InFOrmation syndicale

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17 juin 2013

«ON VA RECONSTITUER LA RETRAITE DES MORTS!»

«Le rapport Moreau sur l’avenir des retraites doit être remis au Premier ministre vendredi. Ce sujet sera aussi au cœur de la conférence sociale des 20 et 21 Juin. Jean-Claude Mailly, secrétaire de la Confédération FO, était hier à Voiron. Comment alors ne pas l’interpeller sur ce sujet.» (Dauphiné Libéré)


Le rapport Moreau sera sur le bureau du Premier ministre vendredi, mais vous avez déjà dû avoir des fuites!
«Si j’ai bien compris, ce rapport liste une série de pistes. Il appartient maintenant au gouvernement de piocher ou pas dans ces propositions. Dans tous les cas, rien ne sera décidé avant l’automne, après une série de concertations. Ce sera pour nous l’occasion de rappeler notre analyse. De ce que je crois savoir, certaines pistes pourraient nous paraître inacceptables». 

Vous avez effectivement déjà planté des lignes rouges, notamment sur l’augmentation de la durée de cotisation émise par le Président…
«Oui, François Hollande songe à augmenter la durée de cotisation de 41 annuités et demie à 44, sans toucher à l’âge légal de départ à la retraite. Nous, on est plutôt partisan de la réduire. Si on l’augmente, les générations futures de retraités partiront avant, avec une décote. Sachant que le chômage des plus de 50 ans ne cesse d’augmenter et que l’espérance de vie en bonne santé depuis le début de la crise a diminué d’un an en France; 62 ans pour les hommes, 63 ans pour les femmes. Et on veut continuer à faire travailler les gens plus longtemps? Jusqu’à 68 ans pour ceux qui commenceraient à 24? Ce n’est pas possible. Tout ça est de l’hypocrisie. On va reconstituer la retraite des morts! Un droit jamais utilisé… Nous n’accepterons pas non plus une réforme globale qui consisterait à tout chambouler pour faire un régime par point». 

Ce serait le comble non, un régime de retraite par points mis en place sous un gouvernement socialiste?
[Sourire]. «Le Président venait me saluer dans les manifs contre la réforme de la retraite! Beaucoup de vos confrères me demandent si je ne suis pas déçu de Hollande. Il n’y a aucune raison que je le sois, je n’ai pas appelé à voter pour lui. Notre syndicat est indépendant et apolitique, au sens partisan. Je juge les gouvernements à leurs actes». 

Si on revient aux retraites, vous avez dit, en revanche, ne pas être «franchement opposé» à des augmentations de cotisations? 
«Oui, l’augmentation des cotisations patronales et salariales, on est prêts à l’assumer pour que demain un retraité parte dans de bonnes conditions. L’important pour ça, c’est d’avoir une politique économique qui recrée de la croissance, des emplois, des salaires qui généreront des recettes importantes pour les régimes sociaux. Il faut pour cela supprimer la seringue d’austérité. Le gouvernement ne semble pas avoir pris cette voie pour l’instant». 

On parle beaucoup d’un rapprochement des modalités de calcul des pensions public-privé, qu’en pensez-vous?
«C’est un peu diviser pour mieux régner, hein? On ne va pas tomber dans le panneau. Madame Moreau dit elle-même qu’il n’y a pas de différence entre les fonctionnaires et le privé en terme de taux de remplacement. Alors, pourquoi changer, sauf oui, à vouloir opposer le public et le privé. Et peut-être remettre en cause le statut général de la fonction publique pour mieux fusionner à terme tous les régimes». 

On entend de plus en plus parler de «bras de fer» avec le gouvernement sur les retraites. Vous syndicats, n’allez pas refaire le coup de 2010 et balader des milliers de gens dans la rue pour rien? 
«Nous mobiliserons s’il le faut sur des bases claires, pour l’instant nous n’avons rien de concret. On n’appuie pas sur un bouton comme ça pour demander aux gens d’aller dans la rue ou de faire grève. En 2010, nous avions vu les limites de ces manifestations, nous avions souhaité passer à une autre étape, nous n’avons pas été suivis par les autres organisations syndicales». 

La CGT semble vouloir un «front uni», partant?
«Si nos positions rejoignent celles d’autres organisations, pourquoi pas. Nous sommes libres de notre comportement. Nous n’abandonnerons pas nos analyses. Nous n’excluons rien. Mais ne grillons pas les étapes, laissons le gouvernement dévoiler ses projets». 

Propos recueillis par Monique Blanchet