InFOrmation syndicale

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07 novembre 2009

PÔLE EMPLOI EN GRÈVE


Pôle-Emploi en grève ... pour cause de "fusion" à marche forcée


La fusion de l'ANPE et du régime d'assurance-chômage est une vieille idée neuve : elle était notamment au programme de François Mitterrand en 1981. Elle capota devant la déjà farouche opposition de la CGT-Force Ouvrière.

Puis la "fusion" est revenue dans l'air du temps après que Nicole Notat, en 1992, dans le cadre d'une "majorité de gestion" CNPF (puis MEDEF)/CFDT ait pris la présidence de l'UNEDIC. Dès lors, par touches répétées et avec l'aval des gouvernements successifs, on a rapproché le régime d'assurance-chômage de l'ANPE, puis préparé leur fusion organique en vue d'une politique de traque aux chômeurs, qui a connu plusieurs appellations : "employabilité, "activation des dépenses d'indemnisation des chômeurs", puis "sécurisation des parcours professionnels", une terminologie CFDT (dont Bernard Thibault s'est fait le VRP sous l'appellation de "sécurité sociale professionnelle".

Via le PARE, N. Notat tenta d'instituer le Service du travail obligatoire. Elle échoua. Mais en juin 2008 le gouvernement inventa son clone : "l'offre raisonnable d'emploi", dont la mise en oeuvre passait par la fusion précipitée de l'ANPE et des Assédic. Ce double coup de force fut conduit à la hussarde.

Cela sous les applaudissements de la CFDT (cf. ci-dessous), tandis que FO (cf. ci-contre) réitérait avec force son opposition de principe à la fusion et à sa principale traduction concrète obligée sur le terrain : la mise en place de "sites mixtes" ne pouvant que se transformer en usines à gaz.

De fait aujourd'hui, alors même que cette mise en place n'en est qu'à ses débuts, la marmite Pôle Emploi surchauffe, guettée par le syndrome France-Télécom. D'où la grève du 20 octobre dernier.


Logiquement, FO avait donc proposé aux autres organisations syndicales que l'appel intersyndical national au 20 octobre retînt à minima l'exigence d'un moratoire dans la mise en oeuvre de la fusion et du déploiement lié des sites mixtes. Refus de la CFDT... Mais aussi de la CGT, de la FSU, de l'UNSA et de SUD, qui ont maintenu leur projet d'appel initial. Un appel jésuitique où il est certes exposé : "la dégradation des conditions de travail est provoquée par le déploiement des sites mixtes à un rythme effréné" .... Mais où l'exigence à minima, qui devrait en découler, d'une suspension de la mise en place des sites mixtes, est purement et simplement... passée à la trappe. Un tour de passe-passe dont FO ne pouvait se rendre complice. D'où son appel national séparé.

Or, et il faut s'en féliciter, dans bien des régions, dont les Pays-de-la-Loire (cf. ci-contre), débordant sous la pression de leurs adhérents l'appel national CFDT-CGT-FSU-SUD-CGC, les responsables locaux de ces organisations ont accepté de signer avec FO des appels où cette fois "exiger l'arrêt des sites mixtes" est mentionné en toute clarté. Preuve, si besoin était, que FO a eu raison de ne pas sacrifier la revendication qui, aujourd'hui, concentre tout, au jésuitisme unicitaire de ceux qui ont des raisons, inavouées, de vouloir éviter les formulations qui fâchent.