InFOrmation syndicale

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02 décembre 2011

LE 13, ÇA PORTE MALHEUR

Comme prévu et comme au Portugal, en Espagne le gouvernement dirigé par Zapatero et son parti, le PSOE (parti socialiste ouvrier espagnol), a pris une raclée électorale. C’est le Parti populaire qui va prendre la relève pour appliquer les plans d’austérité dictés par la Troïka.

N’oublions pas que ce parti fraîchement «démocratique» trouve son origine dans le franquisme. Le Général Franco a écrasé la République espagnole avec l’aide active de Mussolini et d’Hitler, notamment de l’aviation allemande, qui a, entre autres, rasé la ville de Guernica. Le même Général Franco a fait fusiller plusieurs centaines de milliers de républicains, et exercé jusqu’à sa mort en 1976 une dictature sanguinaire en Espagne.

En Grèce, l’ancien Vice-Président de la BCE (Banque Centrale Européenne), désigné par la Troïka, vient de constituer un gouvernement intégrant des ministres d’un parti, le LAOS, ouvertement xénophobe, et qui a soutenu dans le passé la dictature de la junte des colonels. Notons au passage que ce gouvernement est composé à 80% de ministres membres du PASOC, c'est-à-dire du parti socialiste grec, dont il a obtenu le soutien au parlement.

Nous savons qu’Hitler est arrivé au pouvoir en Allemagne avec l'aide financière des grands industriels de la Ruhr, en particulier Krupp, mais aussi de grands groupes industriels américains et anglais, qui savent dépasser les frontières nationales quand leurs intérêts en dépendent.

Bien sûr, nous ne sommes pas dans cette situation, mais il est toujours bon de tirer les leçons de l’Histoire. En effet, le système capitaliste, du fait de ses propres contradictions, est entré dans une crise profonde; et toutes les mesures prises par les gouvernements à l’échelle internationale n’ont apporté aucune solution. Ceux qui pensaient que seuls les pays du Sud de l'Europe seraient touchés doivent aujourd’hui déchanter. Même l’Allemagne, souvent présentée comme le modèle à suivre, est ébranlée. Les obligations émises par l’état allemand n’ont pas trouvé preneur sur le marché bancaire, et le gouvernement de Madame Merkel a été contraint de faire appel à la banque centrale allemande. Un véritable camouflet pour les partisans du libre marché et de la non-intervention des banques centrales !

Dans ce contexte, il faut s’attendre à de nouvelles mesures d’austérité.

En France, le ministre François Barouin a démenti la préparation d’un troisième plan de rigueur. Pourtant, il est évident que des mesures sont en préparation. L’OCDE vient d’ailleurs de prévoir une baisse de la croissance en France et réclame un nouveau plan de 8 milliards.

Comme nous l’avons toujours dénoncé, cette politique conduit à la catastrophe. Encore 1,2 % de chômeurs en plus au mois d’octobre. Bien sûr, le gouvernement de Messieurs Sarkozy et Fillon est responsable, puisqu’il est «aux affaires». Mais en réalité il ne fait qu’appliquer les décisions prises par la Troïka (FMI, BCE et Union européenne), qui impose partout la dictature de la dette.

Dans tous les pays cette dictature, devenue insupportable, est rejetée par les travailleurs et plus largement par le peuple. On a même vu en Grèce des artisans et des petits patrons dans les cortèges de manifestants, qui parfois brandissent le drapeau de l’Union européenne (1) avec au centre la croix gammée.
D’ailleurs en Grèce, l’arrivée d’un nouveau gouvernement n’a pas freiné la colère de la classe ouvrière, puisqu’une grève des transports a paralysé le pays ces derniers jours, et qu’une nouvelle grève générale est en préparation pour le 1er décembre.

La situation est identique au Portugal, où le 24 novembre une grève générale a rassemblé 3 millions de grévistes, ce qui correspond à environ 60% de la population active, travailleurs du secteur public comme du secteur privé unis dans un même mouvement.

En Angleterre, l’heure est aussi à la grève, puisque le 30 novembre, ce sont 4 millions de grévistes qui sont attendus à l’appel, entre autres, des organisations de fonctionnaires et des transports de ce pays.

C’est dans ce contexte, qu’en France, s’est tenue une réunion des confédérations pour discuter des initiatives à prendre à la suite du deuxième plan d’austérité.

