InFOrmation syndicale

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14 février 2011

PROPOS AUTOUR D'UN "PETIT AXE"

Depuis le 17 décembre (date de l’immolation d’un jeune chômeur à Sidi Bouzid), la révolution tunisienne continue. Malgré toutes sortes de manœuvres, en particulier celles visant à impliquer l’UGTT, les travailleurs et les jeunes ne désarment pas. En Egypte, le gouvernement de M. Moubarak, avec l’appui de la diplomatie américaine, négocie avec les « frères musulmans » : c’est la version islamique « du sabre et du goupillon » ! Après le Moyen Orient, en particulier en Jordanie et au Yémen, c’est maintenant le Sénégal qui est touché par les manifestations.

Incontestablement, nous assistons à une montée révolutionnaire dont le caractère international est évident. Certains veulent se rassurer à bon compte en limitant ce mouvement au « monde arabe ». Ils se trompent.

Les travailleurs de tous les pays et plus largement les démocrates sont solidaires de la classe ouvrière tunisienne et égyptienne.

Il ne s’agit certainement pas de cette fausse solidarité mielleuse et méprisante, propre aux innombrables associations humanitaires et caritatives qui fondent leur existence sur le développement de la pauvreté et vivent sur le dos de la misère du monde.

Plus ou moins consciemment, la classe ouvrière comprend que les travailleurs du monde entier sont confrontés à une seule et même politique fondée sur la surexploitation.

C’est donc une évidence, à un moment ou à un autre, il y aura d’autres « Tunisie », y compris en Europe.

Les principaux gouvernements qui avec le FMI et l’Union européenne dirigent le monde sont hantés par cette perspective. Ils ont donc dans un premier temps tenté de soutenir les régimes en place. Maintenant ils manœuvrent pour sauver l’essentiel en suscitant des « transitions démocratiques ».

« Il faut que tout change pour que rien ne change »*

Pourtant, il n’est pas certain que ces tentatives pour modifier les apparences suffisent à stopper le mouvement en cours.

Pour sa part l’Union européenne ne change pas. Pire, elle vient de décider d’accentuer sa politique de rigueur. Le couple franco-allemand Merkel-Sarkozy propose un « pacte de compétitivité » qui prévoit en autres la retraite à 67 ans généralisée et la baisse des salaires. En France, le gouvernement propose de « constitutionnaliser » la rigueur en modifiant la constitution afin d’interdire les déficits publics.

L’objectif, c’est de sauver l’€uro. Il est évident que cette politique va de nouveau se heurter à la classe ouvrière.

Le gouvernement sait mieux que quiconque que sa dernière contre-réforme des retraites n’est passée que grâce à la complicité de Chérèque et de Thibault. Mais si la classe ouvrière a subi un échec revendicatif, elle n’est sortie de cette bataille ni battue, ni abattue. Par contre, au sein de la CGT, il est clair que la politique de Thibault a provoqué une crise majeure. La Direction de la CFDT est grillée depuis 2003, c’est pourquoi elle cherche à « gauchir » pour se refaire une santé. La direction de la CGT est très affaiblie. Les annonces du départ de Bernard Thibault en sont une nouvelle démonstration, même si elles ont été démenties.

Le gouvernement sait, bien sûr, qu’il ne peut pas poursuivre sa politique de rigueur avec des alliés affaiblis. C’est pourquoi, il tente quelques manœuvres en direction de notre Confédération.

Ainsi, le quotidien «Les Echos» titre : "Xavier Bertrand veut s’appuyer sur FO pour relancer le dialogue social ». Dans cet article, Derek Perrotte cite Marcel Guignard, numéro deux de la CFDT : « Notre intérêt est que la négociation aboutisse à du concret. FO est un partenaire évident face au Patronat ».

Derek Perrotte ajoute que le gouvernement « mise surtout sur le binôme FO-CFDT. "Un petit axe se dessine, sur l’emploi notamment. Plus ils se parlent, mieux c’est" explique la Rue du Grenelle… »

Un axe FO-CFDT ! C’est un vieux rêve qui ressurgit ! Bien sûr, il faut s’attendre à quelques manœuvres pour pousser dans ce sens. Il faut donc être vigilant. Mais cette tentative est d’avance vouée à l’échec, tant il y a une incompatibilité congénitale à ce projet. La CFDT est fondée dur la doctrine sociale de l’Eglise tandis que la CGT-FORCE OUVRIERE trouve son origine dans « la Charte d’Amiens ».

D'un côté c'est le corporatisme et ses succédanés, de l'autre c'est la lutte des classes.

Dans une situation internationale extrêmement dangereuse, il faut plus que jamais défendre la démocratie, donc l’indépendance syndicale.

Le Directeur du FMI, Dominique Strauss-Kahn vient de déclarer : « Alors que les tensions entre pays s’accroissent, nous pourrions assister à une montée du protectionnisme sur le plan commercial et financier,… voire une instabilité sociale et politique croître entre les nations, et même la guerre ».

Nous savons que dans ces situations les gouvernements tentent toujours d’engager les organisations syndicales dans une sorte d’Union sacrée.

Nous savons aussi, que l’union sacrée c’est l’antichambre de la guerre. Pour défendre la paix et la démocratie notre congrès réaffirmera notre volonté de rester libres et indépendants.

 
Edito de Patrick HEBERT, Secrétaire général de l'UD CGT-FO de Loire Atlantique - Paru dans l'Ouest-Syndicaliste 584
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*dans « Le Guépard » de Giuseppe Tomasi, prince de Lampedusa. Cet ouvrage décrit la décomposition de la noblesse italienne confrontée au XIXème siècle à la révolution démocra
tique en Italie.