InFOrmation syndicale

1er MAI "JOURNÉE INTERNATIONALE DE LUTTE DES TRAVAILLEURS" À 10H30 PLACE DE BRETAGNE AVEC FO CGT FSU SOLIDAIRES --- 22 AU 24 MAI STAGE "JE NÉGOCIE" --- 28 AU 30 MAI STAGE "CONNAÎTRE SES DROITS" --- ...

02 juillet 2009

JOURNÉE DE GRÈVE ''PAYANTE''... À LA CAF



Les possibilités pour les Caisses d'Allocations Familiales de recruter de nouveaux personnels (de plus en plus en CDD, flexibilité oblige!) et de gérer la promotion des agents en place sont désormais strictement encadrées par les enveloppes budgétaires annuelles attribuées par la Caisse Nationale (la CNAF), ces enveloppes annuelles étant elles-mêmes déterminées par la Convention d'Objectif et de Gestion (COG) quadriennale.

On reconnaît là le principe de subsidiarité, où "l'échelon" local inférieur a obligation de se débrouiller comme il peut, pour décliner les objectifs de l'échelon supérieur avec une pénurie de moyens, alors que la charge de travail et les missions imposées ne cessent de croître. La contradiction est aujourd'hui particulièrement explosive dans les CAF:
  • D'un côté, la mise en place, techniquement complexe, du Revenu de Solidarité Active (RSA), à compter du 2 juin, impose aux techniciens-conseil chargés de traiter les dossiers des allocataires une surcharge de travail,
  • De l'autre les déroulements de carrière sont en panne : qu'il s'agisse des passages promotionnels aux "niveaux" supérieurs (hiérarchisés de 1 à 7), ou des "points de compétence" qu'acquiert l'agent et qui viennent augmenter son indice salarial indépendamment des passages aux niveaux supérieurs.
A la CAF de Nantes (700 salariés), on trouve ainsi à tous les étages hiérarchiques des agents d'un "niveau" inférieur effectuant un travail identique à celui de leurs collègues de "niveau" supérieur. Avec bien sûr une rémunération moindre à la clé. Pour les nouveaux embauchés, c'est carrément la précarité : une vingtaine d'agents en CDD, et des salaires de niveau SMIC, rendant certains employés... éligibles au RSA !

Dans ces conditions, la section FO de la CAF, la CFTC et la CGT ont proposé une plate-forme revendicative commune, assortie d'un appel à la grève si la direction restait sourde aux revendications. Proposition dénoncée d'emblée par la CFDT, au motif de la menace de grève.

FO, CFTC et CGT rédigèrent donc seules une pétition revendicative, remise au directeur de la CAF début mai revêtue de quelque 250 signatures.

Après plusieurs réunions de négociation, le directeur de la CAF fit connaître ses propositions le 28 mai. Jugeant celles-ci insuffisantes, FO, la CFTC et la CGT lancèrent en conséquence un appel à la grève pour le 2 juin, jour même de l'entrée en vigueur du RSA.

Malgré les tentatives de sabotage de la CFDT, la grève fut massive (suivie à 49%).

Prenant acte du rapport de forces, le directeur de la CAF fit alors le choix de satisfaire certaines revendications dont la négociation relève de sa compétence. La grève a ainsi notamment arraché :
  • la titularisation de 17 CDD, plus 5 anticipées au 1er juin,
  • l'attribution de points de compétence à 33% du personnel (au lieu des 20% initiaux),
  • et un déblocage substantiel des accès promotionnels aux "niveaux" supérieurs, dont 47 rétroactifs du niveau 3 vers le niveau 4, plus 4 du niveau 2 au niveau 3, et 6 de 5 A vers B.

La section FO continuera à agir pour obtenir, par la négociation, d'autres avancées dans les mois qui viennent. Mais d'ores et déjà la question d'une action nationale est posée sur la revalorisation de tous !