InFOrmation syndicale

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30 mai 2011

AUGMENTATION DES SALAIRES ET DU POUVOIR D’ACHAT : DIGNITE, JUSTICE SOCIALE, EFFICACITE ECONOMIQUE

J’aurais pu débuter cet éditorial par faire le point sur la crise, sur la question de l’emploi, la fumeuse prime de soi-disant mille euros, et donc la question des salaires et du pouvoir d’achat ; mais comment considérer le nouveau suicide qui vient de se produire à France Télécom comme étant un acte auquel l’on peut s’habituer ?

Non, rien ne justifie le fait de mourir au boulot !

France Télécom s’est retrouvée sur le devant de la scène, mais de nombreux secteurs professionnels et de nombreuses entreprises sont concernés par des cas de salariés mettant fin à leurs jours en raison de la pression professionnelle.

Malgré les études, colloques et grandes tirades sur la question de la souffrance au travail, rien ne change, la spirale affreuse n’est toujours pas enrayée, car il n’y a aucune volonté de s’attaquer aux causes réelles du problème : l’organisation du travail.

Il s’agit aussi et surtout de considérer l’être humain comme une richesse et dans toute sa dignité.

Non pas comme un pion et un simple coût, utile quand il rapporte et à jeter quand il fait preuve de faiblesse (âge, maladie, congé maternité, etc.).

La dignité passe également par des salaires décents et par une progression du pouvoir d’achat.

Devant la pression syndicale sur les salaires, le gouvernement tente de désamorcer la juste revendication salariale en allumant un contre-feu et propose la fumeuse prime de 1 000 euros.
Très vite, tout le monde s’est rendu compte que c’est une façon de tenter de limiter les prétentions salariales, et que compte tenu du lien idéologique de cette prime avec l’évolution de la rémunération des actionnaires, cela en limite la portée sur le fond, mais aussi sur le périmètre des entreprises concernées.

Il s’agit, de surcroît, d’une ingérence (de plus) dans la liberté de négociation entre syndicats de salariés et syndicats patronaux.

Ce n’est pas que nous soyons par principe contre toute ingérence publique, mais elle doit s’exprimer quand la négociation a trouvé ses limites.

Par exemple, nous attendons toujours que le gouvernement mette au pas le patronat des branches professionnelles dont les premiers niveaux de rémunération sont encore sous le niveau du SMIC.

De vraies négociations salariales de branche puis d’entreprise destinées à faire progresser les salaires et le pouvoir d’achat, y compris au détriment de formes annexes de rémunération : c'est non seulement une question de dignité, mais c’est aussi une question de justice sociale mais également d’efficacité économique, car cela amorcera la pompe de la machinerie économique.

Ne pas le faire, c’est prendre le risque de la multiplication de conflits sociaux éprouvants pour les salariés et les entreprises concernées, juste par et pour une certaine idéologie.

Idéologie de baisse du coût du travail plus que jamais défendue par ce gouvernement et par les décideurs européens ; ceux-là même qui ne sont jamais choqués par l’augmentation indécente de la richesse de quelques uns, même si elle se fait sur le dos de la collectivité publique et qu’elle met en péril la cohésion sociale.

Défendre les salaires et le pouvoir d’achat : une nécessité républicaine !
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Serge LEGAGNOA, Secrétaire général