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24 septembre 2014

Jours crépusculaires à l'Elysée...


" ... Jours crépusculaires à l'Elysée... Gouvernement tétanisé par l'échec de sa politique économique... Rentrée cataclysmique... ", etc. Les journaux rivalisent de titres sensationnels pour tenter de décrire une réalité qui dépasse la fiction. Il y a en effet de quoi se frotter les yeux face à une telle faillite  au sommet de l'Etat !

Comment l'expliquer ?
Les moralistes coincés se retrouveront comme d'habitude avec la presse people pour pointer l'effet délétère de l'accumulation invraisemblable de scandales. Les frasques présidentielles jouent certainement, mais les allées du pouvoir ont toujours été encombrées par ce que la sulfureuse maîtresse de Roland Dumas, Christine Deviers-Joncour, appelait les "putains de la République", au nombre desquelles elle-même se rangeait...
Affairisme et corruption au sommet de l'Etat ? Mais on en a vu d'autres... Il est cependant vrai qu'au moment où les contribuables sont fiscalement saignés, alors que plus d'un million d'assujettis peinent à payer l'impôt sur le revenu et demandent une ristourne au fisc, un deuxième ministre fraudeur fiscal ... bonjour les dégâts !
Les économistes distingués, hier partisans du tout-austérité de l'Union européenne, nous disent aujourd'hui que c'est la faute à trop d'austérité.
Du côté des constitutionnalistes, on nous explique que c'est la logique des institutions de la Vème République qui fait d'un dictateur élu un punching ball national, quand ça tourne mal. Soit, mais ce n'est pas nouveau ...
Il y a un peu de tout ça, mais c'est le patron de la CFDT qui s'approche le plus près de l'explication. Dans un entretien aux Echos du 2 septembre, il se dit "effaré de voir que l'on pouvait être sifflé parce que l'on prononçait le mot "entreprise"... Il y a une partie de la majorité qui a fait son évolution culturelle sur ce que sont les entreprises (...). Une partie seulement" regrette Laurent Berger, pour qui "l'entreprise est un bien social"...
On connaît la chanson. C'est la vieille rengaine corporatiste, celle du "bien commun", axe de la doctrine sociale de l'Eglise de Rome (1), qui inspira les fascismes des années Trente.
Pour eux, l'"Entreprise" n'est pas une propriété privée, source du profit que le patron tire de l'exploitation du Travail, elle est le "corps" commun aux "apporteurs de capital" et aux "apporteurs de travail". Organiquement liés à ce "corps", les salariés ne peuvent s'y soustraire, s'organiser en dehors de lui et revendiquer des droits particuliers.
C'est l'échec des tentatives gouvernementales répétées pour mettre en oeuvre cette doctrine totalitaire qui précipite la crise, et en particulier le récent fiasco de la "Conférence Sociale" censée enchaîner les syndicats à la mise en oeuvre du Pacte de responsabilité pour le "bien commun" de "l'Entreprise" sacralisée.
Pourtant le gouvernement Valls 2 persiste et signe. Il nomme ministre de l'Economie Emmanuel Macron,  banquier d'affaires chez Rothschild et membre du Siècle, un cercle discret qui réunit d'éminents européistes, de Nicole Notat à Denis Kessler (2). Il est aussi membre du Comité de rédaction de la revue Esprit, fondée en 1932 par Emmanuel Mounier, qui salua comme une "divine surprise" l'effondrement de la France en 1940 et anima la célèbre Ecole des cadres vichyste d'Uriage.
C'est le symbole de cette autoproclamée "gauche moderne" qui nous gouverne, faussement étiquetée "social-libérale", mais en réalité héritière de l'idéologie corporatiste, ringarde, réactionnaire et totalitaire du "christianisme social".
C'est de leur faillite qu'il s'agit, provoquée par la résistance ouvrière au corporatisme, que forts de notre indépendance nous appuyons et impulsons. Il est temps de pousser notre avantage....                    

JA

1- Doctrine consignée pour l'essentiel dans l'encyclique du pape Léon XIII "Rerum Novarum", qui inspira Mussolini.
2- Notat fut la patronne de la CFDT et Kessler vice-président du Medef.