Encore une fois la proposition de la CGT-Force Ouvrière d’appeler à une grève de 24 heures a été rejetée par les tenants de "l’intersyndicale officielle". La CGT, la CFDT, l’UNSA, la FSU et Solidaires ont décidé d’appeler à une «quinzaine» du 1er au 15 décembre avec «un temps fort de mobilisations interprofessionnelles, notamment avec des rassemblements» le 13 décembre.

Autrement dit, "l’intersyndicale" est repartie pour une série de journées dites "d’action",... dont on connaît à l’avance le résultat....

Mais, soyons francs : pour nous ce n’est pas une surprise. Demander à la CFDT de faire grève contre le plan d’austérité est contre-nature, puisque nous savons bien que la CFDT est en réalité d’accord avec les plans d’austérité, et qu'elle considère même que ceux-ci sont insuffisants.

«Paris vaut bien une messe» disait Henry IV, «l’Union européenne vaut bien des sacrifices» dit la CFDT.

D'ailleurs dans un tract, CGT, CFDT, FSU et UNSA (notons l'absence de Solidaires) "dénoncent les plans d'austérité... inefficaces pour réduire la dette".

Seuls les naïfs, les oecuméniques indécrottables, ou ceux qui obéissent à d’autres considérations que la défense des intérêts de la classe ouvrière, par exemple électorales, peuvent ignorer que depuis longtemps déjà la CFDT et prête à sacrifier les intérêts des travailleurs sur l’autel de l’Union européenne.

Ce n’est pas très nouveau : déjà en 1995, Nicole Notat avait soutenu ouvertement le plan Juppé. François Chérèque a lui aussi le mérite d’une «certaine clarté». Ainsi déclare-t-il : «les salariés attendent des syndicats des explications sur la crise, et non l’organisation de la grève générale que réclame FO… Le rôle de la CFDT est de rentrer dans le débat politique, sans esprit partisan… la CFDT est prête à rencontrer tous les partis pour exprimer ses propositions… Depuis 6 ans (sic), réduire la dette, c’est une des priorités de la CFDT… c’était notre démarche en 2003 ».

N’est-ce pas assez clair ?

Fillon a récemment avoué que la «réforme» des retraites de 2010 avait pour but de «rassurer les marchés financiers», Chérèque reconnaît aujourd’hui que son soutien à la «réforme» de 2003 (il y aura bientôt 9 ans), c’était ... pour «réduire la dette».

Exit tous les arguments fallacieux que l’on nous a servis à l’époque sur la courbe démographique et autres balivernes...

Alors, le 13 décembre, aller manifester au coude à coude avec ceux qui «revendiquent» encore plus d’austérité, non merci !

D’ailleurs, tout le monde le sait bien, le 13 ça porte malheur !

Si la CFDT est pour l’instant en mesure d’empêcher toute mobilisation réelle contre les plans d’austérité, elle le doit bien sûr à la complicité de la direction de la CGT.

Heureusement, il est des secteurs professionnels où le verrouillage du couple infernal Chérèque-Thibault n’a pas la même emprise. Ainsi, dans l’Education nationale, le 15 décembre, notre Fédération, renforcée par un excellent résultat électoral le 20 octobre (plus 3 points), appelle avec toutes les Fédérations sans exception, à une grève de 24 heures.

Cette grève, pour obtenir le retrait d’un décret qui prétend instaurer «l’évaluation» des enseignants, s’inscrit dans le combat pour la défense du service public, donc contre les plans de privatisation voulus par l’Union européenne.

Un responsable de l’UNSA, Jean Grosset, déclarait récemment que la proposition de notre Confédération d’appeler à une grève interprofessionnelle n’était pas réaliste car : «les travailleurs ne sont pas prêts». Le 15 décembre, nous verrons que c’est là un bien gros mensonge. Pour notre part nous mettrons tout en œuvre pour que cette grève soit un succès !

Si le 15 au soir le gouvernement ne renonce pas à son projet, alors il faudra poursuivre l’action ; et nous nous battrons pour que nos camarades enseignants ne soient pas isolés, car, répétons le, pour faire échec aux plans d’austérité, il n’est pas d’autre voie que la grève interprofessionnelle !


1- Rappelons au passage que le drapeau de l’UE n’est autre que le drapeau de la "Vierge" : bleu marial et les douze étoiles symbolisant les douze apôtres.