InFOrmation syndicale

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07 juin 2010

LES JOURS HEUREUX


Un an avant la fin de la deuxième guerre mondiale, en mai 1944, le Conseil National de la Résistance (CNR) publie son programme sous forme de brochure avec en page de garde « Les jours heureux par le CNR ».
Ce programme élaboré par la résistance armée, les principaux partis politiques et les syndicats était bien sur un compromis.

Il comportait néanmoins « le retour à la nation des grands moyens de production monopolisés, fruit du travail commun, des sources d’énergie, des richesses des sous-sols, des compagnies d’assurances et des grandes banques » et « un plan complet de sécurité sociale, visant à assurer à tous les citoyens des moyens d’existence, dans tous les cas où ils sont incapables de se les procurer par le travail, avec la gestion appartenant aux représentant des intéressés et de l’Etat ».

L’application de ce programme se traduira par de nombreuses nationalisations, dont Renault, l’EDF et la SNCF, mais aussi par la création de la Sécurité sociale comprenant les allocations familiales, l’assurance maladie et le régime général de retraite par répartition.

Cet ensemble de mesures progressistes était probablement insuffisant pour garantir des « jours heureux » mais incontestablement il y contribuait. « Le bonheur est une idée neuve en Europe » disait déjà Saint-Just à la convention nationale le 13 ventôse de l’an II (3 mars 1794). Certes nous savons aujourd’hui qu’il peut être dangereux de vouloir faire le bonheur du peuple. C’est pourquoi, plus modestement, nous revendiquons des conditions matérielles permettant à chacun de conduire sa propre existence comme il l’entend.

La sécurité sociale, comme notre système de retraite, font incontestablement partie de ces conquêtes sociales qui améliorèrent considérablement la situation des salariés.

C’est tout cet édifice qui aujourd’hui est menacé par la politique du FMI (Fonds Monétaire International), par l’Union européenne et les gouvernements, qui, de droite comme de gauche, appliquent aussi servilement les diktats de Washington et de Bruxelles.

Le programme de tous ces « braves gens » est sans ambiguïté. Il a été annoncé par l’ex vice-président du MEDEF, Denis Kessler, évoquant le 4 octobre 2007 la liste des réformes envisagées par Nicolas Sarkozy : « c’est simple, prenez tout ce qui a été mis en place entre 1944 et 1952, sans exception. Il s’agit aujourd’hui de défaire méthodiquement le programme du Conseil National de la Résistance ».Finis « les Jours heureux ». Place aux « jours de Misère ».

Pour mettre en œuvre ce programme, le gouvernement dispose de la complicité de tous ceux qui se couchent devant le FMI et l’Union européenne, mais il se heurte à la classe ouvrière qui dans tous les pays cherche à résister.

En Grèce, en Espagne, au Portugal, en Italie, les grèves se multiplient, parfois malgré l’inertie de certains dirigeants syndicaux.

En France, il sait pourvoir compter sur la CFDT pour qui Bruxelles vaut bien la liquidation de toutes nos conquêtes sociales. Mais il sait aussi que la capacité de nuisance de Chérèque n’est plus ce qu’elle était. C’est pourquoi il doit s’assurer, pour le moins, la neutralité de la CGT.

Il faut bien reconnaître que pour l’instant le gouvernement est parvenu à ses fins. « L’Intersyndicale » contrôlée par la direction de la GCT multiplie les journées d’actions stériles et démoralisantes. Pourtant, rien n’est joué. En décidant d’appeler à la grève le 15 juin et à manifester à Paris, notre Confédération, fidèle en cela à son rôle historique d’organisation indépendante, ouvre une perspective.

Nous savons que déjà, la discussion fait rage. De nombreux militants de toutes les organisations composant « l'Intersyndicale » considèrent qu’il est temps d’en finir avec ces manifestations sans résultat.

Le 27 mai, ceux qui ont répondu à l’appel de « l’Intersyndicale » se posent obligatoirement la question : « Et maintenant ? ».

Nous savons que le gouvernement va bientôt annoncer un plan rigueur d’une extrême sévérité. Il est probable que Bernard Thibault et François Chérèque cherchent encore à nous entraîner dans quelques manifestations unicitaires qui, de fait, accompagnent la mise en œuvre de la politique de l’Union européenne. Il est même possible que la CES (Confédération Européenne des Syndicats) qui soutient systématiquement les mesures prises par l’Union européenne, nous propose une initiative dont elle a le secret. La CES, bien silencieuse quand les travailleurs sont en grève, cherchera probablement à étouffer un mouvement qui pour l’instant se cherche.

Face à ces manœuvres pour nous faire baisser la tête, nous répondrons par la grève. Le 15 juin est déjà un succès, les militants répondent avec enthousiasme à l’appel de notre Confédération. Les faits nous donnent raison. Alors continuons à faire du 15 juin une journée de grève qui ouvrira la voie à toute la classe ouvrière. Si le gouvernement veut nous imposer un plan de rigueur, il nous faudra répondre à cette provocation. Nous le savons, seule la grève pourra le faire reculer.

Note: Patrick HEBERT, Secrétaire général de l'UD CGT-FO de Loire Atlantique