InFOrmation syndicale

DU MARDI 20 AU JEUDI 22 NOVEMBRE FORMATION "NÉGOCIER" - ...

31 mai 2012

INTERVIEW DE JEAN-CLAUDE MAILLY: «ON VA S'EXPLIQUER»

Le secrétaire général de FO attend avec impatience la rencontre avec le Premier ministre, Jean-Marc Ayrault.


Sud Ouest | Publié le 28/05/2012

Sudouest.fr: Demain, vous aurez l'occasion de parler de la retraite à 60 ans pour les carrières longues. Quelles sont les revendications de FO?
Jean-Claude Mailly:  Soit le gouvernement a une vision restrictive et individuelle de ce dossier. Dans ce cas, il ne retiendrait que les périodes réellement cotisées, plus les congés de maternité, le service national et la maladie dans la limite de quatre trimestres. Soit il tient compte des mécanismes de solidarité, ce qui ajouterait les périodes de chômage, les périodes de congé parental d'éducation. Je plaide pour la période la plus large, et on verra quelles sont les marges de manœuvre du gouvernement, ce qui permettra d'anticiper comment il compte aborder le vrai dossier de la réforme des retraites. Souhaite-t-il revenir à la retraite à 60 ans ou non ? Une logique individuelle ou de solidarité ? C'est le débat. 

Cela concerne aussi les caisses complémentaires que FO cogère?
Même si les accords ne sont pas renégociés, il y avait déjà un rendez-vous prévu, parce que pour l'Agirc, l'équilibre financier va durer moins longtemps que les impôts ! Comme toujours dès qu'il faut annoncer une hausse des cotisations, c'est toujours non pour les employeurs. 

Vous allez parler aussi du « coup de pouce au smic ». Quelle est votre demande?
J'ai déjà eu l'occasion d'en discuter avec Michel Sapin. Je lui ai dit que notre objectif, c'est d'atteindre 80 % du salaire médian, c'est-à-dire 1 340 € net par mois. Je ne dis pas qu'il faut y arriver en une fois, mais le dernier coup de pouce au-delà du mécanisme légal de calcul a été accordé il y a six ans. C'était 0,3 % ! Selon nos calculs le smic devrait augmenter de 1,8 % au 1er juillet, donc tout ce qui irait au-delà de 1,8 serait un « coup de pouce ». 

Demain, tous les syndicats seront reçus chacun à leur tour. La méthode vous convient-elle ?
Oui, on va pouvoir s'expliquer. En revanche il est prévu ensuite une conférence de la méthode pour déterminer comment nous allons préparer la « conférence sociale ». Cela me fait un peu sourire, parce qu'on ne sait pas quelle sera la situation économique européenne le 20 juin et on va essayer de programmer nos discussions sur cinq ans. Les difficultés, nous risquons de les avoir avec d'autres syndicats, notamment la CFDT. Chaque fois qu'il y a un changement, François Chérèque veut tout faire pour être l'interlocuteur privilégié. Sur la méthode, je considère qu'il y a des dossiers qui relèvent de la négociation, comme la convention d'assurance-chômage et la retraite complémentaire, et d'autres qui sont le privilège de l'État. Par exemple, nous ne revendiquons pas de négocier le smic, il faut garder de la souplesse . 

Quels sont les sujets que vous voulez discuter avec le gouvernement?
L'emploi et le chômage, et cela peut aller jusqu'à la stratégie industrielle de l'État, le pouvoir d'achat, l'avenir du service public républicain. Je veux que l'on confirme l'arrêt de la RGPP, et enfin l'avenir des régimes de protection sociale collective. Plus généralement, va-t-on revenir à une mécanique républicaine de négociation, va-t-on rétablir la hiérarchie des normes dans notre pays? 
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Propos recueillis par J.-P. Deroudille