InFOrmation syndicale

22 AU 24 MAI STAGE "JE NÉGOCIE" --- 27 MAI À 9H30 COMMISSION ADMINISTRATIVE DE L'UNION DÉPARTEMENTALE --- 27 MAI ASSEMBLÉE GÉNÉRALE AUDACE --- 28 AU 30 MAI STAGE "CONNAÎTRE SES DROITS" --- 6 JUIN DE 9H15 À 11H15 RÉUNION D'INFORMATION « COMMENT DÉCRYPTER LES COMPTES DE RÉSULTAT EN COMPLÉMENTAIRE SANTÉ : PASSER DES CHIFFRES À L’ACTION » --- 17 JUIN DE 14H15 À 16H30 RÉUNION D'INFORMATION « ÉPARGNE SALARIALE » --- ...

29 mai 2010

LA DICTATURE DE LA CORBEILLE


Le 15 juin, sans exception, nous serons tous en grève ; et par milliers nous irons manifester à Paris pour dire non au plan d’austérité, pour dire non à la réforme des retraites qui se prépare, pour dire non à un nouvel allongement de la durée de cotisations.

En prenant cette décision, notre confédération assume ses responsabilités.

Depuis plusieurs mois, nous proposons aux autres organisations syndicales d’appeler ensemble à une journée de grève pour bloquer le pays afin d’obtenir satisfaction à nos revendications. Sans réponse de la part de ceux qui persistent à organiser des manifestations à répétition, nous ne pouvons attendre plus longtemps.

En effet, le temps presse. Il est maintenant évident que l’Union européenne et le FMI viennent de donner le signal d’une offensive tous azimuts contre les classes ouvrières du monde entier. Le plan d’extrême austérité dicté par l'Union européenne et le FMI au gouvernement d'Athènes et imposé au peuple grec n’est pas autre chose qu’un véritable programme d’économie de guerre.


Cet ensemble de mesures, extrêmement brutal, c’est ce qui attend, dans les toutes prochaines semaines, tous les travailleurs des pays de l’Union européenne.

Après les grecs, demain viendra le tour des espagnols, des portugais, des italiens, etc…

En France, le gouvernement prépare déjà l’opinion publique à une première série de mesures. Il s’agit tout simplement de faire payer aux salariés les conséquences de la crise du système capitaliste.

Aujourd’hui personne ne peut plus douter que le pire est devant nous. Les "marchés" exigent, les gouvernements, servilement, s’exécutent.

On est bien loin du Général de Gaulle, qui, en 1962, confronté à une crise boursière, déclarait : "La politique de la France ne se fait pas à la corbeille".

En 2010, ceux qui se réclament de son héritage pourraient dire que la politique de la France ne se fait pas à l'Elysée.

Dans ce contexte, la question des retraites n'est qu’un élément d’un plan d’ensemble ; et pourtant ce dossier des retraites est décisif. Si le gouvernement parvient à faire accepter un nouvel allongement de la durée de cotisations, alors la voie sera ouverte pour imposer toutes les autres dispositions. L’enjeu est donc considérable, toutes nos conquêtes sociales issues de la Libération sont menacées.

Le gouvernement n'ignore pas que, comme en Grèce, les travailleurs français ne sont pas disposés à se faire dépouiller sans résister.

Ces dernières années, la classe ouvrière a prouvé sa capacité à se mobiliser. En janvier et mars 2009 les manifestations ont été encore plus puissantes que celles de 1968 ou de 1995 et 2003. En multipliant les manifestations stériles, les responsables de la CGT et de la CFDT ont conduit le mouvement à l’échec.

Aujourd’hui, alors que les menaces sont encore plus grandes, les directions de la CGT et de la CFDT refusent d’appeler à la grève. S’agissant de la CFDT nous le comprenons bien, puisqu’elle a mis à l’ordre du jour de son congrès, début juin, l’augmentation de la durée de cotisation.

Pourtant, de nombreux militants, voire de syndicats de la CGT, de la FSU, de la CFTC et de l’UNSA, demandent qu’un mot d’ordre de grève soit enfin lancé.

Nous savons tous que si un tel mot d’ordre était décidé par toutes les confédérations, alors rien ne pourrait arrêter le mouvement de la classe ouvrière, et les plans du gouvernement seraient balayés.

Nous sommes donc en droit de nous interroger.

Alors que notre confédération venait, le 4 mai, d’appeler à la grève le 15 juin, pourquoi «l’intersyndicale» a-t-elle décidé d’une nouvelle journée de manifestation le 27 mai ?

Si les enjeux n’étaient pas aussi importants, ces petites manoeuvres seraient dérisoires. A un moment ou à un autre, l’action commune s’imposera, car elle est nécessaire pour gagner. Pour l’instant encore, les responsables de la CGT peuvent entretenir la confusion en maintenant le plus grand flou sur les revendications.

Pourtant, ils seront bien obligés de sortir de ce claire-obscur, car nous verrons rapidement quelle est la position réelle de la CFDT.

Si, conformément à son orientation constante, elle accepte un nouvel allongement de la durée de cotisation, alors il faudra bien choisir, car on ne peut pas marier l’eau et le feu.

En attendant cette inévitable clarification il n'est pas indispensable de polémiquer. Chacun prend ses responsabilités.

Quel que soit le niveau de la journée du 27 mai, comme il est peu probable qu’une énième manifestation fasse reculer le gouvernement et l’Union européenne, alors la question de la grève se retrouvera de toute façon posée avec une nouvelle acuité.

En Loire-Atlantique, le 3 juin, notre Union départementale participera à un débat public organisé conjointement avec la CGT, la FSU et SUD. La CFDT a décliné l’invitation, considérant qu’un tel débat fera apparaître des divergences.

Le 3 juin, le gouvernement aura probablement annoncé d’autres mesures. Alors la question de la grève n'en sera que plus d’actualité.

Dans l’immédiat, il ne faut pas perdre une seule seconde. Avec notre Confédération, assumons notre place d’organisation libre et indépendante, préparons la grève dans toutes les entreprises, dans les services, dans les écoles. Préparons la manifestation à Paris.

Le 15 juin, tous en grève ! Tous à Paris !


Note: Patrick HEBERT, Secrétaire général de l'UD CGT-FO de Loire Atlantique