InFOrmation syndicale

MARDI 22 MAI GRÈVE DANS LA FONCTION PUBLIQUE - DU LUNDI 18 AU VENDREDI 22 JUIN STAGE CE/CSE - ...

25 octobre 2013

ALLUMER LE FEU

Le 15 octobre, nous étions des dizaines de milliers, en province ou à Paris devant l’Assemblée nationale, à manifester pour exiger le retrait de la nouvelle contre-réforme des retraites. 
Dès le comité confédéral de la CGT-FO, qui avait décidé de cette initiative, le gouvernement n’a pas voulu nous entendre ;  et les députés, à une petite majorité, ont adopté la loi. Nous verrons bien ce que fera le Sénat… Mais il est pratiquement certain que ce plan sera définitivement voté. 
Pour autant le gouvernement et ses subsidiaires auraient tort de se réjouir trop vite. Il est parfois des victoires qui préparent des défaites. Quand le roi Pyrrhus remporta une grande victoire contre les Romains, il répondit à quelqu’un qui célébrait ce succès : "encore une victoire comme celle là et je serai complètement défait".

Chaque jour, les travailleurs sont plus nombreux à rejeter la politique de rigueur. Certes pour l’instant, cela ne se traduit pas par de grandes mobilisations telles que nous les avons connues en 2010 contre le plan Fillon. Mais nous le savons, en 2010 ces immenses manifestations ont cependant débouché sur un échec. La raison de cet échec nous la connaissons : le vers était dans le fruit ! La CFDT, à l’époque, imposait sa position à une intersyndicale, qui, au prétexte «d’unité» refusait d’exiger le retrait du plan Fillon. On a même vu le Parti Socialiste, celui-là même qui aujourd’hui nous gouverne, pour des raisons purement électorales, soutenir le mouvement.
Pour espérer gagner il faut un objectif clair, mais aussi que tout le monde tire dans le même sens. L’Histoire démontre qu’il est difficile de l’emporter quand une «Cinquième colonne» s’est glissée dans ses propres rangs, pour mieux tirer dans de dos.
Depuis 2010, en particulier avec l’arrivée de François Hollande, les choses se sont en partie clarifiées. La CFDT soutient ouvertement et ostensiblement le gouvernement «socialiste» et ses contre-réformes. Nous l’avons vu tout récemment à propos de l’ANI et avec la réforme des retraites.

Le 15 octobre, pour la première fois depuis la scission de la CGT qui a débouché sur la création de la Confédération, le Secrétaire Général de la CGT, mais aussi ceux de la FSU et de Solidaires, ont pris la parole à la même tribune que le Secrétaire Général de notre CGT-FO, qui d’ailleurs a conclu ces interventions.
Certes, une hirondelle ne fait pas le printemps. Mais cet événement est important, parce que nous savons qu’au sein même de la CGT l’aspiration à l’unité sur des bases claires a gagné du terrain ces dernières années, et plus particulièrement ces derniers mois. Ils sont de plus en plus nombreux ceux qui rejettent le «syndicalisme rassemblé», qui a conduit à l’échec en 2010 et que pourtant la Direction de la CGT persiste à défendre.

Le gouvernement a tout mis en œuvre, y compris sur le dossier des retraites, pour obtenir une sorte de consensus, un «pacte social». Il a raté son coup ! Il est certain que le soutien de la CFDT et de ses acolytes ne sera pas suffisant si demain la classe ouvrière «fait irruption sur la scène de l’Histoire».

De ce point de vue, les résultats des dernières élections aux Chantiers de l’Atlantique de St-Nazaire sont un signe. Depuis 4 ans nous nous battons pour que l’Etat prenne ses responsabilités pour assurer la survie du dernier grand chantier naval de France. Nous en demandons la nationalisation. C’est sur cette position que nous obtenons 30% des voix dans le 1er collège (voir page 4), alors qu’au dernier scrutin nous n’avions pas été en mesure de présenter une liste.
La CFDT, pour laquelle le Directeur Général avait implicitement appelé à voter, perd presque la moitié de ses voix et n’obtient que 11%. Au passage, ce résultat démontre une fois encore que ce n’est pas parce que momentanément nous sommes minoritaires que nous avons tort…

Il est essentiel d’être attentif à tous ces événements petits ou grands. Au Brésil, pays du football, le peuple est descendu dans la rue pour dire : nous voulons des écoles et pas des stades. La semaine dernière, le même jour, le 19 octobre, les travailleurs portugais et italiens ont une nouvelle fois massivement manifesté contre la politique d’austérité.
En France, les lycéens sont descendus dans la rue pour protester contre l’expulsion d’une des leurs.
Dans l’Ouest, y compris en Loire-Atlantique les travailleurs de l’agro-alimentaire, notamment chez Gad, se battent pour défendre leurs emplois.

A tout moment une étincelle peut allumer le feu. Dans cette perspective, la classe ouvrière pourra compter sur notre Confédération, car, malgré toutes les pressions, nous avons préservé notre indépendance. C’est aussi pour cette raison que nous pouvons contribuer à renforcer le nécessaire axe de la résistance.
___ __ _
RETRAITES : NE SACRIFIEZ PAS L'AVENIR...! Signez la pétition