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12 décembre 2016

« Virage vers l’inconnu »

par Michel Le Roc’h, secrétaire général de l’UD CGT-FO de Loire-Atlantique
L’actualité est décidément riche en rebondissements. Après l’annonce du retrait de François Hollande de la course à l’élection présidentielle la semaine dernière, c’est au tour de l’Italie de se retrouver sous les feux des projecteurs.
La déroute de Matteo Renzi, à l’occasion du référendum constitutionnel, plonge le pays dans une crise sérieuse. Le revers du président du conseil des ministres italien, après le vote en faveur du Brexit le 23 juin dernier au Royaume-Uni, est  une nouvelle onde de choc qui secoue, bien au-delà de la péninsule, les pays du vieux continent et l’Union Européenne elle-même.

Les 60 % de « Non » au référendum italien du 4 décembre ne sanctionnent pas seulement le projet de réforme constitutionnelle. Ils sanctionnent également la mise en œuvre à marche forcée du « Jobs-act », version italienne de la loi travail, qui conduit depuis 2014 à réduire considérablement les garanties collectives des salariés.
Ce résultat est un avertissement supplémentaire en direction de tous les gouvernements, quelle que soit leur «couleur politique», qui exigent toujours plus des salariés, détruisent les conquêtes ouvrières, la protection sociale collective et les services publics et s’acharnent à baisser le coût du travail. Comme l’analyse un journaliste d’un magazine hebdomadaire (1), « actuellement, aucun chef de gouvernement ne sollicite les électeurs sans en payer le prix fort ».

Les Valls, Fillon et autres candidats potentiels à l’élection présidentielle devraient méditer tout cela. Nous savons que François Fillon, en multipliant les déclarations contre les fonctionnaires et la sécurité sociale, a définitivement séduit les patrons. Le « courage » de Manuel Valls à l’occasion du passage en force de la « loi travail » n’est pas pour leur déplaire et il peut compter sur le soutien de la CFDT, ce qui n’est pas rien. Les programmes des uns et des autres se ressemblent, s’inspirant de celui énoncé par Denis Kessler en 2007 (2). Seul le « curseur » pour y arriver diffère d’un candidat à l’autre. La question, comme l’a précisé un président de fédération du Medef, «c’est plutôt qui va être capable de le mettre en œuvre».
La mise en œuvre d’un tel programme, brutal et draconien, comprend, comme l’a exprimé à juste raison l’éditorialiste des échos, le risque « d’un trou noir, d’un virage radical vers l’inconnu », d’un affrontement violent entre les classes sociales.

De ce point de vue, la colère qui monte dans les hôpitaux, avec des agents épuisés et excédés par toutes les « contre-réformes », par les mesures financières qui étranglent les établissements hospitaliers, détériorent les conditions de travail et gèlent les rémunérations, est symptomatique de l’état d’esprit qui règne dans tous les secteurs de la classe ouvrière.

Comme au printemps dernier avec le projet de loi travail (3), le gouvernement poursuit dans la même direction, ignore les revendications  et nos propositions pour sortir « par le haut » de l’ornière dans laquelle il s’enfonce à chaque fois, préférant l’affrontement à la négociation et à la démocratie (4). Le ministère de la Santé avait annoncé qu’il recevrait les syndicats le 24 novembre. L’entrevue a duré une heure et demie. La ministre Marisol Touraine, présente dans les locaux, n’a même pas daigné y participer, préférant « travailler » sur la mise en œuvre d’une stratégie nationale pour améliorer la qualité de vie au travail baptisée «Prendre soin de ceux qui nous soignent».
Les aides-soignants et infirmières sont rassurés, ils seront soignés ! 30 millions d’euros seront consacrés au déploiement, sur trois ans, de services de santé au travail, intégrant psychologues, conseillers en prévention des risques professionnels et assistants sociaux, dans chaque Groupement hospitalier de territoire.
Ce mépris affiché ne laisse pas d’autre alternative que de préparer le rapport de force. Les fédérations syndicales préparent une « mobilisation d’ampleur nationale au 1er trimestre 2017, mobilisation dont elles vont préciser les formes » d’ici quelques jours, avec l’objectif d’obtenir l’ouverture de vraies négociations sur les revendications.

L’Union départementale Cgt-FO de Loire-Atlantique soutiendra pleinement cette initiative. Il s’agit non seulement de défendre les intérêts particuliers et collectifs de nos camarades hospitaliers, mais également de soutenir l’hôpital public étranglé aujourd’hui par les mesures financières du gouvernement.

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(1) Le Point du 5 décembre 2016
(2) « La liste des réformes ? C’est simple, prenez tout ce qui a été mis en place entre 1944 et 1952, sans exception. Elle est là. Il s’agit aujourd’hui de sortir de 1945, et de défaire méthodiquement le programme du Conseil national de la Résistance ! » Denis Kessler, ancien vice-président du Medef.
(3) Le livre de Jean-Claude Mailly « les apprentis sorciers » revient sur cette mobilisation et l’attitude irresponsable du gouvernement  à cette occasion. à lire absolument !
(4) Rappelons simplement que nous sommes attachés à la négociation et à la pratique contractuelle pour améliorer les conditions de travail et les rémunérations des salariés. Cette pratique fondée sur la défense des intérêts particuliers et collectifs des salariés est facteur de progrès et de démocratie. Rien à voir donc avec le « dialogue social » du gouvernement, qui n’est en fait qu’un dialogue de sourds.