InFOrmation syndicale

22 AU 24 MAI STAGE "JE NÉGOCIE" --- 27 MAI À 9H30 COMMISSION ADMINISTRATIVE DE L'UNION DÉPARTEMENTALE --- 27 MAI ASSEMBLÉE GÉNÉRALE AUDACE --- 28 AU 30 MAI STAGE "CONNAÎTRE SES DROITS" --- ...

27 mars 2009

QU'EST-CE QU'ON ATTEND ?


Les manifestations du 19 mars ont été encore plus importantes que celles du 29 janvier, c’était prévisible. En effet, chaque jour à l’annonce de nouveaux plans de licenciements, la colère grandit.

Il était tout aussi prévisible que le gouvernement et le patronat répondraient négativement à nos revendications. Le premier Ministre avait annoncé avant le 19 mars qu’il n’y aurait pas de nouvelles discussions ; et le Président de la République avait déclaré qu’il fallait attendre le mois de juillet pour mesurer les effets de son "plan de relance".

Par contre la réaction de la classe ouvrière est beaucoup moins prévisible, c’est d’ailleurs ce qui effraie beaucoup de monde. La Guadeloupe est dans toutes les têtes : c’est par la grève générale que l’on peut gagner. La leçon a été retenue en Martinique, à La Réunion, et maintenant en Guyane.

A propos de la Guadeloupe, le gouvernement, pourtant signataire des accords, tergiverse, il émet des réserves à leur extension. S’il persiste dans son attitude, il risque fort de remettre le feu aux poudres.

Il semble que la situation échappe à M. Sarkozy et à ses ministres. Sur tous les sujets c’est un pas en avant, deux pas en arrière. La dernière réforme en date, celle du recrutement des professeurs a aussi du "plomb dans l’aile".

Même les sondages s’en mêlent : 74% des français approuvent les grèves et manifestations. Dans un sondage "secret" sur Total rendu public par "Le Figaro" , 80 % des français se disent scandalisés, dont "67 % parmi les sympathisants de droite". Et pourtant nous ne sommes qu’au début de la vague de licenciements en cours de préparation. Les suppressions d’emplois chez Sony et Total ont à juste titre provoqué l’écœurement, il faut s’attendre à des dizaines de situations identiques.


Face à ces catastrophes, le gouvernement et le patronat se lamentent, ils versent des larmes de crocodile. Pour montrer que quand même ils ne sont pas insensibles, ils expriment leur colère. Pour ce, il leur fallait un "bouc émissaire". Parmi ceux qui depuis des années se goinfrent de parachutes dorés, stocks options etc… , il n’y a que l’embarras du choix. Il en fallait un : c’est "tombé" sur la Société Générale, ses dirigeants, et en particulier son PDG Daniel Bouton.

Bien sûr, ces gens là ne sont pas à plaindre. Mais ne tombons pas dans le panneau. On lâche en pâture un patron pour protéger les autres. Mais ces petites manœuvres feront long feu. La réalité est là.

A chaque nouvelle annonce de licenciements, le gouvernement et le patronat ne pourront pas livrer un nouveau patron à la vindicte populaire. Et surtout, un Daniel Bouton privé de ses stocks options, cela ne donne pas du travail et un salaire à ceux qui sont licenciés.

Aux centaines de milliers de salariés qui une nouvelle fois ont manifesté le 19 mars, il faut une réponse, une vraie réponse. Dans la tête de tous ceux qui manifestaient, il y avait une question : Et après ?

A cette question, les deux compères Thibault et Chérèque avaient déjà apporté une réponse : le 1er mai.

Une procession tous les mois et demi, voilà le bon rythme. Fort heureusement, ce plan, pour l’instant, a échoué. Les salariés ne peuvent pas attendre.

La vraie question, c’est : qu’est ce qu’on attend ? Notre Comité Confédéral National se réunit du 25 au 27 mars. C’est à cette question qu’il lui faudra répondre. Nous sommes tous d’accord pour dire que les manifestations processionnaires et les grèves saute-mouton ne servent à rien !

Alors il reste LA grève.

Bien sûr nous savons que ce n’est pas demain la veille que la CGT et la CFDT appelleront à la grève générale. Mais, parce que nous sommes indépendants, il nous revient de proposer que les travailleurs avec leurs organisations syndicales décident eux-mêmes des moyens à mettre en œuvre pour obtenir satisfaction à leurs revendications. Notre Confédération a une grande responsabilité (1). Les dirigeants de la CGT et de la CFDT persistent à organiser "une résistance raisonnable".

Peut-être n’aurons-nous pas la force suffisante pour contourner cet obstacle.

Notre seule possibilité, c’est donc de nous adresser directement à la classe ouvrière pour proposer l’unité, certes, mais dans l’action. Et aujourd’hui, l’action, c’est la grève.

(1) Ne nous laissons pas emprisonner dans une unicité paralysante



Dernière minute, dernier recul :

Dans le cadre des négociations sur le financement des retraites complémentaires (qui représentent en moyenne au moins 30% du montant des retraites des salariés du privé), qui devaient impérativement intervenir avant le 1er avril, le Medef exigeait que l'âge minimum pour toucher une complémentaire complète soit porté de 60 à 61 ans (au départ, il demandait 63 ans !).

Une semaine avant l'échéance, alors qu'une avant-dernière séance de négociations se déroulait le lundi 23 mars, le Medef a cédé, renonçant à exiger le recul à 61 ans.

En l'état actuel, donc, il y aurait une prolongation jusqu'à fin 2010 de l'accord courant.

La peur de la classe ouvrière ne serait-elle pas le début de la sagesse ?


Note: Patrick HEBERT, Secrétaire général de l'UD CGT-FO de Loire Atlantique