InFOrmation syndicale

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16 janvier 2010

L'ANNÉE DU DOIGTÉ


Lucide, Le Monde du 1er janvier écrit : "la réforme des retraites nécessitera énormément de doigté et de pédagogie pour ne pas cristalliser tous les mécontents".

C’est parti ! Une nouvelle année commence. Bien sûr, nous la souhaitons "bonne et heureuse" pour chacun d’entre nous, mais pour la classe ouvrière, nous savons qu’elle devra être combative.

La crise du système capitaliste s’est développée tout au long de l’année 2009, semant toujours plus de misère et de drames. En 2010 il faut craindre une nouvelle montée du chômage. Pour l’instant, rien ne permet d’espérer une reprise de l’activité économique.

Dans ces conditions, notre revendication de moratoire sur les licenciements est plus que jamais légitime. Nous allons donc poursuivre la campagne engagée par notre Union départementale.



Quant aux "Chantiers de l’Atlantique" la situation n’a pas changé. Pas de commande à l’horizon. Nous réaffirmons que nous ne laisserons pas "liquider" les chantiers. Nous allons intensifier la campagne pour leur nationalisation.

Nos premières démarches sont plutôt positives, puisque déjà plusieurs élus du département se sont prononcés pour que l'État, au moins, rachète les actions d’Alsthom, portant ainsi sa part du capital à 49,9 %.

(A propos des nationalisations ou renationalisations, c’est un curieux et amusant retour de l’Histoire, que le gouvernement soit aujourd’hui conduit à "convoquer" le Directeur de Renault. Nationalisée à la fin de la guerre par le Général de Gaulle, privatisée en 1993 par Michel Rocard, le gouvernement tente de s’opposer aujourd’hui à la délocalisation en Turquie de la production de la future Clio. Peut-être sera-t-il contraint de renationaliser ? Rappelons qu’en 2009 Renault et Peugeot-Citroën ont obtenu une aide de l’Etat de 3 milliards d’euros en échange de leur engagement à maintenir sur le territoire les usines d’assemblage.)

Sur le plan national, la situation risque d’être rude. Il est parfaitement clair qu’à l’échelle internationale, les gouvernements ont décidé de faire payer les conséquences de la crise aux salariés.


L’Union européenne est sans ambiguïté. La crise du système capitaliste a frappé tous les pays de l’Union européenne, mais un peu plus ceux dont l’économie avait été dopée artificiellement pour des raisons politiques.

C’est le cas entre autres de la Grèce, de l’Espagne, de l’Irlande et de l’Islande qui, comme Dubaï, sont au bord de la faillite. La présidence espagnole de l’Union européenne a écarté toute idée de sauvetage financier. Le Secrétaire d'État aux affaires européennes, un "socialiste", Diego Lopez Garrido, a déclaré qu’il y avait un besoin de coordination économique, "mais il y a une limite, qui est de ne pas procéder à un sauvetage financier,… chaque pays a la responsabilité de son budget", c’est à chaque pays de "gérer les risques budgétaires".

Si l’on traduit cette bouillie eurobureaucratique en français intelligible, "le socialiste" Diego Lopez Garrido exige la mise en œuvre de plans de rigueur, certes plus sévères dans les pays les plus en difficulté, mais aussi dans tous les états de l’UE, car tous ont dépassé peu ou prou les critères de Maastricht.


En France, le gouvernement tente, bien sûr, de camoufler sa politique pour la rendre plus présentable. Mais le programme annoncé par le Président Sarkozy ressemble bien à un plan de rigueur.

Il faut trouver environ 80 milliards d’euros. Quand on sait que la RGPP (Révision Générale des Politiques Publiques) qui consiste entre autres à ne remplacer qu’un fonctionnaire sur deux partant à la retraite, n’a "rapporté" que 7 milliards, on imagine la brutalité du plan de rigueur.

Alors que l’Union européenne vient de dépasser pour la première fois le seuil de 10% de chômeurs "officiels", cette politique va obligatoirement aggraver la situation."Faire payer les pauvres parce qu’ils sont plus nombreux", voilà l’objectif. Ainsi le SMIC n’a-t-il été augmenté que de 0,5 %, soit entre 4 et 5 euros par mois. Mais le gouvernement est à juste titre inquiet des conséquences de ses décisions ; il doit aussi s’attaquer à nouveau à un gros morceau : nos RETRAITES.

Le sujet est explosif. Certes le gouvernement dispose de l’appui habituel de la CFDT, qui considère que "le regroupement de tous les régimes va dans le sens de l’histoire". Mais il compte principalement sur la direction de la CGT pour atteindre ses objectifs.

