InFOrmation syndicale

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03 mai 2010

ACTION !


Les retraites ! «la mère de toutes nos revendications» a déclaré récemment notre secrétaire général Jean-Claude Mailly. Le Premier Ministre François Fillon, lui répondant, affirmait de son côté, que le dossier des retraites était «la mère de toutes les réformes».

Voilà au moins un point d’accord !

En réalité, nous savons que ce dossier n’est qu’un élément d’une politique d’ensemble dont l’objectif est de faire payer à la classe ouvrière les conséquences de la crise du système capitaliste.

L’Union européenne veut imposer partout des plans de rigueur drastiques. Nous nous souvenons de l’Islande qui, avant l’explosion du volcan, a connu un autre séisme.

Par 93 % de Non, contre 1,7 % de Oui, le peuple islandais a rejeté un accord aboutissant à faire payer 100 €uros par mois pendant 8 ans à chaque habitant pour rembourser la dette des banques islandaises.

Voilà venu le tour de la Grèce.
Après avoir imposé un plan de rigueur extrêmement brutal et rejeté massivement par la classe ouvrière, c’est l’Allemagne qui à nouveau menace. On se souvient de la récente et vive polémique entre les responsables allemands et le Premier Ministre grec, M. Papandréou, qui, lors de sa visite à Berlin, a déclaré : «les Grecs n’ont pas la corruption dans les veines, tout comme les allemands n’ont pas le nazisme dans les leurs».Aujourd’hui, Angela Merkel et son ministre des finances Wolgang Schäuble, menacent à nouveau. Ils exercent un chantage à propos du prêt promis par le FMI et l’Union européenne : «le fait que ni l’Union européenne ni le gouvernement allemand n’ont pris de décision sur la fourniture d’aide signifie que la réponse peut être aussi bien négative que positive… Cela dépend entièrement de savoir si la Grèce va poursuivre dans les années qui viennent la stricte politique d’économie qu’elle a engagée. J’ai été très clair avec le ministre grec des finances sur ce point» a déclaré le ministre allemand.

En réalité, protégeant «l’euro-mark» comme la prunelle de ses yeux, le gouvernement allemand, qui sait que la classe ouvrière n’acceptera pas un nouveau plan d’austérité, veut chasser la Grèce de la zone euro.

C’est le chef du groupe parlementaire CDU/CSU qui «vend la mèche». Considérant que cette aide n’apportera pas de solution durable à la crise, il déclare : «la véritable alternative» serait qu’Athènes «quitte la zone euro et redevienne compétitive à l’aide de rudes réformes structurelles».Dans la série «Deutchland über alles», il faut noter la situation à Airbus.


Là aussi, les responsables allemands affichent clairement leurs ambitions. Certes, cela n’est pas nouveau. Mais dans une situation de crise générale, il n’y a plus de «cadeaux».

Les salariés d’Airbus ont déjà subi le premier acte du plan «Power 8». Ils ont payé cher les suppressions d’emplois et la filialisation des établissements de Méaulte et St-Nazaire-ville.

Aujourd’hui, ils se battent pour leurs salaires, mais aussi pour leurs emplois.

Vendredi 23 avril, prenant la parole à Airbus-Nantes à l’occasion d’un débrayage, le camarade de Force Ouvrière dénonce le PDG allemand d’Airbus, Tom Ender, qui, dans Le Monde du mardi 20 avril, annonce «le départ définitif du programme A 320 de Toulouse vers Hambourg».

Notre camarade précise aussi que «le secrétaire d’Etat aux transports allemands, Peter Hinze, déclare dans le même article, que l’Allemagne revendique aussi le bureau d’étude du futur remplaçant de l’A320».Nous pourrions multiplier les exemples.

Dans ce contexte, il n’y a pas d’autre solution que de se battre pour conserver les emplois et préserver notre pouvoir d’achat. Il est aussi parfaitement clair que le dossier des retraites est décisif, car si le projet de l’Union européenne, relayé par le gouvernement, passe, toutes les autres mesures de rigueur pourront s’appliquer.

Nos camarades d’Airbus ont décidé d’agir : «l’intersyndicale décide de bloquer la production».

Au plan interprofessionnel, pour mettre en échec la «réforme» des retraites, il n’y a pas non plus d’autre solution.

Les deux complices, Chérèque et Thibault, ont pour l’instant décidé de poursuivre dans la voie sans issue des manifestations à répétition. On comprend mieux quand on sait que la CFDT a mis à l’ordre du jour de son congrès confédéral de juin l’allongement de la durée de cotisations, et que Bernard Thibault continue à prôner un rapprochement des systèmes du privé et du public.

Le 20 avril, ils ont ensemble inauguré un nouveau type d’action : les «nanomanifestations». Ils organisent l’échec de leurs propres initiatives pour mieux démoraliser leurs propres militants. Mais là encore, rien n’est joué. La lettre adressée par Jean-Claude Mailly aux autres confédérations pour proposer un jour de grève franche au moment opportun (voir page 5), a reçu souvent un accueil très favorable auprès des militants.

Le gouvernement a déjà annoncé, suite au rapport du Conseil d’Orientation des Retraites (C. O. R.), qu’il n’était pas question d’envisager d’autres sources de financements pour préserver nos retraites. Sous une forme ou sous une autre, il reste l’allongement de la durée de cotisation. Alors, il va falloir se battre. Le gouvernement doit rendre public son projet de loi à la mi-juin, pour examen à l’Assemblée nationale mi-septembre avec un débat d’un minimum de six semaines.

Donc, le «moment opportun» est venu. En 1993, nous «prenant par surprise», le gouvernement de M. Balladur avait sévèrement attaqué les retraites du secteur privé. Nous n’avions à l’époque pas pu réagir. Nous l'avons chèrement payé.«Errare humanum est, perseverare diabolicum». C’est pourquoi, notre Bureau confédéral a décidé d’avancer notre prochaine Commission Exécutive au 4 mai. A l’ordre du jour : la mise en œuvre de la résolution de notre dernier Comité Confédéral National, qui dit qu’en tout état de cause, nous prendrons nos responsabilités.

Bien sûr, si toutes les confédérations appelaient à la grève pour dire non aux plans du gouvernement, ceux-ci, comme les roses, ne dureraient que l’espace d’un matin.

C’est pourquoi nous ne pouvons pas renoncer. Beaucoup de militants d’autres organisations, comme nous, pensent qu’il n’y a pas d’autre solution que la grève pour créer le rapport de force nécessaire.

Pour notre part, nous ne laisserons pas faire, la classe ouvrière ne nous le pardonnerait pas.

Il ne s’agit pas d’un quelconque baroud d’honneur, bien au contraire : notre objectif, c’est d’aider à créer les conditions pour gagner.

Les meetings que nous organisons en Loire-Atlantique le 1er mai, seront une première étape pour préparer la mobilisation générale.


Note: Patrick HEBERT, Secrétaire général de l'UD CGT-FO de Loire Atlantique