InFOrmation syndicale

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02 juillet 2013

IL FAUT BLOQUER LE PAYS !

Après la Turquie, voici le Brésil ! A qui le tour ? La politique imposée par le FMI et au plan européen par la Troïka produit partout les mêmes effets.

Le gouvernement brésilien avait cru qu’au pays du football, il suffirait de beaux stands pour satisfaire le bon peuple ! Panem et circenses ! C’est donc sous un ciel en apparence serein qu’éclate la révolte. Il a suffi de l’annonce d’une augmentation du ticket de bus pour que surgissent toutes les questions !

Dans l’Union européenne, la Troïka continue à dicter sa loi.

En Grèce, c’est elle qui a fait fermer la télévision publique. Même les colonels, qui pourtant n’étaient pas tendres, à l’époque de la dictature n’avaient pas osé ! Là aussi et une nouvelle fois la population est descendue dans la rue.

La politique d’austérité provoque tellement de chômage, de misère que tous les milieux économiques et politiques commencent à s’interroger. Ainsi les prises de positions se multiplient. Pas un jour sans qu’un journaliste ou un responsable politique ne posent publiquement la question ! Le président de la Cour suprême au Portugal a même proposé récemment d’organiser avec l’Espagne, la Grèce et l’Italie une sortie programmée de l’Euro !

En France aussi le climat devient tendu. Comme M. Barosso qualifie «l’exception culturelle» française de "réactionnaire", M. Montebourg répond au Président de l'Union européenne qu’il est «le carburant du Front National».

Bravo l’ambiance !

Ces échanges de propos aigre-doux ressemblent un peu à des querelles de cours d’écoles, mais nous pouvons aussi penser qu’ils expriment un profond malaise. Le gouvernement doit, pour respecter ses engagements, resserrer une nouvelle fois la vis, mais il sait que la situation à tout moment peut lui échapper.

C’est pour tenter d'en garder le contrôle qu’il a organisé la «Grande conférence sociale».

Interrogé par des journalistes à cette occasion, notre camarade Jean-Claude Mailly a déclaré un peu vertement : « on s’emmerde ! ». C’est probable !

En effet cette conférence avait pour seul objet de tenter de nous associer à des mesures qui sont déjà prises... à Bruxelles.

Il suffit d’ailleurs de lire la «Feuille de route» de 44 pages qui a été rendue publique au lendemain même de la conférence. Le 1er chapitre est consacré (voir page 6 & 7) au «dialogue social». Le gouvernement prévoit : «l’inscription dans la constitution de la place des partenaires sociaux et du dialogue social dans l’élaboration des réformes en matière d’emploi, de relations individuelles et collectives du travail et de formation professionnelle… »

Il ne servirait à rien de minimiser la portée de cette initiative. Inscrire dans la Constitution que les syndicats participent à l’élaboration de la loi n’est pas anodin. Il n’y a pas de démocratie sans séparation des pouvoirs et sans indépendance et liberté syndicales.

Jamais nous n’accepterons de renoncer à ce que nous sommes.

Comme en 1969, quand le Général de Gaulle prétendait intégrer les syndicats au Sénat, nous devons d’ores et déjà dire deux fois non ! Non à la réforme constitutionnelle ! Et si cette réforme est votée : Non à la participation !

A l’occasion de son discours introductif à la "conférence sociale", François Hollande a confirmé son intention de prolonger la durée de cotisation pour obtenir une retraite à taux plein.

Cette mesure, comme le blocage des salaires, est inacceptable. Il est évident qu’il va falloir se mobiliser. Le gouvernement devrait se méfier. Il vient de perdre plusieurs élections législatives partielles. Nous sentons bien qu’il y a de la colère, et, comme au Brésil, à tout moment l’explosion est possible.

Pour ce qui nous concerne, nous n’hésiterons pas à prendre nos responsabilités. Nous nous opposerons à ce nouvel allongement de la durée de cotisations. Il est évident que si toutes les Confédérations disaient non, cette mesure n’aurait aucune chance de passer.

Mais, déjà, à la CFDT, Laurent Berger s’est prononcé pour le projet du gouvernement. C’est donc avec ceux qui clairement s’opposent à cette mesure que nous devons mener l’action.

Le gouvernement a prévu de rencontrer les organisations syndicales le 4 juillet et annoncera sa décision en septembre juste après l’été. Nous n’avons donc par le choix.

C’est maintenant qu’il nous faut prendre l’initiative. D'autant la classe ouvrière est prête à en découdre.

Mais le passé, en particulier en 2010, nous a confirmé qu'il ne suffit pas de manifestations à répétition, même massives, pour faire reculer le gouvernement. D'ailleurs nos camarades, en Grèce, en Espagne ou au Portugal sont amenés à faire le même constat.

Instruits par l'expérience, nous savons donc que si nous voulons cette fois gagner, si nous voulons en finir avec l'austérité, si nous voulons enfin tourner la page de 30 années de delorisme, et ainsi renouer avec le progrès social, il faudra cette fois faire jouer un réel rapport de forces.

Il faut bloquer le pays.