InFOrmation syndicale

MARDI 22 MAI GRÈVE DANS LA FONCTION PUBLIQUE - DU LUNDI 18 AU VENDREDI 22 JUIN STAGE CE/CSE - ...

30 juin 2011

COMME AVANT... MAIS EN PIRE !

A quelques jours des premiers départs massifs en vacances, il eut été de bon ton de ne retenir que l’aspiration de tous à fuir son quotidien pour profiter de vacances bien méritées.
S’arrêter en cette veille de parenthèse de l’été sur la situation réelle de nos économies et de leurs perspectives me paraît nécessaire, ne serait-ce que pour préparer une rentrée 2011 à risques.

Oui à risques, car depuis quelques semaines, divers indicateurs montrent la fragilité de la timide reprise
économique.
L’activité manufacturière de tous les grands pays est en chute, y compris celle des pays émergents pourtant
habitués à une croissance à deux chiffres.
La première économie mondiale, les Etats-Unis, cumule les handicaps en cette mi année 2011 : des perspectives d’emplois en nette baisse, un tassement de l’immobilier, une consommation des ménages en chute, un dollar tropfaible (ou un euro trop fort !) et donc en conséquence des perspectives de croissance revues à la baisse.
De même, le ralentissement de la croissance se fait sentir dans l’ensemble de la zone euro.
A titre d’exemple, prenons la Grande-Bretagne qui voit son PIB reculer ainsi que le Danemark.
Le spectre de la récession repointe le bout de son nez !
Beaucoup d’analystes s’accordent à dire que cela n’est ni plus ni moins que la conséquence de l’instauration des plans de rigueur et d’austérité.
Plans de rigueur et d’austérité qui ont été imposés par les marchés financiers et souvenons-nous que le Président des USA, Barack Obama, a dû stopper sa politique de relance sous la pression politique des marchés.
Ceux-là mêmes qui viennent de menacer les USA d’un abaissement de leur note.
Martin Wolf éminent éditorialiste économique au Financial Times, tout sauf un dangereux révolutionnaire, titrait, voici quelques jours : "La relance à nouveau nécessaire", ajoutant "La reprise annoncée n’est en réalité pas acquise et l’inflation reste faible. Resserrer la contrainte budgétaire prolongerait la stagnation".
Plus loin et cailloux dans l’escarpin de Trichet, il indique "vouloir s’attaquer à une inflation imprévisible est le plus sûr moyen de déstabiliser l’économie".
Fermé le banc ! Ce constat ne fait que conforter les analyses qu’a menées notre Organisation sur les risques
avérés de tuer dans l’œuf toute reprise économique par l’instauration de ces plans d’austérité.
Mais alors, comment se fait-il que des décideurs, forcément génétiquement intelligents, persistent ? Hé bien, il suffit de regarder ce qu’il se passe en Grèce, au Portugal et en Espagne notamment : une destruction organisée
des politiques et des budgets sociaux, un transfert massif des actifs de l’Etat vers le secteur privé au travers de la privatisation de la quasi totalité des services publics (transports, poste, énergie,etc.)
La crise est une opportunité de s’enrichir encore plus ! Peu importe que cela entraîne la faillite de ces pays car, au final, c’est le citoyen qui paye la facture !
Notre pays n’est pas absent de ce risque. Certes, cela se produit également au travers de la Révision Générale des Politiques Publiques et des Conventions d’Objectifs et de Gestion (pour les organismes de Sécurité Sociale), mais moins rapidement, moins brutalement. Pour autant et à terme, si rien n’est fait d’efficace pour s’y opposer, le résultat sera identique.
Des services publics exsangues où l’égalité de traitement n’existera plus et où la sécurité des citoyens ne sera plus assurée.
S’indigner est une chose, mais combattre le cours des choses en militant au sein d’une organisation syndicale libre et indépendante aux positions claires, lisibles et cohérentes est sans aucun doute plus efficace.
Et ce premier combat a lieu au sein des entreprises pour la dignité salariale et statutaire, pour des conditions de travail décentes.

Défendre les salaires et le pouvoir d’achat : une nécessité républicaine !
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Serge LEGAGNOA, Secrétaire général de al fédération des Employés & Cadres