InFOrmation syndicale

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28 janvier 2013

Interview de Jean-Claude Mailly: «L’AUSTÉRITÉ EST SUICIDAIRE»


Le secrétaire général de FO organisait ale 24 janvier un meeting à Paris contre l’austérité, après avoir refusé de signer l’accord sur le marché du travail. 




Vous tenez aujourd’hui un meeting. Contre qui?
Jean-Claude Mailly: «Contre l’austérité! Elle est triplement suicidaire : socialement, car elle attaque le pouvoir d’achat. Economiquement, car elle ne diminue pas forcément les dettes, tout en tuant la croissance. Et démocratiquement, car elle remet en cause des droits sociaux, et provoque une montée des extrémismes politiques.»

Vous n’avez pas signé l’accord sur la réforme du marché du travail. Espérez-vous le faire modifier au Parlement?
«Oui, et nous allons en parler avec l’ensemble des groupes du Parlement. Il y a dans cet accord des problèmes de forme et de fond, et des risques de non constitutionnalité. Je sais aussi qu’un accord est d’autant mieux porté qu’il a recueilli beaucoup de signatures. A partir du moment où deux des trois plus grandes organisations ne l’ont pas signé, les parlementaires doivent s’interroger.»

Ce n’était pas l’acte de naissance de la nouvelle démocratie sociale?
«Non, ça c’est de la com’. Je n’ai jamais cru à un accord historique. C’était une négociation parmi d’autres, et j’en félicite le vainqueur, le patronat.»

Que pensez-vous de la situation chez PSA Aulnay?
«La situation est difficile. Les équipes FO font leur travail syndical pour les salariés et je n’approuve pas le côté violent de certaines tensions. Aujourd’hui, l’objectif, c’est la ré-industrialisation et que personne ne soit sur le carreau.»

Le COR présentait hier un rapport sur les retraites. Souhaitez-vous, comme la CFDT, une réforme «de grande ampleur»?
«Non. Je ne nie pas les problèmes financiers. Mais à un moment, c’est un choix de société : voulons-nous financer ou pas un système de retraite? Il faudra sans doute cotiser davantage, ou faire appel à l’impôt pour ce qui relève de la solidarité nationale. Mais je n’imagine pas le président de la République repousser encore l’âge de la retraite ou allonger la durée de cotisation.»

Accepteriez-vous une baisse en valeur des pensions, par leur désindexation?
«Dans les retraites de base, non. Les retraites complémentaires, c’est une autre logique, il s’agit de régler un problème financier conjoncturel. Nous demandons en préalable une hausse des cotisations d’environ un point. Si c’est oui, nous sommes prêts à examiner, non pas un gel des pensions, mais une augmentation plus faible que l’inflation, de manière temporaire.»

La Cour des comptes propose de baisser les allocations chômage les plus élevées…
«Elle oublie de dire que ces gens cotisent à proportion… La Cour des comptes est dans une logique libérale, qui prétend que, pour remettre les chômeurs au travail, il faut des allocations dégressives avec le temps, ou diminuer les allocations. Comme si les chômeurs étaient responsables de leur chômage!»

Laurence Parisot semble vouloir prolonger sa présidence du Medef. Qu’en pensez-vous?
«Ce n’est pas moi qui décide! Je sais juste que Laurence Parisot est un interlocuteur avec qui je peux parler franchement. On sait ce qu’on perd, pas ce qu’on gagne.»

Et vous, vous prolongerez?
«Le congrès de FO est en 2015. J’ai le temps. Si je suis en forme, pourquoi pas?»
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Recueilli par Francis Brochet - Le Républicain Lorrain du 24 janvier 2013