InFOrmation syndicale

26 au 30 juin : Stage CHSCT

25 septembre 2015

Retraites complémentaires: Attention Danger !

Face au catastrophisme affiché par le patronat, le gouvernement et les médias aux ordres, il est bon de rappeler comme le fait Philippe Pihet,secrétaire confédéral en charge des retraites, que les régimes par répartition ne peuvent pas être en faillite pour la bonne raison que chaque année, l’ARRCO fait entrer 40 milliards d’euros de cotisations et l’AGIRC 18 milliards.
S’il est évident que la hausse continuelle du chômage, la stagnation des salaires, le recours au temps partiel imposé, etc. se répercutent sur les régimes complémentaires, elles ont néanmoins des réserves qui ne justifient pas le catastrophisme affiché.

Pourtant, le patronat, dans la dernière séance de négociation le 27 mai, a encore durci sa position en affirmant qu’il fallait trouver 8,5 milliards. Précédemment, il avançait le chiffre de 4,5 milliards. Pour ce faire, il a multiplié les propositions inacceptables comme :
  • La poursuite du gel des pensions jusqu’en 2018, la majoration de 3,5% du coût du point de retraite, une décote dégressive entre 62 ans (-40% à 62 ans, -30% à 63 ans, -18% à 64 ans, -2% à 65 ans) et 67 ans (âge auquel est servie la pension entière), ce qui de fait revient à reculer l’âge de départ en retraite, et revient à supprimer l’AGFF qui permet de payer les retraites complémentaires entre 62 et 67 ans ;
  • L’abaissement à 55% du taux de pension de réversion au lieu de 60%, assorti de conditions de ressources et du recul de l’âge minimum à 60 ans ;
  • Une moindre prise en charge des périodes de chômage ;
  • La fusion des régimes ARRCO et AGIRC.

Attention danger : la proposition de fusionner les deux régimes, non seulement ne règle rien, mais serait la porte ouverte à la mise en place d’un régime unique retraite de base et retraite complémentaire, prônée par la CFDT.

Le Conseil National de la Fédération CGT-FO des Employés et Cadres des 19 et 20 mai derniers réaffirme dans sa résolution qu’elle s’oppose «à toute fusion des régimes de protection sociale de base comme complémentaires, à commencer par la volonté du MEDEF et de la CFDT de fusionner l’AGIRC et l’ARRCO et de transférer le recouvrement des cotisations retraites complémentaires à l’URSSAF.
Il s’oppose également à l’instauration d’une décote entre 62 et 67 ans voulue par le MEDEF dans les retraites complémentaires AGIRC - ARRCO, qui conduirait de nombreux salariés à différer leur départ à la retraite».

Quant au gouvernement, il attend avec grand intérêt l’issue de ces négociations, espérant pouvoir s’appuyer sur des décisions d’économies prises par les organisations syndicales et patronales pour accélérer celles qu’il voudrait mettre en œuvre pour la retraite de base.


par C. Compain