InFOrmation syndicale

DU MARDI 20 AU JEUDI 22 NOVEMBRE FORMATION "NÉGOCIER" - ...

05 septembre 2013

L'ELISÉE, ÇA PORTE MALHEUR


Il ne fait décidément pas bon d’être reçu en grandes pompes à l’Elysée. En 2007, Kadhafi plantait sa tente à l’Hôtel Marigny. 
Devenu momentanément respectable, il signait avec M. Sarkozy des contrats de quelques milliards. Business is business .. 


En 2011, avec l’autorisation de l’ONU, les armées américaine, anglaise et française intervenaient sur prétexte humanitaire pour liquider dans des conditions plutôt barbares ce même Kadhafi redevenu infréquentable.
En 2008, le président syrien, Bachar Al-Assad, était à son tour reçu à l’Elysée, il assistait même à la tribune d’honneur au défilé du 14 juillet. 5 ans plus tard, à la remorque du gouvernement américain, le Président Hollande se déclare disposé à intervenir militairement afin de «punir» le président syrien. Notons que cette fois l’ONU n’a pas donné son feu vert, que le Premier ministre de Grande-Bretagne, Cameron, s’est fait sèchement désavoué par le parlement, et que même Barak Obama semble devenu plus prudent. Il vient en effet d’annoncer qu’il va, préalablement à toute intervention, consulter le sénat !
Il faut dire que l’opinion publique, en particulier aux Etats-Unis, est devenue méfiante depuis l’intervention militaire en Irak en 2003. Il y a tout juste 10 ans, le général Colin Powell, devant le conseil de sécurité de l’ONU, affirmait obtenir la preuve que le gouvernement irakien détenait des «armes de destruction massive».
Nous savons maintenant que ces «preuves» étaient des faux fabriqués par les services secrets américains afin de justifier une intervention ... «humanitaire» qui a fait plusieurs centaines de milliers de morts, en particulier des civils, femmes et enfants.

Cette distinction entre des armes qui tueraient «proprement» et d’autres plus «salement» est particulièrement hypocrite.
En Irak chaque jour les attentats tuent des civils. Pour le seul mois de juillet plus de 1 000  victimes.
En Syrie la guerre fait rage depuis un an et demi. Elle a fait déjà plus de 100 000 victimes, et nous savons que les forces opposées au gouvernement de Bachar Al-Assad sont financées et encadrées militairement par les gouvernements américain, anglais et français.

Une fois de plus il faut rappeler au gouvernement français qui se prétend socialiste ce que disait Jean Jaurès : «le capitalisme porte en lui la guerre comme la nuée dormante porte l’orage». Nous disons NON à la guerre. OUI au droit des peuples à disposer d’eux-mêmes.

Dans son célèbre discours Jean Jaurès ajoutait : «Messieurs, il n’y a qu’un moyen d’abolir la guerre entre les peuples, c’est d’abolir la guerre économique, le désordre de la société présente, c’est de substituer à la lutte universelle pour la vie – qui aboutit à la lutte universelle sur les champs de bataille – un régime de concorde sociale et d’unité».
OUI, il y a bien un lien entre la guerre, la guerre économique et le désordre de la société. En 2005 le milliardaire Warren Buffet déclarait : «tout va très bien pour les riches dans ce pays, nous n’avons jamais été aussi prospères. C’est une guerre de classes et c’est ma classe qui est en train de la gagner».

Warren Buffet et ceux qui «gèrent loyalement les intérêts du système capitaliste» devraient bien se méfier et ne pas vendre la peau de l’ours avant de l’avoir tué. La classe ouvrière est loin d’être défaite, et nous savons que la roue de l’Histoire ne cesse jamais de tourner. Que ce soit en Egypte, en Tunisie, en Espagne, en Grèce ou au Portugal, elle a montré et montre encore sa capacité de mobilisation. La guerre économique menée en particulier par l’Union Européenne a ses limites. Dans les plus hauts sommets dirigeants, certains commencent à s’inquiéter face au risque d’explosion sociale. Par exemple, au Portugal, la cour constitutionnelle vient de rejeter un projet de loi dicté par la troïka qui prévoyait le licenciement de milliers de fonctionnaires.
En France, le gouvernement a tenté d’associer depuis qu’il est aux affaires les organisations syndicales à la mise en œuvre de sa politique. En particulier à propos de la nouvelle contre-réforme des retraites exigée par Bruxelles et les «marchés financiers». Disons le clairement : il a échoué dans cette tentative.
Certes, comme d’habitude il a l’appui de la CFDT. Mais l’appel à la grève et à manifester le 10 septembre lancé par la CGT et notre confédération, repris par la FSU et Solidaires dans la plupart des départements et secteurs professionnels, a marqué un coup d’arrêt net à cette tentative d’instaurer un ordre néo-corporatiste.
Le gouvernement sait qu’il n’a pas la force d'imposer la politique décidée à Bruxelles s’il ne dispose pas d’un minimum de «consensus». Certes la nouvelle contre-réforme des retraites s’inscrit totalement dans la logique de celles qui se succèdent depuis 1993, c'est-à-dire depuis le décret Balladur. Mais elle ne correspond pas aux exigences de Bruxelles. L’Union européenne a d’ailleurs vivement critiqué le projet sur un ton à peine poli !
Le gouvernement se trouve donc dans la situation où il finit par ne satisfaire personne et mécontente tout le monde !
Pour notre part, le 10 septembre nous dirons NON à cette nouvelle contre-réforme, mais aussi NON à toute la politique de rigueur fondée sur l’abaissement du coût du travail.
Le gouvernement doit savoir que dans cette «guerre des classes», nous mettrons toute notre énergie à organiser la résistance.