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04 octobre 2013

Niveaux de vie - LES INÉGALITÉS EN HAUSSE EN 2011

Selon une étude de l’INSEE, l’écart se creuse entre la moitié la plus aisée de la population et la moitié la plus modeste, la pauvreté touchant désormais 8,7 millions de Français.
 

Le niveau de vie médian des Français est resté constant, à 1.630 euros par mois en 2011, selon l’enquête «Revenus fiscaux et sociaux» de l’INSEE publiée mi-septembre. Mais cette stabilité apparente cache une hausse des inégalités.

Car seuls les niveaux de vie de la moitié la plus aisée de la population ont continué à augmenter sur cette période. Ceux de la moitié la plus modeste ont reculé pour la troisième année consécutive. Les 10% de Français les plus pauvres avaient un niveau de vie annuel inférieur à 10.530 euros. Les 10% les plus riches disposaient d’au moins 37.450 euros, soit 3,6 fois plus.

Selon l’INSEE, «cette poursuite des inégalités est en partie due à l’augmentation des disparités salariales». Les bas salaires pâtissent de la faible revalorisation du SMIC, qui a baissé en 2011 de 0,3% en euros constants, après une baisse de 0,4% en 2010. C’est aussi dans cette catégorie que le nombre d’emplois à durée déterminée ou à temps partiel augmente le plus.

CASSE DES AMORTISSEURS SOCIAUX

La pauvreté, dont le seuil est établi à 977 euros par mois, touche désormais 8,7 millions de Français, soit 14,3% de la population contre 14% en 2010. Les chômeurs et les jeunes sont les plus touchés, en raison notamment de «l’augmentation des durées de chômage et des conditions d’emploi moins favorables», selon l’enquête. Chez les chômeurs, la proportion de pauvres est passée en un an de 35,8% à 38,9%. Pour les 18-29 ans, ce taux a progressé de 17,7% à 19,4%.

Phénomène marquant, dans la catégorie des Français les moins aisés, la part des retraités diminue au profit des actifs. Chez ces derniers, le taux de pauvreté est passé de 10,2% à 10,9% et concerne aussi bien les chômeurs que les salariés. L’INSEE l’explique par la baisse en euros constants des bas salaires, la hausse du nombre de chômeurs de longue durée ou en fin de droits et par une revalorisation des allocations chômage inférieure à l’inflation.

Chez les jeunes, le niveau de vie médian a baissé de 2,6%. Ils sont, selon l’enquête, «proportionnellement plus souvent au chômage». En 2011, seuls 55,4% d’entre eux avaient un emploi, 12,2% étant au chômage et 32,3% inactifs.

Les jeunes actifs sont également davantage touchés par la précarité. Ils sont désormais 11,5% à travailler tout en étant sous le seuil de pauvreté contre 8% pour l’ensemble des personnes ayant un emploi.

«Cette enquête accrédite ce que FO constate et dénonce depuis des années, déplore Pascal Pavageau, Secrétaire confédéral chargé du secteur économique. La hausse des inégalités sociales et salariales est la conséquence des politiques d’austérité et de rigueur imposées par le traité européen, des contraintes exercées sur les services publics ou la protection sociale. La situation est la même, voire pire dans tous les pays où le TSCG est appliqué. Les amortisseurs sociaux sont cassés et ne peuvent plus jouer leur rôle alors qu’on n’a jamais eu autant besoin d’eux.»
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Article paru dans FO Hebdo 3087