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03 février 2012

UN SIMPLE DECLIC...

L'Allemagne, qui inspire beaucoup nos hommes politiques français, vient de proposer de placer le gouvernement grec sous la tutelle d’un commissaire européen disposant d’un droit de veto pour contraindre la Grèce à réduire son déficit et l’obliger à faire les réformes économiques promises à ses créanciers.
Ce lundi 30 janvier s'est tenu à Bruxelles un énième «sommet européen», qui a adopté «un nouveau pacte de discipline budgétaire».

La Troïka (FMI, BCE et Union européenne) va jusqu’au bout de sa logique. De la «dictature» de la dette à la dictature politique, il n’y a qu’un pas.


La volonté des peuples et des travailleurs est bafouée, nous le savions déjà. Souvenons-nous par exemple comment les résultats «non conformes» de certains référendums ont été contournés.

Les gouvernements eux-mêmes sont congédiés quand Bruxelles les juge incapables de mettre en pratique ses oukases.

Berlusconi en Italie et Papandréou en Grèce ont ainsi été remerciés.

Il est possible que cette fois la Troïka et Berlin soient allés trop loin.

La proposition de mettre la Grèce sous tutelle provoque une levée de boucliers, y compris dans des milieux pourtant habitués à courber l’échine.

Ces réactions, même si elles sont tardives, sont à noter positivement. Mais restons vigilants, et ne comptons que sur nos propres forces, car il y a en politique une logique implacable, qui souvent entraîne certains plus loin qu’ils n’auraient voulu aller eux-mêmes.


La nature de l’Union européenne, fondée par le Traité de Maastricht sur le principe de subsidiarité, est par essence totalitaire.

Rappelons tout simplement que le principe de subsidiarité est l’exact inverse de la démocratie.

La démocratie, c’est «le bas» qui décide, et «le haut» qui exécute.

Le principe de subsidiarité, c’est «le haut» qui décide, et «le bas» qui exécute.

Il est donc logique dans cette conception que Bruxelles «dégage» ceux qui sont considérés comme de mauvais exécutants.

Pourtant, l’accumulation de toutes ces règles contraignantes, qui vident les nations de toute souveraineté, se heurte à bien des résistances et se révèle donc insuffisante. Le sommet européen vient en conséquence d’accoucher d’un nouveau pacte budgétaire, qui prévoit, entre autres, l’instauration généralisée de la «règle d’or». Ce pacte a été adopté par 25 gouvernements sur 27. Seuls les anglais et les tchèques ont voté contre. Les 25 autres représentent tout l'arc-en-ciel des couleurs politiques, y compris l'extrême droite, ... dont pourtant certains se servent souvent en France comme épouvantail à moineaux.

L’objectif est clair : il faut aller encore plus loin dans «l’abaissement du coût du travail», c'est-à-dire diminuer à nouveau les salaires, que ce soit le salaire direct ou le salaire différé, celui qui, via les cotisations, finance notre protection sociale.

En France, avec des candidats déclarés ou pas, nous sommes entrés dans la campagne électorale pour les présidentielles. Un concours semble engagé entre certains candidats pour savoir qui sera le meilleur élève de la Troïka.

Parmi les propositions pour réduire les déficits publics, d'aucuns proposent la fusion de la CSG et de l’impôt sur le revenu.

Le président sortant se prononce, lui, pour l’augmentation de la TVA dite "sociale".

En réalité, ces deux propositions aboutissent au même résultat : diminuer nos cotisations assises sur les salaires.

En d’autres termes, il s’agit simplement d’un vol, un "hold-up" avait dit notre camarade Marc Blondel en 1995 face au plan Juppé-Notat. (ndlr : l'ex-secrétaire générale de la CFDT).


Bien sûr, nous nous garderons de nous immiscer dans la campagne électorale. Chacun d’entre nous votera, ou ne votera pas, ... comme bon lui semble. Mais, dans le respect de nos principes d’indépendance, nous avons le devoir de nous exprimer quand les intérêts de la classe ouvrière sont en jeu.

Nous dirons que, pour financer notre protection sociale, il n’y a pas d’autre solution que de développer la croissance, donc d’augmenter les salaires et créer de l’emploi.

Accepter toute autre solution qui, in fine, repose sur une forme de fiscalisation, c’est déjà renoncer à cet objectif fondamental, et ainsi être complice d’un vol.

Quel que soit le résultat des élections, le gouvernement qui en sera issu devra appliquer une politique de rigueur s’il reste dans le cadre fixé par la Troïka. Alors, comme nous l’avons toujours fait, nonobstant la couleur politique des gouvernements, nous devrons engager la résistance.


Ce lundi 30 janvier, au moment même où se tenait le sommet européen, à Bruxelles, les syndicats belges ont appelé pour la première fois depuis 1993 à une grève générale contre les mesures d’austérité décidées par le gouvernement de coalition qui réunit à la fois le Parti socialiste et les Chrétiens démocrates.

Ici un gouvernement de coalition, là un gouvernement de «droite», ailleurs un gouvernement de "gauche" ! Alors gardons nous de toutes illusions ! Un homme averti en vaut deux !


En France, compte tenu du contexte électoral, la grève générale n’est peut-être pas à l’ordre du jour. Cependant, il n’est jamais trop tôt pour se préparer à créer le rapport de force.

C’est pourquoi nous devons inlassablement réaffirmer nos revendications, en particulier exiger des augmentations de salaire. Dans de nombreuses entreprises, les travailleurs se battent, y compris par la grève quand cela est nécessaire. Ils obtiennent souvent des résultats positifs.

Malgré les coups reçus, la classe ouvrière, dans l'Hexagone comme à l’échelle internationale, est toujours debout. Un simple déclic peut à tout moment la mettre en mouvement.