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10 février 2011

INTERVIEW : PASCAL LONGEPE, REPRESENTANT SYNDICAL FO AU CCE ALCAN-AVIATUBE


L'Ouest Syndicaliste : Prises dans le Maelström planétaire des cessions de capital entre multinationales, les deux usines nantaise et angevine d'Alcan-Aviatube sont promises à de dures restructurations industrielles, dont on peut craindre que les salariés fassent les frais...

Pascal Longépé : On peut dire que tout nous dégringole sur la tête en ce moment : l'addition plan social, chômage partiel, réorganisation technique et géographique des productions, arrivée dans le capital d'Alcan d'une multinationale américaine majoritaire (51%). Ce à quoi il nous faut ajouter en ce début 2011 les négociations salariales annuelles et les élections pour le renouvellement des DP et du CE dans la société Alcan-Aviatube, qui compte une usine à Carquefou et une autre à Montreuil-Juigné en périphérie d'Angers.

A bien des égards, notre situation n'est pas sans rappeler celle vécue par les métallos nazairiens de la navale baladés d'Aker Yards à STX. Dans Les Echos des 6 et 7 août 2010, on pouvait lire : "Le fond américain Apollo, très discret, n'a pas publié de communiqué de presse, mais prévoit de rester au moins 5 ans au capital de la nouvelle entité." Voilà qui ne rassure guère sur la détermination du fonds américain à promouvoir le développement industriel d'Alcan-Aviatube.

Cinq ans et après ? Au revoir comme Aker-Yards après une juteuse plus-value ? Au revoir comme demain peut-être STX, après pillage du savoir-faire technologique nazairien ?

Car chez Alcan aussi, la double question technologie/indépendance nationale industrielle est posée : c'est d'ailleurs la raison d'être de l'entrée à hauteur de 10% du Fonds stratégique d'investissement qui dépend directement de l'Etat français au côté des 51% d'Appollo dans le nouveau montage financier de notre groupe. Le ministre de l'industrie, Eric Besson, a déclaré que "cet investissement du FSI vient conforter l'ancrage français d'un ancien fleuron de notre industrie, le groupe Péchiney".

Soit, mais 51% du capital à un groupe américain, 39% conservé par l'australien Rio Tinto, et 10% acquis par le FSI, c'est de l'indépendance industrielle nationale soldée à 10%.

O.S. : Les multinationales n'investissent pas à fonds perdus. Elles attendent des profits capitalistiques en retour.

P. Longépé : Notre directrice générale, Mme Bories, a fixé le cap : "une performance financière exemplaire, l'assurance d'un cash positif, et in fine la meilleure rentabilité de notre industrie".

A Carquefou, où nous sommes majoritaires, comme à Montreuil où notre implantation est plus minoritaire, FO devra donc se battre pour préserver l'outil de production et les emplois. A Carquefou l'effectif salarié a déjà fondu de moitié depuis 10 ans; et comme l'établissement est en sous-charge, la direction multiplie les pressions sur certains salariés pour qu'ils soient "volontaires" pour muter à Montreuil.

Comme au quotidien, ces pressions sont de fait exercées par les agents de maîtrise ayant reçu des consignes en ce sens de la direction, il en résulte une extrême tension entre les ouvriers et leurs supérieurs hiérarchiques immédiats. Nous avons alerté la direction sur les conséquences et les risques en résultant.

Sur les 2 sites, les travailleurs ont donc plus que jamais besoin d'un syndicat indépendant pour faire prévaloir leurs revendications, qu'il s'agisse des salaires ou du refus de cogérer les "restructurations" au nom de la rentabilité financière.


L'Ouest-Syndicaliste 583
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Alcan-Aviatube

  • 1971 : création par Péchiney de la société Aviatube implantée dans la zone industrielle de Carquefou. La production de l'entreprise est axée sur la fabrication de tubes d'aluminium destinés à l'aéronautique,
  • 1998 : fusion d'Aviatube avec l'établissement Péchiney -Rhenalu de Montreuil-Juigné (près d'Angers), pour former la société Péchiney-Aviatube,
  • 2003 : Péchiney-Aviatube passe sous le contrôle de la multinationale canadienne Alcan,
  • 2007 : Péchiney-Aviatube devient Alcan-Aviatube et intègre la multinationale anglo-australienne Rio Tinto (groupe minier),
  • 2010/2011 : 3ème "plan" dit de "sauvegarde de l'emploi", qui frappe les établissements de Monteuil-Juigné (300 salariés, intérimaires compris) et de Carquefou (le plus menacé des deux par le PSE. 129 salariés aujourd'hui).
  • Rio-Tinto vient de céder 61% du capital de sa filiale Alcan EP (qui regroupe les actifs clés de l'ex-groupe Pechiney) au fonds américain Appollo, lui-même associé en la circonstance au Fonds stratégique d'investissement (FSI, qui dépend directement de l'Etat français).