InFOrmation syndicale

DU MARDI 20 AU JEUDI 22 NOVEMBRE FORMATION "NÉGOCIER" - ...

21 janvier 2015

Il vient une heure ....

par Patrick Hébert

«La part du patrimoine mondial détenu par les 1% des plus riches était passé de 44 % en 2009 à 48 % en 2014, et dépasserait les 50 % en 2016» (étude de l’OXFAM : OXford commitee for FAMine relief).
En France, conséquence du plan d’austérité, 500 à 600 000 retraités paieront pour la première fois l’impôt sur le revenu.
La politique réactionnaire menée par tous les gouvernements depuis des décennies conduit à l’impasse et à la catastrophe.
L’inquiétude et parfois la panique gagnent les «grands de ce monde».
Ainsi le directeur de la Banque Centrale Européenne, Mario Draghi, tente de sauver les meubles. Selon Ouest France, il «devrait annoncer le 22 janvier le lancement d’un plan dit 'd’assouplissement quantitatif'', après l’échec des outils traditionnels à relancer la croissance … Une telle opération reviendrait à littéralement créer de la monnaie. C’est une autre manière de faire tourner la planche à billets… Ma BCE espère créer 600 milliards d’euros… ».

Incontestablement, le système est à bout de souffle. 

«Plan d’assouplissement quantitatif» ou pas, la situation est devenue intenable pour des milliers de salariés en France comme ailleurs dans le monde.
Le gouvernement et le patronat sont prêts à tout pour tenter de gagner du temps et empêcher que s’expriment les légitimes revendications.
Après l’échec de la «Conférence sociale» de cet été, qui prétendait associer les organisations syndicales à la mise en œuvre de sa politique, utilisant sans vergogne le lâche assassinat de 12 personnes, il tente de nous entraîner dans une sorte "d’union sacrée".
Toute honte bue, le Président de la République, ses ministres, flanqués d’une belle brochette de fauteurs de guerres et de financeurs d’Al-Quaïda et consorts, ont défilé le 11 janvier, espérant peut-être camoufler ainsi leur politique.
Chaque jour, la guerre gagne un peu plus de terrain. Jaurès avait raison : «Le capitalisme porte en lui la guerre comme la nuée dormante porte l’orage».
Cette guerre, avec ses bombes, fait chaque jour des centaines de morts. Elle conduit aussi à la misère des milliers de travailleurs, en France comme ailleurs. Le milliardaire Warren Buffet disait : «Tout va très bien pour les riches, nous n’avons jamais été aussi prospères. C’est une guerre des classes ; et c’est ma classe qui est en train de gagner». ... Comme disait La Fontaine, "il ne faut jamais vendre la peau de l’ours avant qu’on ne l’ait mis par terre."

Puisque guerre il y a, il ne faut pas se tromper de camp. Notre Confédération a eu mille fois raison de refuser de rallier l’union sacrée. Nous n’avons pas participé à cet invraisemblable «cortège syndical», où, au coude à coude se côtoyaient Laurent Berger pour la CFDT, les représentants des autres confédérations, dont la CGT, et Pierre Gattaz du MEDEF.
Pour notre part nous ne mélangeons pas les torchons et les serviettes ! Pas étonnant que «ça cause» dans les rangs de la CGT !
Nous ignorons bien sûr ce qu’il adviendra de cette confédération actuellement confrontée à de grandes difficultés internes. Par contre nous savons que nombre de militants, de syndicats, et parfois d’UD et de fédérations de la CGT, comme nous, ne supportent plus la politique du gouvernement. Comme nous ils rejettent le  "pacte de responsabilité" et combattent le projet de loi Macron.
Le 26 janvier, alors que le débat va commencer au Parlement sur ce projet de loi, nos camarades d’Ile-de-France appellent avec la CGT, la FSU et Solidaires à manifester.
Ce même 26 janvier en Loire-Atlantique nous tiendrons une conférence de presse commune pour dénoncer ce projet.

Le 18 janvier, dans les transports routiers, nos camarades, avec la CGT, la CFTC, la CFE-CGC et le SNATT entrent dans l’action pour les salaires.

Le 29 janvier nos camarades du secteur de l’énergie appellent à une montée nationale à Paris contre la loi de «transition énergétique». Ce même 29 janvier, nos camarades cheminots, avec la CGT et SUD, appellent également à manifester contre la «réforme ferroviaire».

Dans beaucoup d’autres secteurs professionnels, à la Poste, dans l’enseignement, aux finances, dans le secteur privé, les travailleurs se battent et parfois se mettent en grève.
Face à l'offensive d’ensemble visant à remettre en cause la totalité de nos conquêtes sociales, l’heure est à la mobilisation de toute la classe ouvrière.
Notre camarade Jean-Claude Mailly vient de déclarer : «Ce n’est pas parce qu’il y a ces événements que le gouvernement va nous forcer à signer un texte favorable au MEDEF»,
Il a raison. L’Union sacrée ne passera pas !
Le 16 décembre, en conclusion de son discours, devant des milliers de militants de la CGT-Force Ouvrière, notre secrétaire général disait : «C’est une étape dans la construction du rapport de force. Nous n’excluons rien pour les semaines et les mois à venir et notre Congrès Confédéral sera un moment important. De l’avertissement à la préparation d’une journée de grève interprofessionnelle il n’y a qu’un pas. Si nécessaire, nous sommes prêts à la préparer dans l’action commune si possible».
L’heure est venue.

Parce que nous sommes indépendants, on ne nous fera pas marcher derrière les patrons et le gouvernement. Parce que nous n’avons pas d’autres intérêts à défendre que ceux de la classe ouvrière et que ceux-ci sont en danger, nous devons passer à l’action.
Notre responsabilité est d’ouvrir la voie. «L’émancipation des travailleurs sera l’œuvre des travailleurs eux-mêmes ».

«Il vient une heure où protester ne suffit plus ; après la philosophie, il faut l’action ; la force vive achève ce que l’idée a ébauché» - Victor Hugo