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20 avril 2018

La météo sociale la plus bottom up de la Terre ?

L’objectif est à peine dissimulé. En ciblant un des bastions de la classe ouvrière française, les cheminots, Macron et ses mentors de l’Union européenne tentent de lui infliger une défaite exemplaire pour briser l’immense élan de résistance qui monte depuis le 22 mars de tous les secteurs du public, du privé, des retraités et des universités... L’objectif est de créer les conditions politiques de la liquidation de toutes les conquêtes, libertés et droits acquis en 1936 et à la Libération. 
Mais, pour démolir les services publics, fondement de notre République, et les livrer aux appétits des banksters multinationaux au service des actionnaires...
... pour pouvoir imposer la retraite par points contre le système actuel assurantiel calculé sur les six derniers mois pour le public et les 25 meilleures années pour le privé
... pour imposer un système «universel» dont la valeur du point serait définie par le gouvernement selon les vicissitudes économiques du pays, les fluctuations de l’espérance de vie, sans la prise en compte des périodes de chômage, de maternité ou de maladie, etc.
... il faut au préalable désarmer la classe ouvrière.
Tel est l’enjeu!

Mais voilà, tout ne se passe jamais comme prévu...

La tactique de l’été dernier sur les ordonnances Travail a fait flop. L’humoriste Anne Roumanoff décrit ainsi sa déconfiture : « édouard Philippe, il a bien expliqué. Il a dit on fait des ordonnances et on fait de la concertation. Ça veut dire il écoute tout le monde et à la fin il décide de faire ce qu’il avait décidé de faire avant de discuter... ».

La ministre des Transports (comme son patronyme - Borné - ne l’indique pas) avait concédé à la veille de la grève qu’elle renonçait aux ordonnances sur l’ouverture du ferroviaire à la concurrence.

Mais tout ça n’a pas marché !

La grève des cheminots est si puissante qu’elle a fait rentrer dans leur trou les usés désabusés qui ne croient plus à la capacité de la classe ouvrière de se mobiliser.

Mais restons sur nos gardes car les eurobéats, briseurs de grève pour « ne pas faire tomber Macron », tenteront de repointer leur nez...

Pour l’heure ce sont les cheminots qui décident dans leurs assemblées générales quotidiennes. C’est la démocratie !

À ce propos, le néo-monarchiste Macron vient d’en donner sa définition dans la novlangue startupe qu’il affectionne : « c’est le système le plus bottom up (1) de la Terre ».

Pas étonnant pour une groupie de l’Ancien Régime d’identifier la démocratie à l’ascenseur qui remontait les fameux « cahiers de doléances » à Louis XVI... Le jeune khâgneux Macron (dont la cour médiatique nous dit pourtant qu’il est instruit ) a donc mal appris sur les bancs du lycée Henry IV que le mot vient du grec « cratos » (le pouvoir) et « demos » (le peuple). Et que la démocratie c’est donc tout simplement le pouvoir du peuple.

Pas étonnant dans ces conditions qu’il ait lamentablement échoué au concours d’entrée à l’école Normale Supérieure.


Jean Alséda ( 3/4/2018)

(1) Littéralement « de bas en haut ». Anglicisme utilisé dans le business bancaire. Discours au Collège de France le 29 mars dernier.