InFOrmation syndicale

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10 janvier 2019

Les "Gilets Jaunes" brandissent les exigences populaires nouvelles, visant à la reconquête de tous les droits légitimes

Le 7 décembre dernier sur un plateau télévisé, un cheminot « gilet jaune » faisait face à des ministres, à un journaliste du Figaro et à Raymond Soubie, pro-CFDT et ancien conseiller «social» de Sarkozy.
Malgré la répression brutale et les milliers d’interpellations «préventives» qui piétinent le droit de manifester ; malgré un état de siège qui ne dit pas son nom; malgré un tombereau de calomnies et d’insultes haineuses des institutions gouvernementales contre les «gilets jaunes», accusés d’être extrémistes voire fascistes(1) ; malgré l’ignoble intimidation policière qui braque des gosses dont certains n’avaient que 12 ans, agenouillés, mains sur la tête, les paroles et les revendications que portait ce cheminot «gilet jaune» sont ineffaçables.

Un camarade retraité nous a fait parvenir un compte rendu du débat avec ses commentaires. Nous vous en livrons des extraits ci-dessous :
Le cheminot : « Pour sortir de la crise c’est simple, 200 €uros pour tous, l’argent existe, prenez le CICE, rétablissez l’ISF ».
Soubie et le journaliste du Figaro rétorquent: « Si Macron acceptait cela, le quinquennat serait fini »...
« Bonne réponse ! », conclut le cheminot.

La résistance est désormais dans la rue. Une fraction significative des opprimés est entrée dans l’action directe de masse. Significative, parce que cette fraction est soutenue avec un intérêt passionné par les plus larges masses. La ténacité, l’insolence de ces « gilets jaunes » bravant toutes les autorités, toutes les institutions, en commençant par l’élysée, forcent l’admiration. Dans une confusion, des illusions inévitables, le peuple travailleur commence à formuler les linéaments de LA démocratie, de son état, un état qui applique strictement la volonté du peuple.

Prêtons attention aux discussions sérieuses sur le maximum de salaire, sur la suppression des privilèges, sur la corruption des élus politiques,.. Peu importe si, pour l’instant, le vocabulaire et l’imaginaire de la Révolution française sont utilisés, par ceux qui l’ont appris à l’école et n’ont pas encore appris l’internationale, mais donnent à ces mouvements un contenu de classe, et arrangent ainsi la Marseillaise :
« Marchons, marchons vers l’élysée.
Clamer nos revendications !  »

Ce qui nous amène aux « cahiers de doléances » et de revendications qui jaillissent de ce mouvement spontané, et organisé à la fois.

Dans les 42 « Directives du peuple » qui circulent, on peut lire en premier :
Zéro SDF : URGENT.
Ce n’est pas une revendication syndicale. Elle répond à la profonde crise morale qui accompagne la crise politique et sociale ; à l’indignation qui nous étreint tous, quand nous croisons nos semblables réduits à mendier pour manger, condamnés à la rue et au froid.
Cette revendication légitime ne peut être satisfaite que si l’autorité, la puissance publique réquisitionnent, confisquent les logements spéculatifs vacants nécessaires pour sauver et rendre leur dignité à ces malheureux.

Il ne suffit pas de constater que les «gilets jaunes» reprennent largement les revendications du mouvement syndical, depuis la CSG et les retraites jusqu’au pouvoir d’achat, la santé publique, etc. Bousculant tous les conservatismes, ils brandissent les exigences populaires nouvelles, visant à la reconquête de tous les droits légitimes.


1-  Le 17 décembre, interrogée sur France Inter par l’inénarrable Léa Salamé à propos de son «enquête» sur les «gilets jaunes», la journaliste Florence Aubenas a répondu à la question :
- «N’avez-vous pas entendu sur les ronds points des propos racistes, homophobes et sexistes ?»
- «Pas plus que dans les salles de rédaction»...
Salamé en eut le bec cloué...