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24 novembre 2014

L’inévitable affrontement


par Patrick Hébert

Le processus de décomposition du système capitaliste et des institutions de la Vème République se poursuit.
Une affaire chasse l’autre, mais avec cette curieuse histoire de repas «discret» entre Messieurs Fillon et Jouyet, c’est le sommet de l’Etat qui est touché. Pour autant, il ne faut pas espérer que ce régime tombe de lui-même comme un fruit mûr, ou en voie de pourrissement. La constitution de la Vème République a été conçue en 1958 à partir de l’idéologie corporatiste.
Que ce soit au travers de l’intéressement des travailleurs aux bénéfices de l’entreprise, de la participation, le Général de Gaulle a tout mis en œuvre pour tenter d’associer, d’intégrer les organisations syndicales au niveau de l’entreprise et de l’état. En 1969, dans une tentative désespérée, compte tenu du contexte, De Gaulle a joué son va-tout en proposant par voie référendaire à la fois la création des régions et d’un Sénat intégrant les confédérations syndicales. L’échec de ce référendum a provoqué le départ du Général de Gaulle, mais le projet d’un état corporatiste demeure, tant il est consubstantiel aux institutions de la Vème République. Ainsi la réforme territoriale en cours de discussion s’inscrit dans cette perspective.

Certes, le contexte a évolué. La régionalisation, la volonté de supprimer les départements et de réduire les communes à des coquilles vides, s’inscrivent dans «l’Europe des régions», mais le contenu corporatiste n’est pas modifié. Le Président de la République a, lui aussi, tenté d’associer les organisations syndicales à la mise en œuvre de sa politique. L’échec de la «Conférence sociale» de juillet 2014 a marqué un coup d’arrêt à cette énième tentative. Le refus de participation de la CGT et de notre organisation a considérablement fragilisé le gouvernement, alors qu’il doit, sur ordre de Bruxelles, imposer de nouvelles contre-réformes. Il semble que le nouveau Premier ministre Manuel Valls ait renoncé, pour l’instant, à passer la main dans le dos des syndicats et choisi de passer en force. Certes il s’appuie sur une CFDT «toujours prête». Mais dans l’hypothèse d’une «explosion sociale», c’est là un bien frêle rempart.

Il est possible que ce contexte explique «l'intérêt» porté par certains à la ridicule affaire de l’appartement de Thierry Lepaon. Il est en effet de notoriété publique que depuis de nombreuses années, le débat fait rage au sein de cette confédération et que le bureau confédéral, du temps de Bernard Thibaut ou actuellement avec Thierry Lepaon, a été mis à plusieurs reprises en difficulté par ceux qui refusent un rapprochement avec la CFDT et qui veulent résister à la politique du gouvernement et du patronat. Souvenons-nous que le malheur des uns ne fait pas toujours le bonheur des autres !

Dans ce contexte délétère, où de tous côtés sortent les casseroles, le gouvernement discrédité, battu et archi-battu à chaque élection, poursuit la mise en œuvre de sa politique ultraréactionnaire.
M. Macron, le poulain de M. Jouyet, vient d’annoncer son intention de modifier le code du travail pour déréglementer encore un peu plus et permettre l’ouverture des magasins le dimanche, et pour faire bonne mesure, de supprimer les majorations salariales dans les entreprises de moins de 20 salariés.
Le même Macron qui dérèglemente à tours de bras et qui privatise les secteurs publics prétend maintenant «étatiser» les retraites complémentaires. Il veut en effet faire prélever les cotisations par les URSSAF.
On se souvient que M. Sarkozy avait fait la même «opération» pour les cotisations d’assurance-chômage, et que cela s’est terminé par la liquidation des ASSEDIC.
Les retraites complémentaires sont actuellement gérées paritairement par les syndicats patronaux et les syndicats de salariés. C’est un des rares secteurs qui n’est pas encore sous la tutelle de l’Etat, donc soumis aux critères de Maastricht. Le gouvernement ne veut voir qu’une tête.
Voilà la réalité du «dialogue social». Ce que nous propose le gouvernement, c’est l’inverse de la démocratie.

Pour notre part, nous réaffirmons notre droit à gérer nos cotisations (notre salaire différé) et qu’à chaque fois que le gouvernement en prend le contrôle, il s’agit d’un vol pur et simple. Un hold-up, comme l’avait déjà dit notre camarade Marc Blondel en 1995 au moment du plan Juppé de «réforme» de la Sécurité Sociale.
"La défense de la Sécurité Sociale mérite bien une grève", disait-il à l’époque. Aujourd’hui, nous avons, malheureusement, encore plus de raisons de reprendre la formule !

Cette grève, il nous faut la préparer.
Le 16 décembre sera une première étape. Ce rassemblement à Paris est un avertissement.
A notre Congrès Confédéral, nous aurons à débattre de nos revendications et des moyens à mettre en œuvre pour les faire aboutir.
Il nous faudra frapper un grand coup. Ce n’est certainement pas par des escarmouches que nous ferons reculer ce gouvernement aux ordres de l’Union Européenne.
C’est la grève qu’il nous faut !

La grève générale ne se décrète pas, nous le savons. Par contre, notre congrès peut décider d’appeler à une grande manifestation nationale avec grève interprofessionnelle. Nous pouvons même en discuter dès maintenant dans nos syndicats avec les adhérents et plus largement avec nos collègues de travail.
Nous pouvons aussi en débattre fraternellement avec les militants d’autres organisations qui, comme nous, rejettent cette politique et cherchent les moyens de la mettre en échec.
Chacun d’entre nous, là où nous sommes, nous pouvons contribuer à préparer ce grand affrontement inévitable.
En préparant le rassemblement du 16 décembre nous aidons à rapprocher cette échéance.