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16 octobre 2014

Comme un avion sans ailes (ou l'histoire d'une grève à Air-France)

S'il existait encore des doutes sur la détermination de la classe ouvrière à se mobiliser sur ses revendications, l'obstination des pilotes d'Air France devrait les balayer. 
Après plus de 12 jours d'une grève illimitée qui a reçu le soutien des syndicats des autres catégories de personnel de la compagnie aérienne (FO, UNAC, UNSA, CGT et Sud Aérien) les pilotes et leurs syndicats restent en effet inflexibles.


Ils appartiennent pourtant à ce que la "sociologie marxiste" appelerait "l'aristocratie ouvrière". Mais c'est précisément pour défendre ce que les actionnaires et leurs commanditaires voudraient leur voler - leur contrat de travail et leur rémunération - qu'ils utilisent les méthodes traditionnelles de la lutte de la classe ouvrière : la grève, l'unité dans la grève avec leurs organisations syndicales, la maîtrise de leur grève par la démocratie de l'Assemblée générale.
Insensibles à la haine des jaunes de la CFDT (1) et au pilonnage médiatique culpabilisateur les faisant passer pour des privilégiés réactionnaires opposés au progrès de la "démocratisation du transport aérien" (sic), ils sont restés également insensibles aux appels à la reprise aussi répétés que vains du Premier ministre.
Ils ont déjoué une par une les manoeuvres et ruses habituelles de leurs employeurs : pas de "suspension" mais "retrait" du plan Transavia de la Direction, pas d'annonces devant les caméras mais des "garanties écrites", pas de palabres marathoniennes et nocturnes avec l'objectif d'arracher une signature sur un coin de table au bout de la nuit, mais des négociations franches et loyales.
Si d'aucun ne se sentait pas encore concerné par cette grève, il devrait méditer cet éditorial du 23 septembre du journal patronal Les Echos : "Il faut dire que d'autres catégories socio-professionnelles vont devoir modifier leur cadre social pour s'adapter à l'évolution de leur environnement. Dans le secteur privé ou les professions réglementées, bien sûr, mais aussi dans le public. La Poste et la SNCF, notamment, n'y couperont pas. Si aucun sacrifice n'est obtenu aujourd'hui de pilotes qui figurent parmi les mieux lotis, il sera alors compliqué d'expliquer au reste du pays qu'il faut faire des efforts au nom du redressement national".
Nous voilà avertis.
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JA

1- Dès le premier jour la CFDT a condamné la grève la jugeant "indécente"...