InFOrmation syndicale

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21 janvier 2014

Le travail gratuit à STX ? Pas question pour FO, qui présente ses contre-propositions

En 2014, comme en 2013, FO refuse toute forme de travail gratuit !
Au cours de la Commission Paritaire de Négociation (CPN) qui s’est tenue le vendredi 20 décembre dernier, dans sa logique du chantage à la commande, la Direction a présenté un nouveau « deal » aux organisations syndicales :
  • accepter pendant une période de 5 ou 6 ans un «gel» de 10 jours ARTP par an, dont le sort serait discuté à la fin de cette période et conditionné à la bonne santé financière de l’entreprise.
  • ou bien maintenir la dénonciation des accords et usages, pour revenir à la convention collective et aux accords nationaux de la métallurgie pour certains sujets, et au Code du travail pour d’autres.
Pour la Direction, il s’agit de maintenir son objectif de réduction des coûts salariaux de 5%, soit environ 5 millions d’€ par an. FO refuse toute forme de travail gratuit !

Après avoir contribué à mettre en échec le projet d’accord de «compétitivité» en 2013, grâce à la forte mobilisation des salariés, FO continuera, en 2014, à refuser toute forme de travail gratuit !
En effet, avec la «nouvelle» proposition de la Direction de «geler» 10 jours ARTP par an, c'est la roulette russe ! C’est une nouvelle forme de travail gratuit totalement inacceptable !
De même, la dénonciation des accords et usages n’est pas du tout acceptable, dans la mesure où elle se traduirait par des reculs sociaux nombreux et importants (ITRD, les congés d’ancienneté, etc…).

Au cours de la CPN du mardi 7 janvier, la direction a remis aux organisations syndicales plusieurs tableaux récapitulant les écarts entre les garanties contenues dans nos accords d’entreprise et nos usages et les conventions collectives et accords nationaux dans la Métallurgie ou le Code du travail, ainsi qu’un tableau montrant le coût de ces écarts pour l’entreprise.
Le coût de l’ITDR (indemnité versée pour amortir la diminution de rémunération lors du passage de 3x8 en 2x8, de 2x8 en journée normale) est révélateur de l’importance de la charge de travail sur cette «dépense».
En effet, en 2011, année de quasi pleine charge, le coût de l’ITDR a été de 388 000€.
En 2012, année de sous-charge importante et d’arrêt du 3x8 et du 2x8 dans la quasi totalité des secteurs de production, le coût de l’ITDR a été de 2,5 millions d’€ !

Au cours de cette CPN, FO a fait la démonstration que si la direction met fin à son sombre chantage aux commandes et décide de prendre celles qui sont à la portée de l’entreprise (paquebots pour MSC, car-ferries pour Brittany Ferries et la SNCM), alors la pleine charge dans tous les secteurs de l’entreprise serait assurée pour plusieurs années ! Ceci faciliterait le retour aux 3x8 et aux 2x8 dans les secteurs qui pratiquent ces horaires habituellement. Donc il n’y aurait plus besoin de verser l’ITDR !
Sans remettre en cause l’existence de cette garantie, importante pour les salariés concernés, ce serait donc, mécaniquement, une économie de près de 2,5 millions d’€ par an, soit près de 50% de l’objectif de réduction des coûts salariaux visés par la Direction !

La contre-proposition  de Force Ouvrière

Partant de tous ces constats, l’équipe syndicale FO a réfléchi aux solutions pour sortir du chantage de la direction, et défendre toutes les garanties sociales des salariés.
Après en avoir discuté avec tous les syndiqués FO et qu’eux-mêmes aient échangé avec bon nombre de leurs collègues de travail, l’assemblée des syndiqués, réunie le vendredi 10 Janvier, a décidé d’établir la contre-proposition suivante que nous présenterons à la Direction au cours de la CPN du 16 Janvier.
Refusant catégoriquement tout projet dit de «compétitivité», rejetant toute forme de travail gratuit et la remise en cause de nos garanties sociales, FO propose de négocier, sur des bases totalement différentes, un projet d’accord temporaire, d’une durée limitée à 3 ans maximum, comportant les propositions suivantes, formant un tout indissociable :
  1. La Direction renonce définitivement à la dénonciation des accords d’entreprise, usages et engagements unilatéraux. Cet engagement serait pris pour une durée au minimum du double de celle du projet d’accord, c’est-à-dire au moins 6 ans,
  2. La Direction accepte d’appliquer une politique salariale durant ces 3 ans et comportant chaque année : 2,5% d’Augmentations Générales (avec un talon) et 1% d’Augmentations Individuelles,
  3. La Direction accepte de mettre en place la subrogation (revendication FO depuis de nombreuses années). Avec ce système, en cas d’arrêt de travail (maladie ou accident), l’entreprise maintien le salaire à 100%, et les indemnités journalières de la Sécu sont versées à l’entreprise. Ce principe évite aux salariés d’attendre plusieurs semaines le versement de la Sécurité Sociale,
  4. La Direction s’engage sur un plan d’embauches en CDI d’ouvriers et d’ATAM, principalement pour faire face dans les meilleures conditions possibles aux futures commandes.

En contrepartie, nous accepterions d’épargner les 7 jours ARTP employeur par an pendant 3 ans dans un compteur spécifique temporaire. FO met deux conditions à cette «épargne» de temps :
  1. Ce compteur temporaire serait augmenté d’un jour par année d’épargne, au titre des intérêts. La garantie ferme et écrite qu’à la fin de ces 3 années d’épargne, ces 24 jours (21 jours ARTP + 3 jours au titre des intérêts) seront intégralement restitués aux salariés en les transférant dans leur CET, 
  2. En contrepartie également, nous poursuivrons la négociation engagée en vue de la simplification et de la forfaitisation des primes, avec la garantie qu’aucun salarié ne soit perdant par rapport à ce qu’il avait perçu pendant les périodes de forte charge de travail.

Avec cette contre-proposition, FO manifeste sa détermination à défendre tous les acquis des salariés inscrits dans les accords et usages et à s’opposer à toute forme de travail gratuit et de perte de jours ARTP !