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07 novembre 2012

Édito: "ASSAINISSEMENT"


Parmi les synonymes : épuration, normalisation, purification, stérilisation

La politique d’austérité imposée par la Troïka continue à produire ses ravages. En Espagne, le chômage atteint des chiffres (officiels) records : 4,83 millions de chômeurs, + 10,84% en un an, 25,02% de la population active et 52% chez les 16-24 ans.


En Grèce, où la situation est encore plus catastrophique, le gouvernement s’apprête à faire voter par le parlement un nouveau plan de rigueur de 18,5 milliards d’€uros. Ce plan prévoit de nouvelles coupes dans les salaires, les retraites, encore des réductions du nombre de fonctionnaires et des mesures supplémentaires de déréglementation du marché du travail.

Au Portugal, en Espagne, en Grèce, où de nouvelles grèves sont organisées cette semaine, la classe ouvrière résiste, se bat.

A des degrés divers, cette même politique de rigueur est imposée à tous les pays de l’Union Européenne.

En France, le gouvernement a fait voter le TSCG (Traité sur la Stabilité, la Coordination et la Gouvernance) qui entérine la politique d’austérité ; et nous savons que Madame Merkel prépare d’ores et déjà un nouveau Traité encore plus draconien qui retirerait aux états ce qui leur reste de souveraineté en matière budgétaire. Cette politique se traduit bien sûr par l’augmentation du chômage, ce qui sert maintenant de prétexte pour aller encore plus loin dans la politique dite «d’abaissement du coût du travail».Nous ne savons pas encore quelles mesures précises va prendre le gouvernement, mais le «rapport Gallois» sur la compétitivité est clair. Il veut provoquer un «choc de confiance». En réalité, il veut diminuer les cotisations qui financent notre protection sociale. La part dite patronale serait diminuée de 20 milliards, et la part salariale de 10 milliards. Après un quasi blocage des salaires directs (notamment pour les fonctionnaires), le patronat exige maintenant la diminution de notre «salaire indirect», celui qui sert à financer la sécurité sociale, les retraites et l’assurance chômage.

Bien sûr, des pertes de recettes d’une telle ampleur auraient pour effet soit une baisse des prestations, soit une augmentation de la CSG ou de la TVA sociale qui sont payées principalement par les salariés, soit un «subtil» mélange des deux. Dans tous les cas, ce sont encore les salariés qui paieraient la note.

Cette logique n’est pas nouvelle, c’est celle qui est imposée par la Troïka depuis plusieurs années, et qui a conduit certains pays au bord de la ruine. Même si le gouvernement ne reprend pas la totalité du «rapport Gallois», il reste enfermé dans la politique de rigueur qui provoque en France aussi, l’augmentation du chômage. Confronté à la multiplication des plans de licenciements et de fermetures d’entreprises, le gouvernement est réduit à l’impuissance. Certaines initiatives frisent le ridicule. Monsieur Montebourg, ministre du redressement productif, se fait photographier en marinière, une cafetière Moulinex à la main. Certes la photo est assez réussie. Mais faire appel au patriotisme économique, alors que pour sauver la raffinerie Petroplus de Petit Couronne, il s’adresse à un fond souverain libyen, est pour le moins paradoxal.

En tout cas, cela ne fait pas une politique de relance industrielle, pourtant tellement nécessaire.

On n’est pas plus rassuré quand le directeur, fraîchement nommé, de la toute nouvelle BPI (Banque Publique d’Investissement), le sinistre Jean-Pierre Jouyet, traite de «canard boiteux» l’aciérie de Florange. A ce propos, nous attendons toujours une initiative du gouvernement pour les chantiers de l’Atlantique, dont l’avenir à court terme est menacé.

Quel que soit le détail des mesures que le gouvernement va annoncer prochainement, nous savons que sa politique s’inscrit dans la continuité des politiques précédentes et dans l’asservissement à la dictature de la Troïka.

Pour combattre cette orientation contraire aux intérêts de la classe ouvrière, alors que nos camarades grecs, portugais et espagnols multiplient les grèves et les manifestations, on aurait pu espérer une initiative de la CES (Confédération Européenne des Syndicats). Nous avions même eu un petit espoir quand, à notre surprise, la CES avait semblé condamner le TSCG.

Malheureusement, il faut bien se rendre à l’évidence, il n’y a rien à attendre de bon d’une organisation qui se comporte comme une courroie de transmission de l’Union Européenne, et plus largement de la Troïka.

Dans une déclaration adoptée le 17 octobre, le Comité exécutif de la CES appelle à «une journée européenne d’action et de solidarité» le 14 novembre pour «soutenir l’objectif d’assainissement des finances publiques».

Autrement dit, la CES approuve les plans de rigueur décidés par les différents gouvernements de l’Union Européenne. Naturellement, il est hors de question que nous nous joignions à cette initiative, car ce serait trahir les travailleurs, qui justement aujourd’hui combattent les conséquences de cette politique d’ «assainissement».

Evidemment, nous sommes solidaires des travailleurs grecs, espagnols et portugais, qui sont lourdement atteints par cette politique que soutient la CES. Cette solidarité ne saurait se limiter à des communiqués par ailleurs nécessaires. C’est en combattant en France même une politique identique que nous serons le plus efficaces.

C’est pourquoi, notre dernier Comité Confédéral National (CCN) a donné un mandat clair au bureau confédéral et à la commission exécutive pour, d’une part organiser un rassemblement des militants de notre organisation, et d’autre part, appeler si nécessaire à une grève interprofessionnelle.

Au moment où le gouvernement s’apprête à annoncer ses mesures, nous devons nous préparer à prendre nos responsabilités.