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23 octobre 2012

Interview: «L’URGENCE C’EST LA VIE CHÈRE, LE CHÔMAGE ET LA RÉDUCTION DES INÉGALITÉS»

Jean Claude Mailly, secrétaire général de Force Ouvrière à assisté vendredi 19 octobre au congrès de l’Union départementale FO de la Réunion.Dans une interview au Journal de l’île, il donne sa vision de l’urgence outre-mer et rappelle que le pouvoir d’achat c’est aussi la question de l’emploi et du niveau des revenus.



La loi Lurel votée au Parlement va-t-elle dans le bon sens et vous semble-t-elle répondre à l’urgence dans les Dom?
Elle va dans un sens positif, mais il faudra mesurer ses résultats. La question des monopoles et l’ouverture à la concurrence doivent être source de baisse des prix. Je rappelle que le pouvoir d’achat est une question de niveau des prix, mais aussi de niveau de salaires. D’une manière générale, l’urgence outre-mer, ce sont la cherté de vie, le chômage et la réduction des inégalités. Il faut aussi que les services de l’État aient les moyens de contrôler les prix, ce qui n’est pas le cas. 

Pensez-vous que les thématiques de l’emploi et des retards structurels qui seront débattus dans le cadre de la conférence économique et sociale des Dom puissent faire l’objet d’une loi spécifique outre-mer?
Il y a le temps du dialogue, des diagnostics et celui de l’action. Je suppose, en tout cas nous le demandons, que les syndicats seront invités à cette conférence. Ce qui est important c’est ce qui en sortira réellement. Des réunions sans issue concrète, cela s’appelle de la réunionnite. Les attentes sont nombreuses, il faut y répondre. 

L’outre-mer est attaqué de toutes parts (notamment sur le régime de la défiscalisation). Est-ce justifié, selon vous?
Il faut distinguer la défiscalisation qui, pour certains particuliers, permet d’accéder au logement, des aides fiscales qui sont des effets d’aubaine pour des investisseurs ou des chasseurs de primes. Là encore, une évaluation précise est nécessaire. Il s’agit d’utiliser efficacement les fonds publics. S’agissant des entreprises, toute aide doit être conditionnée à des engagements en matière de salaires et d’emploi. Pour les particuliers et notamment ceux qui investissent pour des raisons fiscales, il faut leur imposer des loyers plus bas. Ainsi, il y aura moins de logements libres parce que trop chers. 

Quel bilan tirez-vous du début d’exercice du nouveau gouvernement?
En termes de méthode, les relations sont plus simples et directes. Ceci étant, à partir du moment où le gouvernement se coule dans le moule de l’austérité au niveau européen, je crains que nous passions de la croissance zéro à la récession avec une augmentation du chômage et des inégalités. 

Du 28 novembre au 12 décembre auront lieu les premières élections syndicales dans les TPE. Les centrales syndicales ont-elles encore les moyens de peser sur les grandes politiques publiques et les décisions des entreprises?
Oui, bien entendu. Nous voulons saisir ces élections pour obtenir des droits sociaux pour les salariés des TPE (les entreprises de moins de 10 salariés) par exemple en matière de chèque vacances ou de complémentaire maladie. J’ai d’ailleurs saisi en ce sens les organisations patronales concernées. Quand on est salarié d’une TPE, avoir le relais d’une organisation syndicale libre et indépendante, c’est un atout et une garantie. Seul, on est vite coincé, ensemble, on peut tout gagner. 

Propos recueillis par T.L.