris ce mercredi 30 juin entre le délégué syndical central FO et le responsable des relations sociales Auchan. Le 2 juillet prochain, nous tiendrons une nouvelle réunion des délégués et représentants syndicaux FO. Nous tirerons le bilan. Nous sommes prêts à prendre une nouvelle initiative.