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02 mai 2013

Étude: LES EUROPÉENS VIVENT PLUS VIEUX MAIS PAS EN BONNE SANTÉ


Selon une étude officielle, l'augmentation de l'espérance de vie cache une stagnation de celle en bonne santé. Dans ces conditions, pourquoi chercher à repousser toujours plus l’âge de départ à la retraite?


L'’espérance de vie à soixante-cinq ans a augmenté de 1,3 an pour les hommes et de 1,2 an pour les femmes depuis 2005 en Europe, selon une étude européenne rendue publique la semaine dernière par l’Institut national d’études démographiques (INED). Mais les chiffres montrent aussi que l’espérance de vie sans incapacité n’a pratiquement pas évolué au cours de la même période dans les vingt-sept pays de l’Union européenne: elle a augmenté de 0,2 an seulement pour les hommes et a même diminué de 0,2 an pour les femmes. «Cela signifie que les années de vie supplémentaires sont vécues avec des limitations d’activité», explique Jean-Marie Robine, directeur de recherche à l’Inserm, qui coordonne l’Action européenne conjointe sur les années de vie en bonne santé (EHLEIS, European Health and Life Expectancy Information System), menée en partenariat avec l’Institut national d’études démographiques (INED). Autrement dit, on vit plus vieux mais pas toujours en bonne santé.

La France fait partie des pays où l’espérance de vie à soixante-cinq ans a le plus progressé entre 2005 et 2011 –de 1,6 an pour les hommes et de 1,8 an pour les femmes. Ainsi, un Français de 65 ans peut espérer vivre encore 19,3 ans et une femme 23,8 ans. Mais pas forcément en bonne santé. Comme dans le reste de l’Europe, l’Hexagone connaît une stagnation de l’espérance de vie en bonne santé, surtout chez les femmes (+0,3%, ce qui est considéré comme «non significatif»).

L’UNION EUROPÉENNE POUSSE LE BOUCHON

Dans ces conditions, pourquoi, si ce n’est pour des raisons strictement budgétaires, les institutions européennes continuent-elles de préconiser une hausse de l’âge de départ à la retraite sans prendre en compte l’espérance de vie sans incapacité (EVSI), qui est pourtant un indicateur important des politiques européennes? Cet indicateur a notamment été choisi dans le cadre de la stratégie de Lisbonne (2000-2010) pour mesurer la qualité de vie et l’état de santé fonctionnel des Européens.

Comme dans d’autres pays de l’Union européenne, en France, les gouvernements successifs s’appuient sur l’augmentation de l’espérance de vie pour faire passer la pilule de l’augmentation de la durée d’activité (lire ci-dessous). Sans tenir compte de l’état de santé des salariés proches de la retraite.

Sans compter le fait que l’espérance de vie varie considérablement selon les catégories sociales, par exemple entre salariés et professions libérales. Des inégalités que l’on retrouve aussi entre pays de l’Union européenne: l’espérance de vie en bonne santé est inférieure à 60 ans dans un tiers d’entre eux.


Article paru dans FO Hebdo 3072
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TRAVAILLER PLUS ET MOURIR AU TRAVAIL ?
"Espérance de vie en bonne santé": INSEE (Mise à jour Eurostat)