InFOrmation syndicale

26 au 30 juin : Stage CHSCT

05 décembre 2016

FO majoritaire dans les établissements de Mindin accueillant des adultes et enfants handicapés

Interview parue dans INFONZ n°21

A suivre : l'entretien accordé par Yann Le Fol, Secrétaire du syndicat FO des établissements de Mindin.

- Peux tu rappeler la nature de ces établissements ?

Il y a l’Etablissement Public Médico Social  (EPMS Le Littoral) qui accueille 480 adultes handicapés, le Foyer de Vie Abri de Jade accueillant une centaine d’adultes handicapés autonomes, l’Etablissement Public pour les Enfants Handicapés (EPEH L’Estuaire) accueillant environ 70 enfants et l’Etablissement Public pour Personnes Agés Dépendantes (EHPAD Mer et Pins) avec 310 places. L’EPMS de Mindin est le plus important établissement de ce type sur le département.


- Comment ces établissements publics sont-ils financés ? 

Les ressources de l’EPMS, l’EPEH et l’EHPAD proviennent de  l’ARS et du Conseil Départemental2. Pour le Foyer de vie cela relève seulement du Conseil Départemental. Depuis 2012, ces budgets ne suivent plus l’augmentation des dépenses des établissements. En conséquence les dépenses des résidents et leurs familles augmentent alors que par exemple, l’allocation adulte handicapé stagne.


- ...Ce qui rend aussi la situation sociale conflictuelle ?

évidemment. A l’EPMS nous sommes environ 530 fonctionnaires hospitaliers auxquels s’ajoutent une centaines de salariés en CDD de 6 mois à 1 an. Les ratios normaux, du nombre d’agents, rapporté au nombre de résidents (1 pour 1 pour les personnes polyhandicapés, 0,7 pour les autres) ne sont plus respectés. Les remplacements de fonctionnaires partant en retraite – lesquels allongent leur carrière du fait de la dégradation du calcul des pensions - ne se feront plus systématiquement à moyen terme.
Il s’ensuit bien sûr une dégradation des conditions de travail avec des conséquences sur la qualité d’accueil des résidents.


- A cela s’ajoute une situation particulière à Mindin.

Effectivement. A son départ, l’ancien directeur a laissé un lourd déficit : il était question de 3 millions d’€ ! Pour le combler une vingtaine des salariés en CDD  ont été virés, la direction nous a imposé l’auto-remplacement, les activités proposées aux résidents ont été diminuées et ils doivent acheter eux-mêmes un certain nombre de produits comme les bouteilles d’eau, des produits d’hygiène, payer les collations etc…
Mais ce n’est pas terminé : les accords que nous avons obtenus au fil des années et des mobilisations du personnel, sont menacés. Déjà l’auto - remplacement mis en place pour économiser des postes de contractuels accentue le « burn out ».


- Concrètement quelle sont les revendications prioritaires du syndicat FO ?

Comme tu peux t’en douter c’est d’abord la conservation de nos accords locaux en l’état : l’accord sur le temps de travail, fruit des mobilisations de 2011 à 2013 – l’accord local permettant la récupération d’un jour par mois, attribuée en compensation aux personnels non concernés par la « nouvelle bonification indicielle » (NBI)  - la titularisation des contractuels et le maintien de leurs postes.


- Tu disais que le « déficit », au nom duquel sont décidées toutes ces remises causes sociales, n’était pas net … 

Effectivement : de 3 M€ on serait passé en réalité à 1,4 M€, de nombreuses erreurs ayant été relevées … Deux cabinets d’experts comptables n’ont pas pu déterminer son origine ! Un expert finalement mandaté par l’ARS a relevé des magouilles comptables de l’ancien Directeur. Nous attendons prochainement son rapport. Quoiqu’il en soit ce n’est pas aux personnels de payer pour des malversations frauduleuses, d’autant plus qu’il n’y a pas d’explications précises de l’origine de ce déficit.


- Fort de toutes ses actions, le syndicat FO se porte bien semble t’il ?

Tout à fait. Le nombre de nos cartes syndicales progresse. Nous sommes majoritaires à l’EPMS avec 59,8 % des voix devant la CGT. La CFDT a disparu de l’établissement. A l’EPEH et au Foyer de vie nous sommes la seule organisation syndicale. Nous travaillons à nous implanter à l’EHPAD pour les prochaines élections professionnelles.


- Tu as d’autres mandats syndicaux.

J’ai remplacé Gérard Caillon en janvier de cette année comme Secrétaire du Groupement départemental 44 de la branche Santé.
Ce secteur comprend autour de 20 000 salariés en Loire Atlantique dont 9 000 pour le CHU de Nantes, 2 600 pour le Centre Hospitalier de St Nazaire. Au plan de la représentativité syndicale, FO se situe en troisième position derrière la CGT, la CFDT étant la première organisation dans la Santé.

Je suis également l’un des trois secrétaires adjoint de l’Union Locale de St Nazaire avec Claude Arnau et Bertrand Bauny.


- Venant de la Fonction Publique Hospitalière, comment vois-tu l’activité interprofessionnelle ?

Au début j’ai constaté la situation difficile des salariés du privé, virés sans état d’âme des patrons et sans airbag de protection sociale. Cela me paraissait assez « extraterrestre » avec notre situation dans la fonction publique à Statut. Mais,  il faut bien constater que ce décalage s’est tassé, et que nos propres soucis rejoignent désormais totalement ceux des salariés du privé. Nous menons en fait le même combat : casse du Code du Travail et des Conventions Collectives d’un côté, casse du Statut de la fonction publique de l’autre.


- De ce point de vue qu’as-tu tiré comme enseignements de la mobilisation contre la « loi travail » ?

J’ai bien vécu ce combat. Le gouvernement a essayé sans succès de masquer le rôle important de FO. A bout d’arguments il a brandi le 49-3 … un vrai déni de la démocratie. La confédération FO a gazé sur tous les fronts ; syndicalement on a fait tout ce qu’il fallait.
Dans la Fonction Publique il a fallu prendre le temps d’expliquer le lien entre cette loi et les attaques gouvernementales contre le Statut, notamment avec le PPCR1. Assez vite les personnels ont bien compris et même s’il a fallu un peu de temps, ils ont été vite convaincus de rejoindre la mobilisation : ça été le cas pour plus de la moitié des effectifs de mon établissement.

A cette étape il est vrai qu’il n’y a pas eu une grève suffisante pour obliger le gouvernement à retirer sa loi. Dans beaucoup de petites et moyennes boites, les salariés attendent de voir de gros bataillons se mettent en branle … Mais il est incontestable que nous étions soutenus par une très large partie de la population et des salariés. Pour autant le combat n’est pas clos : il y aura d’autres bagarres et les bilans seront tirés.

Je voudrais ajouter, ce qui est important, la très bonne ambiance avec la CGT notamment lors du blocage du dépôt de carburant de Donges de la SFDM qui a démontré que sur des actions et avec un cadre revendicatif commun, l’intersyndicale n’est pas impossible pour mener à bien les revendications malgré nos différences.