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15 février 2011

L’HOMME QUI DIT NON : HOMMAGE A ALEXANDRE HEBERT

 
Un livre-hommage (235 pages) à la mémoire d’Alexandre Hébert, ancien membre de la CE confédérale et secrétaire de l’UD CGT-FO de Loire-Atlantique de 1948 à 1992, vient d’être publié par Bernard Hazo, l’un des rédacteurs de l’Ouest Syndicaliste, bi-mensuel bien connu de cette même Union Départementale Force Ouvrière.




Intitulé L’Homme qui dit non, en référence à l’ouvrage de Camus L’homme révolté qu’aimait à citer ce grand militant disparu qui marqua plus d’un demi-siècle durant l’Histoire de la confédération, l’ouvrage se présente comme une sélection d’articles de l’ancien leader syndical allant des années 1950 aux années 1990. Ces articles, sélectionnés par séquences à la fois chronologiques et thématiques, sont précédés des repères historiques nécessaires à leur compréhension, toujours avec le souci de mettre en relief comment et pourquoi Alexandre Hébert fut amené à intervenir et à peser dans le débat confédéral: ainsi dans les années 50 lors de la grève des postiers de 1953 et pour l’indépendance algérienne, puis contre toutes les entreprises corporatistes de la Ve République, tant sous de Gaulle que Mitterrand, la dernière grande bataille, en qualité de secrétaire d’UD, de ce pourfendeur notoire de la subsidiarité ayant été celle du NON à Maastricht.


Article paru dans FO Hebdo n°2973
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10 euros l’exemplaire (+ frais de port) -commande par e-mail: mottais@fo44.fr
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Interview de Bernard HAZO - paru dans L'Ouest Syndicaliste n°584
L'Ouest Syndicaliste : Tu le précises en introduction, ton livre n'a nulle prétention à épuiser tous les aspects de l'oeuvre militante d'Alexandre Hébert. Tu l'as cependant axé sur ce que tu penses être la principale contribution d'Alex à l'Histoire de notre confédération : un combat permanent et méthodique contre le corporatisme, ses pièges et ses masques.

Bernard Hazo : En effet, je pense en la matière, et ne suis pas le seul, qu'Alexandre a joué un rôle non seulement déterminant, mais véritablement historique, pour maintenir la CGT-FO sur la voie de l'indépendance et de la Charte d'Amiens. Notamment à compter des "années 60", lorsque les fils spirituels du Maréchal Pétain et les tenants de la Doctrine sociale de l'Eglise ont relancé à grande échelle l'offensive corporatiste avec une profusion de leurres sémantiques : ainsi la "participation" des gaullistes, "l'autogestion" de la CFDT faussement déconfessionnalisée et du "nouveau parti socialiste" proclamé à Epinay en 1971, devenu en 1974-75, pour reprendre le titre d'un édito d'Alex à l'époque, l'amalgame de "la rose et du goupillon".
Les "Provinces" de la "France profonde" chères au Maréchal Pétain furent de même ressuscitées en "régionalisation" new-look.
Il est aujourd'hui évident que cette offensive corporatiste, qui frappait et continue de frapper la France depuis grosso modo un demi-siècle, trouve son origine dans la "construction européenne", et désormais dans la "gouvernance mondiale". "L'eurocorporatisme" dont se revendique la CES, comme l'intégration de la CSI aux rouages de l'ordre mondial du FMI et des G 20, constituent le terme ultime de la gangrène corporatiste dont Alexandre avait décelé les prémices à l'aube des années 60.
 
L'Ouest Syndicaliste : Somme toute on pourrait définir Alexandre Hébert autant comme un "syndicaliste indépendant lucide" qu'un "anarcho-syndicaliste".

B. Hazo : Tout à fait. Il se voulait "anarchiste individualiste" et "anarcho-syndicaliste". Il a à ce titre oeuvré à l'engagement militant des anarchistes dans le syndicalisme, et dans la confédération en particulier. Il a aussi fondé "l'Union des Anarcho-syndicalistes" (UAS). C'est d'ailleurs à ce titre que Patrick Hébert et moi-même avons demandé à Jo Salamero, un "historique" de l'UAS, de bien vouloir préfacer l'ouvrage. Mais pour Alex, les "anars" devaient, comme dans la Première Internationale, se retrouver aux côtés de l'ensemble des composantes et courants du mouvement ouvrier. D'où ses 50 ans de combats commun avec Pierre Lambert, et son engagement dans l'Entente internationale des travailleurs.
Il lui arrivait d'être en désaccord avec les orientations confédérales. Mais, dans les moments cruciaux, il savait tout mettre en oeuvre pour réaliser avec les directions confédérales successives des accords permettant à la CGT-FO de rester sur les rails de la Charte d'Amiens : il a ainsi pu jouer un rôle déterminant dans les prises de positions de la confédération pour l'indépendance algérienne, ou, autre exemple, pour l'appel à voter NON au référendum gaulliste de 1969 visant à transformer les syndicalistes en co-législateurs et à institutionnaliser les "régions".