InFOrmation syndicale

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27 septembre 2013

Édito - LES CARPETTES

Depuis 1993 et les décrets Balladur, 20 ans que cela dure ! Après Juppé, Fillon, aujourd’hui Hollande et Ayrault, toujours le même refrain : il faut allonger la durée de cotisations pour pouvoir partir en retraite… 

Pourtant, ceux qui aujourd’hui nous gouvernent étaient en 2010 «farouchement» opposés au plan Fillon. Ils soutenaient nos manifestations ; et les actuels ministres, à commencer par le premier d’entre eux, se bousculaient pour venir nous serrer la main et exprimer toute leur solidarité.

Arrivés au pouvoir, il ne leur a fallu que quelques semaines pour s’allonger comme des carpettes face aux exigences de la troïka.


Quelques-uns, timidement, ont bien tenté de résister un peu. Mais, «realpolitik» oblige, après avoir avalisé le TSCG, tous reprennent en cœur le sempiternel et réactionnaire discours de la rigueur.
Toute honte bue, ils rabâchent les mêmes arguments aussi vulgaires que ridicules. Combien de fois avons-nous entendu ce mensonge imbécile selon lequel il faudrait augmenter la durée de cotisations puisque l’espérance de vie aussi augmente ! Ces gens là sont tellement réactionnaires qu’ils seraient  bien capables d’inventer la semaine de 8 jours pour nous faire travailler un jour de plus…

Le système capitaliste, que les bien-pensants appellent maintenant «économie de marché», est fondé avant toute autre chose sur la recherche du plus grand profit. Les travailleurs louent leur force de travail mais pas leur production. Une heure de travail aujourd’hui n’a plus rien à voir en termes de productivité avec une heure de travail il y a 50 ans. Sans remonter aussi loin, en 1995 il fallait 25,7 heures pour construire une automobile. 8 ans plus tard, en 2003, il n’en faut plus que 13,7, soit presque moitié moins !
Bavasser sur l’espérance de vie, c’est tromper les gens. Si l’on prenait comme critère ces progrès considérables en matière de productivité, nous pourrions travailler 10 fois, 20 fois moins longtemps. La durée hebdomadaire pourrait descendre bien en-deçà des 35 heures, et la durée de cotisations pour la retraite revenir aux 37,5 années d’avant la réforme Balladur et même diminuer.
Si tel n’est pas le cas, ce n’est pas parce que ce n’est pas possible, encore moins du fait de l’allongement de l’espérance de vie, mais tout simplement parce que ce n’est pas l’intérêt du patronat.
Dans le système capitaliste, pour maintenir un taux d’exploitation maximum, donc la plus grande rentabilité, il est préférable de faire travailler les salariés le plus longtemps possible en les payant le moins possible et parallèlement de maintenir une masse énorme de chômeurs.

Formulés ainsi, ces propos peuvent sembler excessifs, et pourtant c’est bien ce que nous vivons chaque jour.
Par exemple, le fameux «miracle allemand», dont on nous rebat les oreilles régulièrement, est fondé entre autres sur l’existence de 25% de travailleurs pauvres, d’une armée de salariés importés des pays de l’Est rémunérés 4€ de l’heure.

En France, le gouvernement a décidé d’emprunter le même chemin. C’est le sens de l’ANI signé avec la CFDT, mais aussi de cette nouvelle contre-réforme des retraites approuvée encore par la CFDT.
Afin de désamorcer la colère des travailleurs, le gouvernement n’a pas osé aller aussi loin que le souhaitait Bruxelles. Il a même, semble t-il, pris en compte quelques-unes de nos remarques. Mais ces inflexions sont marginales et parfois discutables. L’essentiel reste inacceptable.
Cette réforme prolonge et aggrave les précédentes. Il est donc logique que nous en exigions le retrait, comme nous l’avons fait en particulier en 2010 pour le plan Fillon.

Pour notre part, parce que nous sommes indépendants, nous n’avons aucune raison d’être plus conciliants avec ce gouvernement qu’avec un autre. Son projet comme les précédents s’inscrit pleinement dans la politique de rigueur, il doit donc être retiré purement et simplement.
C’est pourquoi notre Comité Confédéral National a décidé d’appeler à un rassemblement à Paris le 15 octobre à l’occasion du débat parlementaire.
Le 10 septembre, nous avons manifesté pour exiger le retrait de cette contre-réforme. Nous étions avec la CGT, la FSU et Solidaires.
Il est normal que chaque organisation prenne ses propres initiatives. Mais il est également souhaitable qu’à certains moments nous nous retrouvions ensemble, dès lors que nous sommes d’accord sur les objectifs à atteindre.
Nous savons que le gouvernement a décidé de poursuivre la politique de rigueur, et que seul le rapport de force pourra le faire reculer.
Nous nous souvenons aussi qu’en 2010, malgré l’ampleur des manifestations, nous n’avons pas gagné. Nous avons été confrontés à une sorte de coalition sans principe, réunie autour de la notion de "syndicalisme rassemblé". Le loup était dans la bergerie. Dans cette intersyndicale permanente, la CFDT travaillait à l’échec de la mobilisation. Aujourd’hui, la CFDT a clairement pris position pour le projet du gouvernement. Face au syndicalisme d’accompagnement et intégré, il est nécessaire que se renforce l’axe de la résistance.

Le 15 octobre, pour dire non à la rigueur, nous demanderons le retrait du projet de loi. C’est ainsi que nous affirmerons notre place d’organisation libre et indépendante. La classe ouvrière n’a pas d’autre issue que la mobilisation générale.