InFOrmation syndicale

26 au 30 juin : Stage CHSCT

06 mars 2017

[Interview] AG des syndicats FO de Carrefour à La Chapelle-sur-Erdre

Fin janvier, les syndicats FO de Carrefour ont tenu leur assemblée générale, dans un cadre fédéral, à La Chapelle-sur-Erdre (44).
A cette occasion, FO a réaffirmé son opposition à l’ouverture dominicale des hypermarchés Carrefour et, a contrario, son attachement à la mise en oeuvre de la convention collective Carrefour, construite par 50 années de pratique contractuelle.

A suivre, l'interview de Michel Enguelz, délégué du groupe Carrefour, et Jacqueline Poitou, déléguée syndicale nationale

Les camarades Michel Enguelz, délégué du groupe Carrefour, et Jacqueline Poitou, déléguée syndicale nationale, ont bien voulu répondre aux questions de Yann Couroussé, secrétaire-adjoint de l’Union départementale 44.


Quels sont la nature et le but de l’AG Carrefour ?

Il n’y a pas de syndicat national à Carrefour. Juridiquement parlant, chaque établissement est organisé en syndicat, ce qui assure l’indépendance de chacun. Aujourd’hui, nous rassemblons, dans le cadre fédéral, l’ensemble des syndicats Carrefour et 136 syndicats sont présents avec plus de 350 délégués. C’est l’occasion pour les militants de se retrouver, de débattre de l’actualité et préparer le cahier de revendications.
Au programme, nous avons eu aussi la présentation du nouvel accord prévoyance par notre prestataire APGIS, une intervention sur les nouvelles technologies, ainsi qu’une séance questions-réponses avec la DRH du groupe. FO est le syndicat majoritaire à Carrefour, nous représentons 46% des voix. Les salariés nous font confiance, alors nous faisons valoir nos revendications et nous résistons aux manœuvres d’agression contre les acquis sociaux et les tentatives de remise en cause des droits des salariés.

Qu’en est-il du travail du dimanche chez Carrefour ?

Le travail du dimanche chez Carrefour est une réalité dans les supermarchés Market et les magasins de proximité. Par contre, il est encore limité dans les hypers Carrefour, depuis un accord FO de 1970. Cet accord dit : « le repos dominical est assuré par la fermeture des magasins le dimanche ». Ce « petit grain de sable » protège les salariés des hypers Carrefour de la loi Macron par exemple, car la direction ne peut se contenter de l’autorisation des Maires.
Il faut se rappeler qu’en 2000, avec le rachat de Promodès, Carrefour alors spécialisé dans les hypers, se transforme en une société tous formats, c’est-à-dire avec des petites surfaces qui peuvent ouvrir le dimanche matin. En 2003, la CFDT signe un accord qui ouvre une brèche et qui autorise l’ouverture des hypers, tous les dimanches légaux.
Invoquant la loi Macron et la volonté d’autres enseignes de vouloir ouvrir le dimanche, la direction a lancé une négociation en novembre 2016, afin de retirer « le petit grain de sable » pour que les hypermarchés Carrefour puissent ouvrir les dimanches matins. La direction qui souhaitait une réponse en décembre a dû patienter, car FO avait pris la décision d’informer et de consulter les adhérents et les salariés des 166 hypers où FO est présente sur les 192 que compte l’enseigne.
L’information des délégués FO et la consultation du terrain a duré tout le mois de janvier et l’AG FO-Carrefour s’est ouverte ce 24 janvier, après que les délégations ont voté. Pour Force Ouvrière, le score est sans appel : 85% contre l’ouverture dominicale.
L’affaire est close pour l’instant, mais l’histoire continue et il nous faut rester attentifs.

Quels sont les autres sujets traités pendant ces deux jours ?

En 50 ans de présence syndicale dans l’entreprise, Force Ouvrière a signé de très nombreux accords et c’est une vraie convention collective Carrefour que notre syndicat a construite. La difficulté aujourd’hui pour les équipes syndicales est de faire appliquer ces accords, car il y a des résistances et remises en cause de la part de certaines directions. Bien entendu, la loi travail qui arrive ne facilite pas les choses. Bien au contraire.
Le pouvoir d’achat est aussi une revendication importante et c’est de plus en plus difficile de le négocier. Il y a de nombreux éléments annexes, tickets restaurant, primes de vacances, remise sur achat, etc. qui viennent améliorer ce pouvoir d’achat.
Le travail syndical nous a permis de maîtriser le travail à temps partiel imposé. En effet, le temps partiel ne peut être inférieur à 30 heures / semaine et si un salarié accepte la polyactivité, il passe à 35 heures. Les militants FO travaillent aussi pour réduire les amplitudes journalières et les coupures repos.

L’AG s’est penchée sur les nouvelles technologies... Y a-t-il des inquiétudes en matière d’emploi ?

Le e-commerce impacte toute l’activité non-alimentaire des hypermarchés. Certains rayons comme le multimédia, la culture, le textile sont très touchés et l’on apprend que les plateformes internet s’intéressent à présent à l’activité alimentaire. Pour s’adapter à cette concurrence, la direction a recours à de la précarité : étudiants, intérimaires, contrats de professionnalisation. C’est un volant de personnels qui, en diminuant, traduit une baisse de l’effectif.
Dans la grande distribution comme ailleurs, l’obsession c’est la baisse des coûts et donc des frais de personnel. Pour Force Ouvrière chez Carrefour aussi, la bagarre pour la défense des droits et de l’emploi est toujours d’actualité.