InFOrmation syndicale

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21 mai 2013

FO44 : UN PREMIER MAI EN VEILLÉE D'ARMES

Du Premier mai français 2013, il faudra d'abord et surtout retenir qu'il a été marqué par le positionnement obligé de toutes les organisations syndicales face à l'accélération, sous l'égide du gouvernement Hollande-Ayrault, du rythme des contre-réformes et des mesures d'austérité.
L'imposture du "syndicalisme rassemblé" en a fait les frais, dans le sillage de la fracture provoquée par la signature, puis la transposition législative conforme, de l'accord scélérat du 11 janvier 2013 signé par le MEDEF et sa galaxie syndicale ayant la CFDT pour première météorite subsidiaire.


Du coup les pénibles exercices du successeur de Bernard Thibault en vue d'un Premier mai où il aurait défilé avec le successeur de François Chérèque à ses côtés se sont pitoyablement terminés au fossé des galégeades saugrenues.

La CFDT, elle, une fois de plus, a fait montre de sa capacité à s'engouffrer dans les créneaux réactionnaires que l'Histoire peut offrir à certaines périodes sombres de son cours : le 1er mai à Reims, ville où étaient jadis sacrés les rois de France, a eu lieu le baptême de "l'axe de la réaction" CFDT-CFTC-UNSA, celui des musclés de la collaboration de classes offrant leurs services à l'UE, au gouvernement et au MEDEF pour affronter "l'axe de la résistance" dont Force Ouvrière et la CGT sont les deux principaux supports. Tout au moins concernant cette dernière, tant qu'elle demeure, fusse à contre-courant des voeux de ses dirigeants, à l'écart des "compromis historiques" dont "le syndicalisme rassemblé" n'est que l'antichambre de service.

Dans ce contexte bien sûr, pour FO pas d'états d'âme. Plus que jamais, contre vents et marées, il revient au syndicalisme indépendant d'offrir aux travailleurs et à la jeunesse la perspective de la résistance au dépeçage tant des conquêtes sociales que de la République.

Les rassemblements militants FO du Premier mai, tant au plan national que localement, furent en conséquence des veillées d'armes, préparant les prochaines batailles que la classe ouvrière va inéluctablement devoir livrer pour préserver ses acquis.


A Nantes quelque 150 participants étaient réunis pour écouter les interventions "musclées" de Patrick Hébert et de Pascal Pavageau, secrétaire confédéral aux questions économiques.

Une centaine de camarades étaient présents à Saint-Nazaire, et à une trentaine à Ancenis, où Michel Le Roc'h et Bruno Cailleteau rappelèrent l'un comme l'autre ce qui fait aujourd'hui la différence de la CGT-Force Ouvrière héritière de la Charte d'Amiens.

De plus, signe que la tectonique syndicale bouge, il avait été convenu avec la CGT, la FSU et Solidaires 44, que l'UD-FO, parallèlement à la tenue de ses propres réunions militantes, adresserait son salut au rassemblement commun des trois organisations précitées. On lira ci-dessous le texte du message Force Ouvrière, lu devant les participants au rassemblement CGT-SUD-Solidaires par notre camarade Yann Couroussé.


Le message de l'UD Force Ouvrière au rassemblement CGT-FSU-Solidaires du 1 er mai

" Cher(e)s Camarades,

Je vous apporte le salut fraternel de L'Union départementale CGT-Force Ouvrière, et je remercie la CGT, FSU et Solidaires pour leur invitation aujourd'hui.

Nous avons une tradition à la CGT-Force Ouvrière, celle d'organiser le Premier mai des meetings qui nous sont propres. C'est la raison pour laquelle se tiennent actuellement 3 meetings à Nantes, St-Nazaire et Ancenis. C'est l'occasion pour Force Ouvrière de réaffirmer ses positions revendicatives, son attachement à l'indépendance syndicale qui l'a amenée, par exemple, à ne pas donner de consignes de vote aux dernières élections présidentielles.

C'est l'occasion pour nous de rappeler que le 1er mai est une journée internationale de revendications, instaurée à l'origine comme journée annuelle de grève pour la réduction du temps de travail (les 8 heures), et donc n'a rien en commun avec la "Fête du travail" instituée le 24 avril 1941 par le Maréchal Pétain pour tenter de mettre à genoux le mouvement ouvrier

Camarades,

Nous organisons nos propres meetings, et en même temps, notre présence ici devant vous a une signification, qui n'est pas seulement symbolique. Le gouvernement est engagé, avec la Troïka et dans la continuité du gouvernement précédent, dans une politique qui conduit, au nom de la compétitivité et de la réduction de la dette :
- à abaisser le coût du travail,
- à réduire les droits des salariés,
- à liquider, avec l'acte III de la décentralisation, nos services publics républicains
- à étrangler la sécurité sociale et nos hôpitaux
- et à allonger encore la durée de cotisation pour partir en retraite.

C'est ce que vivent également les classes ouvrières de Chypre, de Grèce, d'Espagne, du Portugal, d'Italie, que je salue ici.

Nous considérons à la CGT - Force Ouvrière, qu'il s'agit là d'une politique de guerre contre la classe ouvrière et la nation toute entière.

Face à ces plans destructeurs nous considérons qu'il est nécessaire de préparer dans la clarté les conditions d'une riposte d ampleur.

Il est remarquable, dans la situation actuelle, que la CFDT, la CFTC et l'UNSA aient décidé de manifester ce 1er mai pour défendre l'ANI. Remarquable mais pas étonnant!

L'UNSA soutient le gouvernement. Rien de plus normal puisqu'elle n'est qu'une créature du Parti Socialiste. Quant à la CFDT et la CFTC, rappelons qu'elles puisent leurs références dans la très corporatiste doctrine sociale de l'Eglise, celle de l'association Capital-Travail.

Camarades,

Il n'y aura pas de résistance efficace à une offensive du patronat et du gouvernement sans clarté dans l'action. Nous savons à la CGT-FO que l'action commune est nécessaire pour gagner et obtenir satisfaction à nos revendications. Nous avons toujours combattu le concept de "syndicalisme rassemblé". Cet intersyndicalisme permanent, sans principe, ni objectif revendicatif clair a, entre autres rappelons-le, conduit à la défaite à l'occasion de la dernière bataille sur les retraites en 2010.

Il faut maintenant lever toute ambiguïté. Il y a d'un côté un axe autour de la CFDT, celui de l'accompagnement de toutes les contre-réformes et du soutien à l'ANI. Et il y a d'un autre côté, avec les journées du 5 mars et du 9 avril, un autre axe, celui de la résistance.

Tout en restant chacun soi-même, il nous faut autour de cet axe, renforcer l'action commune et préparer les conditions, par la grève, d'une riposte d'ampleur.

C'est la signification de notre présence avec vous aujourd'hui. Merci. "
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1er MAI : EXTRAITS DE L'INTERVENTION DE PATRICK HÉBERT AU MEETING NANTAIS
INTERVIEW DE PASCAL PAVAGEAU, LE 1er MAI À NANTES