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08 décembre 2011

QUAND LA CGT TOMBE LE MASQUE AU "CESE" ( ex - CESR )

Le Conseil Economique Social Environnemental des Pays-de-la-Loire (CESE, ex CESR) est une assemblée consultative instituée depuis la création des régions en 1972. Il émet un avis sur les projets de budget, sur des études à l’initiative du Président du Conseil Régional, ou encore de sa propre initiative.

Dans ce dispositif, hérité de la tentative d’intégration du mouvement syndical à l’Etat lors du référendum de 1969, le comportement de la délégation FO (7 membres) est constant et s’exprime en particulier par le refus de se prononcer sur les avis qui traitent des responsabilités politiques et des choix qui en découlent (budget, schémas…). Il s’agit, de manière pratique, de respecter notre indépendance syndicale et de refuser la confusion politico-syndicale qui conduit à l’implication et à l’intégration.

Mais, lors de la session du lundi 21 novembre 2011, qui traitait notamment du rapport d’orientation budgétaire 2012, la délégation CGT-Force Ouvrière a décidé de participer au vote, en votant contre le projet d’avis, dès lors que l’essentiel de la discussion portait sur «la crise», les plans d’austérité, et donc l’attitude des uns et des autres face à cette situation.

On lira ci-dessous des extraits de l'intervention, faite au nom du groupe FO du CESE par notre camarade Daniel Juret, secrétaire de l'UD-FO du Maine-et-Loire, exposant que FO ne pouvait voter pour un texte appelant à «mettre en place des politiques de maîtrise des déficits à tous les niveaux».

Tel ne fut pas le sens de l'intervention de l'orateur désigné par la CGT, qui, non sans un certain embarras, expliqua, qu'après discussion interne, son groupe avait décidé de voter en faveur du "projet d'avis" proposé. De fait, tous les représentants de la CGT mêlèrent leurs voix à la CFDT et à l'UNSA en faveur du texte ... Tous sauf un peut-être (encore que le franc-tireur pût appartenir à une autre organisation que la CGT) : en effet, à l'issue du scrutin à bulletin secret, on comptabilisa 7 «NON», alors que les représentants FO présents n'étaient qu'au nombre de 6.
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Extraits de l'intervention de Daniel Juret, secrétaire de l'UD-FO 49, au nom du groupe FO, lors du CESE du 21/11/2011

" D’emblée, je dirai que nous ne partageons pas le projet d’avis qui nous est soumis, (et on l'on peut lire) : «la probabilité forte d’un nouveau ralentissement économique fait planer des risques importants d’entrer en récession qui imposent de mettre en place des politiques de maîtrise des déficits à tous les niveaux».

Alors nous le disons simplement : Non, les plans d’austérité qui s’entassent en France, en Espagne, en Italie, au Portugal, en Grèce, ne sont pas légitimes, car les dettes des Etats ne sont pas celles des travailleurs.

(…) Et puis, le projet d’avis en rajoute : «le CESE encourage le Conseil Régional à aller encore plus loin et plus vite dans la réduction, chaque fois que c’est possible, des charges de structure, de gestion et des dépenses des politiques publiques, qui s’élèvent à près de 720 millions d’€, à l’instar de ce que peuvent faire d’autres collectivités ».S’il est incontestable que la situation de dépendance des collectivités territoriales au regard des décisions de l’Etat ne permet pas de résoudre localement les difficultés, nous ne cautionnerons pas une pression du CESE, à l’instar de Standard and Poors, pour «réduire la voilure», c'est-à-dire réduire les investissements publics, réduire l’intervention publique.

Dans cette situation, nous considérons que la responsabilité du mouvement syndical n’est pas d’accompagner les plans d’austérité, c'est-à-dire de promouvoir une austérité partagée, équitable en quelque sorte. Nous considérons que la responsabilité du mouvement syndical est de s’y opposer.

C’est ce que nous ferons en votant contre le projet d’avis."