InFOrmation syndicale

22 AU 24 MAI STAGE "JE NÉGOCIE" --- 27 MAI À 9H30 COMMISSION ADMINISTRATIVE DE L'UNION DÉPARTEMENTALE --- 27 MAI ASSEMBLÉE GÉNÉRALE AUDACE --- 28 AU 30 MAI STAGE "CONNAÎTRE SES DROITS" --- 6 JUIN DE 9H15 À 11H15 RÉUNION D'INFORMATION « COMMENT DÉCRYPTER LES COMPTES DE RÉSULTAT EN COMPLÉMENTAIRE SANTÉ : PASSER DES CHIFFRES À L’ACTION » --- 17 JUIN DE 14H15 À 16H30 RÉUNION D'INFORMATION « ÉPARGNE SALARIALE » --- ...

23 septembre 2023

Démocratie et Indépendance !

 par Michel Le Roc’h, secrétaire général de l’UD CGT-FO de Loire-Atlantique

Avant l’été et malgré la mobilisation de millions de salariés, Emmanuel Macron avait décidé de promulguer sa loi sur les retraites et voler deux ans de leur vie aux travailleurs. Les mesures prises cet été – entre autres la hausse du prix de l’électricité de 10 % au 1er août- ou annoncées en cette rentrée, ne laissent aucune place au doute : le président de la République veut poursuivre dans la même direction, abaisser le coût du travail et détruire nos droits et acquis.

L’immense majorité des travailleurs rejette cette politique. Lors de la cérémonie d’ouverture de la coupe du monde de Rugby, Emmanuel Macron a été copieusement hué par le public présent. De ce point de vue, il n’y a aucun doute sur l’état d’esprit de la classe ouvrière, sur l’hostilité envers le personnage et sa politique. 


Le gouvernement n’a plus que deux outils pour tenter d’imposer sa politique : la répression et la neutralisation des organisations syndicales dans une conférence sociale. De manière toujours plus musclée, le gouvernement développe un arsenal répressif et autoritaire contre tous ceux qui cherchent à s’opposer à ses décisions. Cette escalade autoritaire constitue une menace pour la démocratie et l’existence même du syndicalisme libre et indépendant. Même la très modérée Confédération Syndicale Internationale s’alarme des atteintes aux libertés démocratiques dans notre pays. 


La presse est également visée. Ce mardi, des policiers de la DGSI ont mis une journaliste en garde à vue et perquisitionné son domicile ! 


Notre organisation syndicale ne peut que condamner toutes ces atteintes à la démocratie. Nous avons même, comme l’exprime le préambule de nos statuts, le devoir de les combattre : 

« Considérant que le syndicalisme ne saurait être indifférent à la forme de l’État parce qu’il ne pourrait exister en dehors d’un régime démocratique, les Syndicats Force Ouvrière reconnaissent au mouvement syndical le droit, lequel peut devenir un devoir, de réaliser des rapprochements ou des collaborations en vue d’une action déterminée lorsque la situation l’exige expressément. »


C’est cela qui nous a conduit à signer le communiqué commun « contre la répression et la violence d’Etat » aux côtés de 3 autres organisations syndicales du département. Sur ces bases, nous appelons les militants FO à participer aux marches du 23 septembre « contre la répression » et pour la défense des libertés démocratiques, notamment syndicales.


Le Comité Confédéral National (CCN) des 26 et 27 septembre discutera des mesures brutales prises ou envisagées par le gouvernement en cette rentrée contre le salariat.  Nous n’avons pas d’autre choix que d’exprimer notre opposition résolue à de telles mesures et de réaffirmer nos revendications. Avec raison, la confédération a décidé de ne pas se rendre au conseil national de la refondation pour ne pas être instrumentalisée par un gouvernement qui ne répond à aucune de nos exigences. 

Le président de la République, qui a de la suite dans les idées, a alors proposé « la tenue courant octobre d’une conférence sociale sur la question des branches où la rémunération est inférieure au salaire minimum et sur l’évolution des salaires et des revenus ». 

Comment croire à sa sincérité de vouloir relever les grilles conventionnelles en dessous du SMIC alors que c’est lui qui a décidé, sans aucune véritable négociation, que la grille des fonctionnaires qui concerne 6 millions de salariés aurait ses 7 premiers échelons en dessous du SMIC ? Et pour augmenter le SMIC et la valeur du point d’indice et que s’ouvrent dans chaque branche des négociations pour revaloriser les grilles et les minima, nul besoin d’une conférence sociale.

Le président de la république nous prend sans doute pour des lapins de six semaines. Qu’il cherche à « s’acheter une conduite » en prétendant engager un dialogue social, c’est une évidence. Qu’il tente à nouveau d’associer les organisations syndicales à sa politique en est une autre. 

Reste la mobilisation. L’action commune sur la revendication sans ambiguïté de retrait de la réforme des retraites a été un puissant levier pour la mobilisation de janvier à mai. Elle n’a cependant pas permis de gagner. Fin février et face au mépris du gouvernement, notre confédération avait proposé d’élever le niveau de la mobilisation, en sortant des journées d’action isolées et en proposant la reconduction de la grève les 7, 8 et 9 mars. Cette proposition ne s’est pas imposée. En l’absence de blocage du pays par la grève, le président de la République, déterminé à aller jusqu’au bout, a pu louvoyer. C’est bien entendu une leçon pour l’avenir.


Mais là rien de tel. L’appel «unitaire» à une journée le 13 octobre prochain, sans revendications précises et sans cibler le gouvernement, laisse bon nombre de militants dubitatifs. 


Il y a une certitude : il faudra bien autre chose que cette journée européenne pour mobiliser la classe ouvrière et gagner sur les revendications. Il reviendra à notre CCN de discuter d’une indispensable initiative pour exprimer et porter en toute indépendance nos revendications et nous rassembler pour les faire valoir.