InFOrmation syndicale

LUNDI 5 NOVEMBRE COMMISSION ADMINISTRATIVE - DU MARDI 20 AU JEUDI 22 NOVEMBRE FORMATION "NÉGOCIER" ...

Le 4 pages "Spécial Retraites" est disponible à l'Union Départementale FO44.

18 mai 2011

MADE IN CHINA : CES MOUVEMENTS SOCIAUX QUE L'ON NOUS CACHE

Suite à notre partenariat avec le Comité Droits ouvriers en Chine, nous vous proposons des informations des récentes grèves survenues en Chine, informations que la presse officielle chinoise a censurées.
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La grève des camionneurs à Shanghai
« A Shanghaï, les chauffeurs routiers indépendants se révoltent contre la hausse du prix de l'essence », titrait le quotidien « Le Monde » le 24 avril 2011. « En Chine, les prix des denrées alimentaires ont bondi de 11,7 % en glissement annuel en mars. Pékin, qui a du mal à contenir l'inflation, doit faire face à un mécontentement social grandissant. L'appel a été transmis par texto. « Arrêtons tous nos camions, restons unis et mettons-nous en grève pour obtenir une augmentation de la paye à la livraison. » Les chauffeurs routiers indépendants desservant les nombreux ports de Shanghaï ont cessé le travail depuis mercredi 20 avril, et garé leurs engins près des docks, protestant contre la hausse du prix de l'essence et du coût de la vie. »
C'est le 20 avril qu'un millier d'entre eux ont défilé avec une banderole « Annulation des taxes extraordinaires », vite arrachée par des policiers. Car les revendications portent sur la baisse ou l'annulation des diverses taxes qui ponctionnent lourdement les revenus de ces chauffeurs, majoritairement des artisans qui vendent à la fois leur force de travail et l'utilisation de leur camion. Les carburants (depuis le début de l'année, le prix des carburants a augmenté deux fois), les péages de voies rapides, les taxes et péages d'accès, de chargement, etc., sans compter les pots-de-vin, « tout augmente sauf ce qu'on nous paie », dit un chauffeur  au « Wall Street Journal » (22 avril).
Ni les déploiements de policiers antiémeutes en nombre, ni les interpellations de quelques chauffeurs n'ont réussi à faire cesser les manifestations et blocages qui ont accompagné la grève. Le lendemain, 2000 chauffeurs manifestent dans un autre quartier et s'affrontent à la police. Alors, la municipalité de Shanghai, les autorités portuaires et les compagnies du port se sont résolues à lâcher du lest : suppression de taxes de transport indues et réduction d'autres. « C'est pas grand-chose, car le vrai problème, c'est le prix du gazole, les amendes et toujours plus de taxes », dit un chauffeur au « New York Times » (24 avril) Des grèves de chauffeurs de taxi en raison de l'augmentation du prix du carburant ont également eu lieu en ce début de mois à Mengzi (province du Yunnan) ou à Xingtai (province du Hebei). 

Autres grèves
Une vingtaine d'enseignants d'une école maternelle privée de Shenzhen se sont mises en grève le 24 mars au matin pour exiger que leurs salaires des mois précédents soient versés alors qu'ils touchaient tout juste le salaire minimum de la ville, soit 1100 yuans (environ 120 €). Aussitôt, une délégation d'officiels du district en charge des affaires scolaires, judiciaires et du travail s'est rendue sur place en même temps que des officiers de police. Dès 11 heures, les délégués des enseignants entraient en négociation avec le propriétaire de l'école et au début de l'après-midi les salaires en retard étaient versés !
« China Labour Bulletin », qui rapporte cette grève, précise que les enseignants de cette école privée étaient de jeunes travailleuses migrantes mal payées et qui rapidement allaient chercher un emploi mieux rémunéré ailleurs, puisque les augmentations de salaire ne décollaient pas de celles du Smic de la ville, soit 1320 yuans (environ 150 €) depuis le 1er avril. Or à moins de 1500 yuans, il est pratiquement impossible de s'en sortir à Shenzhen…   
A Guangzhou (Canton), ce sont 80 éboueurs du district de Haizhu qui ont cessé le travail le 28 mars pour des salaires incomplets depuis des années. La municipalité rognait sur le paiement des heures supplémentaires et sur les indemnités, et le manque à gagner des éboueurs atteignait 3000 à 4000 yuans (350 à 450 €) ! Selon une porte-parole de la municipalité, une avance devait être versée le lendemain en attendant le calcul exact de ce qui était dû à chacun. 

Négociations 
A Tianjin, dans le district de Nankai de cette mégapole, c'est un nouveau syndicat chargé de la défense spécifique des travailleurs migrants qui a entrepris une négociation collective avec une société d'intérim et obtenu une augmentation générale des salaires pour les travailleurs de la voirie.
A compter du 1er avril, les balayeurs sont payés 1950 yuans, les éboueurs 1750 yuans et les employés chargés de récurer les canaux 1400 yuans tandis le personnel de ménage des bureaux touche 1200 yuans. A la même date, le Smic de la ville était augmenté et se chiffrait à 1160 yuans. L'accord prévoit aussi une limitation du nombre d'heures supplémentaires, une augmentation de la prime de repas et une amélioration des conditions d'hébergement de ces travailleurs migrants.
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Contact : comenchine@wanadoo.fr