Au cours du dernier congrès confédéral de la CGT, Thibault a été confronté à une résistance certainement plus importante que ce qu’il avait prévu, notamment sur son projet de "maison commune des retraites". Mais comme il l’a déjà fait pour la privatisation d’EDF ou de la SNCF, conformément à son éducation stalinienne, il cherchera à imposer son orientation. Donc pas d’illusions.

Pourtant, rien n’est joué : le démantèlement de la République au profit de l’Europe des Régions se heurte à de nombreuses réticences, y compris au sein de la classe dirigeante. Philippe Séguin représentait bien cette contradiction. Opposant à Maastricht, ce n’est pas par hasard si la Cour des comptes qu’il présidait a critiqué vivement la RGPP.

De même il n’est pas indifférent que le Conseil constitutionnel, présidé par Jean-Louis Debré, ait retoqué la taxe carbone du gouvernement, l’obligeant ainsi à revoir sa copie.

"Mais c’est pas tout": la réforme des collectivités territoriales a aussi du plomb dans l’aile, et la "gestion" des vaccins contre la grippe H1N1 provoque l’ire de l’autre Debré, Bernard (pourtant généralement plus souriant que son frère faux jumeau). Scandalisé, il dénonce la gabegie qui coûte trois fois le plan cancer, et plus que tous les "déficits" cumulés des hôpitaux publics.

Dans le camp patronal, la situation est encore plus "délicate". On se souvient que Kessler en 2007 avait rédigé le programme ; il ne faisait pas dans la dentelle : "si les formes de l’économie dirigée de l’après-guerre ont pu représenter une certaine harmonie entre la politique, l’économique et le social, celle-ci n’est plus. Nous avons à trouver une nouvelle expression de leur composition… La liste des réformes ? C’est simple, prenez tout ce qui a été mis en place entre 1944 et 1952, sans exception. Elle est là. Il s’agit aujourd’hui de sortir de 1945 et de défaire méthodiquement le programme du Conseil national de la Résistance" !

Vaste programme ! Mais il a un inconvénient, il conduit paradoxalement à liquider toutes les institutions paritaires, et au moins dans un premier temps, à une étatisation. Cette politique mise en œuvre d’abord par Seillières, et aujourd’hui par Parisot, explique certainement les difficultés actuelles du MEDEF.

Le départ de l’ANIA (Association Nationale des Industries Alimentaires) des structures du MEDEF, puis la démission spectaculaire du Directeur général (le 3ème depuis 2008) préparent probablement d’autres rebondissements, en particulier du côté de l’UIMM qui n’a pas digéré l’offensive de Mme Parisot contre ses dirigeants.

A la veille d’une attaque majeure contre la classe ouvrière, cette crise au sommet en inquiète plus d’un. Ainsi Alain Minc déclare : "S’il y avait un dixième du talent de l’état-major de la CGT au MEDEF, les choses iraient mieux". Notons au passage l’hommage ainsi rendu à Bernard Thibault et à ses méthodes.

Ces compliments sont certainement mérités, puisque Bernard Thibault est parvenu en 2009 à empêcher toute véritable action interprofessionnelle. Après les manifestations les plus massives que l’on ait jamais connues des 29 janvier et 19 mars, il a, avec ses complices, multiplié les actions processionnaires jusqu’au bide du 7 octobre.

Cette démobilisation scientifiquement organisée a pour l’instant atteint ses objectifs, mais on sent bien qu’il suffirait de peu de choses, d’une étincelle ou d’un concours de circonstances, pour que la classe ouvrière "fasse brutalement irruption sur la scène de l’histoire".

C’est pourquoi les dirigeants de la CGT, dès janvier 2010, reprennent leurs manoeuvres de division et de démoralisation. Ils appellent le 21 janvier les fonctionnaires à une Nième journée d’action. Malgré le mécontentement profond, les fonctionnaires ne tomberont probablement pas dans le piège qui leur est tendu.

Certes il y a des revendications sectorielles, mais les fonctionnaires, comme tous les salariés, sont confrontés aux mêmes difficultés et aux mêmes projets du gouvernement. C’est donc ensemble qu’il nous faut agir. Plus que jamais en ce début d’année, c’est la grève qui est à l’ordre du jour.

En 2009, les travailleurs de la Guadeloupe ont fait une grève de 44 jours. Aujourd’hui leurs organisations appellent à nouveau à la mobilisation pour défendre leurs conquêtes, notamment les 200 euros par mois.


Pour défendre nos revendications, en particulier nos retraites, nous ne pourrons pas éviter d’appeler à la grève interprofessionnelle.

Il faudra choisir le moment.


Note: Patrick HEBERT, Secrétaire général de l'UD CGT-FO de Loire Atlantique