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18 novembre 2010

INTERVIEW : CATHERINE ROCHARD (Santé privée)

Catherine Rochard, secrétaire générale de FO-Santé privée

- L'Ouest Syndicaliste : Quel est le champ de syndicalisation de "FO santé privé" ?

Catherine Rochard : Il est vaste (environ 900 000 salariés), et très diversifié. Les gros bataillons sont les cliniques, les établissements de soins de suite, de réadaptation fonctionnelle, et les maisons de retraite. Juridiquement ces établissements ont pour les uns un statut "à but non lucratif", pour les autres un statut commercial.

De plus en plus les seconds échouent dans l'escarcelle de grands groupes capitalistes. La "Générale de santé" possède une centaine d'établissements. En région parisienne des cliniques viennent de passer sous contrôle de capitaux australiens. Et Korian, Médica-France, ainsi que Orpea, sont de grosses sociétés qui investissent elles sur le "marché" des maisons de retraite.

Les grands établissements ne représentent pas tout le secteur "santé privée", constitué aussi d'une multitude de petites unités de soins n'employant que quelques salariés, souvent même un seul : ainsi les cabinets médicaux, dentaires, prothésistes et vétérinaires, etc.

Corollaire de cette diversité pour la branche "Santé privée" de FO : pour défendre les intérêts des salariés, il nous faut assurer le suivi de pas moins d'une dizaine de conventions collectives.

- O.S. : Y-a-t-il des revendications fédératives ?

C. Rochard : Oui. D'abord les salaires. Dans le secteur des cliniques privées "lucratives", les salaires n'ont pas bougé depuis 2 ans. Il en est de même dans le secteur dans le privé "non lucratif", où, en l'espace de 10 ans, la perte de pouvoir d'achat atteint les 15%.

Qui plus est, la Fédération des Etablissements d'Hospitalisation et d'Aide à la Personne, qui regroupe les établissements à but non lucratif, a fait une demande de révision de la convention collective nationale (CCN du 31/10/51). La FEHAP veut remettre en cause des acquis essentiels concernant les classifications, l'ancienneté et les déroulements de carrière, au motif de dégager des marges de manoeuvre budgétaires dans les établissements .

Autre dossier difficile : l'insuffisance des effectifs, criante dans nombre d'établissements et notamment dans les EHPAD. Globalement la situation est aussi mauvaise que dans les hôpitaux.

- O.S. : Pour "optimiser les moyens" aux dires des pouvoirs publics, en fait réduire les dépenses de santé, des "groupements de coopération sanitaire" (GCS) public-privé ont été institués. Qu'en résulte-il pour les personnels concernés ?

C. Rochard : Des personnels aux statuts différents se retrouvent sur les mêmes plateaux techniques, ce qui est source de conflits d'intérêts. D'où la nécessité, sur les lieux de travail, d'une étroite collaboration avec nos camarades hospitaliers dans l'élaboration des revendications et la conduite de l'action.

Heureusement, à FO, depuis le départ, nous sommes dans la même fédération ; et nos relations, tant au niveau national que partout sur le terrain local, sont bonnes.

- O.S. : FO se porte bien dans la santé privée ?

C. Rochard : La réunion d'aujourd'hui à Nantes, en présence du régional FO des hospitaliers, Jean-Jaques Péau, et de Gérard Caillon, qui, au niveau de votre département chapeaute hôpitaux et "santé privée", le prouve: nous créons régulièrement de nouvelles sections dans les cliniques, les maisons de retraite. L'implantation toute récente de FO à la Croix Rouge à Rezé est un encouragement à poursuivre l'effort partout où nous n'avons pas encore trouvé de relai militant. En milieu rural, l'existence d'unions locales Force Ouvrière peut d'ailleurs être un point d'appui essentiel.

Paru dans L'OS 579