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15 juin 2018

Briser l’obstination gouvernementale, afin d’arracher les revendications

La classe ouvrière s’instruit de l’expérience acquise dans la lutte des classes et en consigne les leçons dans la mémoire vivante de l’organisation syndicale.
Nous vivons un moment d’une rare intensité où se combine la formidable résistance ouvrière avec la recherche des moyens qui briseront l’obstination gouvernementale, afin d’arracher les revendications.

Il est déjà possible d’en tirer quelques leçons. D’abord, la tactique des journées d’action à répétition et de la succession des défilés a fait la preuve de son inefficacité, voire parfois de sa dangerosité.

L’immense majorité des salariés et des jeunes s’en détourne en particulier quand la confusion politico-syndicale les cantonne dans le protestataire festif.

Par contre, les puissantes grèves récentes dans les prisons, les Ehpad, à Carrefour, à Air France, etc. et bien sûr celles en cours à la SNCF et à l’Université portent la marque d’une détermination farouche.
Notre récent congrès confédéral a pris la mesure des choses en proposant aux autres confédérations syndicales de créer ensemble les conditions pour dresser toute la puissance de la classe ouvrière et de la jeunesse par la grève interprofessionnelle pour la satisfaction des revendications.

Il est une autre leçon qui concerne la difficile question de l’unité. Bien entendu tout le monde convient que l’union fait la force. Mais à condition, évidemment, que les objectifs revendicatifs soient communs. Nous savons par expérience que l’intersyndicalisme de façade ou le « syndicalisme rassemblé », sans autre objectif que celui de l’unité pour l’unité, n’est qu’un miroir aux alouettes.

Ces leçons, ainsi que celles qui seront tirées de la grève des cheminots, sont cruciales pour les échéances à venir : celle annoncée de la contre-réforme des retraites et celles qu’exsudera le mépris présidentiel pour «ce vieux continent de petits-bourgeois se sentant à l’abri du confort matériel», sa haine versaillaise «des gens qui pensent que la France, c’est une espèce de syndic de copropriété ou il
faudrait défendre un modèle social qui ne sale plus, une République dont on ne connaît plus l’odeur... et qui pensent que le summum de la lutte, c’est les 50 euros d’APL» (1).

Nous devons nous préparer à des chocs d’autant plus brutaux que l’agonie du capitalisme qui se manifeste violemment par la contraction du marché mondial, amène l’Amérique à dicter au reste du monde et à chaque pays en particulier le nombre de tonnes d’acier, d’aluminium ou de blé, le quota de voitures ou d’avions, etc. qu’elle leur autorisera de produire et la quantité des marchandises américaines qu’elle leur imposera d’acheter, comme le stipule le récent «accord» avec la Chine... Les gesticulations diplomatiques du roitelet parisien n’y pourront rien. Ni les pleurnicheries de ses petits marquis contre le «gendarme économique du monde».

Dans ces conditions, la leçon de la Charte d’Amiens de 1906, fondatrice de notre organisation, qui préconise la grève générale comme moyen d’action de notre syndicalisme émancipateur, est d’une actualité brûlante.


par Jean Alséda

(1) Propos de Macron à la NRF n°630 et le 7 mai dans un documentaire de France3 où il joue jusqu’à la nausée l’autoculte de sa personne.