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12 février 2024

EDF Cordemais : Un « greenwashing »… sans plan B

 EDF Cordemais - Centrale thermique

Le syndicat FO EDF Cordemais a maintenu sa représentativité à l’occasion des dernières élections professionnelles. L’optimisme est de mise, puisque les équipes militantes se renforcent et permettent d’envisager de présenter la prochaine fois des listes complètes dans tous les collèges. Le renforcement de FO est d’autant plus nécessaire que la déstabilisation du site depuis plusieurs années (annonces successives de fermeture et de maintien de l’activité) a entraîné des pertes de compétences, qui se traduisent par une dégradation des conditions de travail des agents. En effet, confrontés à une telle incertitude, un certain nombre d’agents et donc de compétences sont partis sur d’autres sites. 

Après de longues tergiversations, la conversion au « 100 % biomasse » des tranches thermiques de la centrale de Cordemais est à l’œuvre à l’horizon 2027 par l’intermédiaire du projet Ecocombust 2. Ce projet consiste à la combustion de pellets, produits sur place par le groupe privé Paprec à partir de bois B déchets, c’est-à-dire du bois d’ameublement recyclé (issu de déchetterie).

Cette énergie est considérée comme totalement décarbonée parce que ces déchets, qui n’étaient pas valorisés jusqu’alors, ont déjà capté du CO2 dans leur première vie de matière bois. Pour autant, la combustion de ces déchets – qui doivent être dépollués – nécessitent des traitements et une adaptation de l’outil de production. C’est un challenge industriel pour la centrale de Cordemais.

En effet, il convient de rappeler que la centrale de Cordemais est conforme aux normes environnementales jusqu’en 2035 – contrairement, au demeurant, aux centrales à lignite d’Allemagne et de Pologne dont la France est devenue dépendante en conséquence des choix politiques exercés par les gouvernements successifs jusqu’à aujourd’hui.

Dans une allocution récente, Emmanuel Macron a annoncé pour 2027 le 100 % décarboné et la fin du charbon. Dans un contexte où aucun autre plan industriel permettant de maintenir les emplois sur site n’a été envisagé, FO EDF Cordemais a exprimé son soutien à Ecocombust 2.

Des incertitudes sur la viabilité du projet continuent cependant de subsister, puisque la direction d’EDF ne s’est engagée à ce stade que pour l’achat de 3 années de pellets, là où l’entreprise Paprec demande un engagement sur 10 ans.

FO EDF Cordemais maintient donc sa proposition d’une autre solution industrielle 100 % décarbonée : celle d’une centrale à turbine cycle combiné gaz (CCG), à partir de l’exploitation d’hydrogène pouvant s’appuyer sur l’important parc éolien à proximité et les emprises territoriales existantes (pipeline).

Cette solution industrielle offre un double avantage : celui d’assurer la pérennité d’un site stratégique, notamment doté d’une source froide pérenne (Loire et océan), ancré dans un territoire industriel développé (Airbus, Chantiers de l’Atlantique…) et disposant de véritables capacités de stockage, tout en assurant une troisième source possible d’énergie décarbonée, véritable alternative au nucléaire et au renouvelable.

Ce dernier aspect est particulièrement important, puisque les objectifs européens de passer au « tout électrique » en 2035 et l’instabilité du contexte géostratégique posent de manière impérieuse le problème de la souveraineté énergétique du pays.


Christophe Juino et Jérôme Muths

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