InFOrmation syndicale

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16 mai 2013

1er MAI : EXTRAITS DE L'INTERVENTION DE PATRICK HÉBERT AU MEETING NANTAIS


" (...) Le capitalisme porte en lui la guerre comme la nuée dormante porte l'orage ! " avait déclaré, clairvoyant, Jaurès en 1911, soit trois ans avant la boucherie de 1914-1918, ... providentielle pour les "marchands de canons".

Puis, de sa crise des années 30, le capitalisme ne devait trouver d'issue que dans le fascisme et le fracas de la 2ème guerre mondiale.

Aujourd'hui le capitalisme, responsable d'une nouvelle crise économique et sociale d'une ampleur sans précédent depuis celle de 1930, se retourne à nouveau contre les peuples. Il leur impose, via la Troïka, une avalanche de cures d'austérité, assorties, pour faire passer les choses en force, de remises en cause croissantes de la démocratie. Les institutions et gouvernements à ses ordres se préparent même désormais à monter à l'habituel cran supérieur quand la "gouvernance" politico-économique montre ses limites : la fuite en avant dans les "solutions" guerrières.


Dernier cas en date qui doit nous alerter : par crainte d'un prochain soulèvement populaire en Algérie, Washington vient d'obtenir du gouvernement espagnol le déploiement, sur la base aéro-militaire de Moron, près de Séville, d'une escadrille de l'US Airforce ainsi que de 550 "marines" prêts à intervenir en Afrique du Nord.

(...) Sur les ruines de la Seconde guerre mondiale, le capitalisme a pu se remettre en selle, le rapport de forces social et politique de 1945 permettant toutefois au mouvement ouvrier d'arracher en contrepartie l'augmentation du pouvoir d'achat, la protection sociale, le statut de la fonction publique, etc. S'en suivirent les "Trente Glorieuses", dont l'apogée se situe au tournant des années 1970/80. Mais depuis le capitalisme est entré dans la spirale d'une nouvelle crise, avec pour corollaire la spirale jumelle de l'austérité. Ce fut en France, après les "Trente Glorieuses", ce que j'ai appelé les "Trente Deloreuses" débutées en 1982-83. Ce fut aussi la mise en place de l'Europe de Maastricht devenue depuis celle des diktats de la Troïka ; et ça demeure la fierté de l'UD CGT-FO de Loire-Atlantique d'avoir appelé à voter NON au référendum de 1992 sur le traité de Maastricht.

(...) Aujourd'hui en Europe, et pas seulement celle du Sud, nous avons atteint le seuil explosif où, selon une célèbre formule, "en haut" (troïka, gouvernements, etc.), "on ne peut plus (gérer les contradictions), tandis qu'en bas on ne veut plus (subir)".

D'où l'impératif pour les gouvernements d'associer les directions des organisations syndicales à leurs plans d'austérité meurtriers. Mais les peuples résistent et se battent, remettant au besoin certaines pendules syndicales à l'heure. Ainsi en Espagne comme au Portugal les "pactes" de la honte ont été balayés par les grèves et les manifestations.

Mieux, parce que l'austérité de la Troïka est liberticide, c'est maintenant drapeaux républicains déployés que manifestent les espagnols, tandis que les portugais défilent eux en chantant la "Grândola Vila Morena", l'hymne de la Révolution des oeillets de 1974 qui mit fin à près d'un demi-siècle de dictature.

(...) Pareillement en France, pour mettre en oeuvre les diktats de la Troïka, le gouvernement n'a d'autre outil que l'association à sa politique des organisations syndicales.

De là sa recherche d'un "compromis historique" sur l'ANI. Mais il n'a obtenu l'aval que des supplétifs CFDT, CFTC, CGC (et UNSA).

Ceci dit prenons garde : sous domination CFDT, le syndicalisme d'accompagnement se mue et se structure quasi-officiellement en ce 1er mai à Reims (ville des rois de France, tout un symbole!) en "axe de la réaction" destiné à monter au créneau contre les revendications.

Symétriquement est apparu un "axe" de la résistance, avec FO, la CGT, la FSU et Solidaires. Mais il demeure fragilisé par l'obstination proclamée de Le Paon ("l'héritage" Thibault) à renouer avec la CFDT. Nous savons par contre à l'opposé que la grande majorité des militants CGT a désormais compris le rôle et la nature réactionnaire de la CFDT.

C'est la raison d'être profonde du message de l'UD-FO que porte aujourd'hui en notre nom notre camarade Yann Couroussé au rassemblement nantais CGT-FSU-Solidaires, où FO a été conviée à s'exprimer. (...) "
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FO44 : UN PREMIER MAI EN VEILLÉE D'ARMES