InFOrmation syndicale

26 au 30 juin : Stage CHSCT

15 septembre 2016

Le chewing-gum collé aux baskets

par Michel Le Roc’h, secrétaire général de l’UD CGT-FO de Loire-Atlantique
Pendant les vacances, le 1er ministre a eu une troisième et ultime fois recours au 49.3 à l’Assemblée nationale pour imposer la loi « Travail », pourtant rejetée par l’écrasante majorité de la population. En passant en force, il pensait avoir réglé l’essentiel et « sifflé  la fin de la récré ».
Cette loi sera « le chewing-gum qui restera collé aux baskets du gouvernement » avait pourtant prévenu Jean-Claude Mailly avant les congés. Ignorant cet avertissement, Hollande et Valls continuent de s’enfoncer dans l’impopularité, dans un climat politique délétère, à quelques mois des élections présidentielles.

Fort du soutien de Berger et de Gattaz, le 1er ministre s’est engagé à publier au plus vite les décrets d’application, « avant la fin de l’année », a-t-il précisé. C’est donc à marche forcée que le gouvernement tente de poursuivre sa croisade contre les conventions collectives et le code du travail (1).

Mais la route est encore longue. Pour mener à bien cette œuvre de démolition des conventions collectives, pour imposer des accords « au rabais », il faudrait des « syndicats maisons » solides, capables d’emporter la majorité des suffrages, soit à l’occasion des élections professionnelles, soit à l’occasion des référendums pré- vus par la loi. Et il faudrait tenter de disloquer le front des organisations syndicales qui résistent depuis le printemps, majoritaires dans la classe ouvrière et bien au-delà.

De ce côté, le meeting de Nantes, réunissant entre 2500 et 3000 militants le mercredi 7 septembre, renforce la solidité du front commun. Les dix intervenants, parmi lesquels Anne-Cécile Trégret (2) et Jean-Claude Mailly ont tous insisté sur la nécessité de poursuivre le combat contre la loi « Travail » pour en obtenir son abrogation. C’est également cette exigence qui s’exprimera le 15 septembre prochain.

Bien entendu, il ne s’agit pas pour nous, artificiellement, d’organiser ensuite des manifestations à répétition. Un peu plus tôt, un peu plus tard, les conditions d’une « explication générale » appuyée sur le front commun des organisations syndicales opposées à la loi « travail » seront réunies.

Aujourd’hui le plus important est bien de garder le cap, celui de l’indépendance syndicale, celui de la défense des seuls intérêts particuliers et collectifs de la classe ouvrière et de ne pas céder aux sirènes de ceux qui nous appellent à renoncer à combattre cette loi au nom de la lutte contre le terrorisme ou au nom d’un prétendu « intérêt supérieur » (3).
Demande-t-on aux patrons de renoncer à leurs prétentions ?
Pendant plus de 4 mois de mobilisation au printemps, le gouvernement n’a cessé d’accentuer sa pression contre les libertés syndicales. Il n’a pas hésité à amalgamer scandaleusement manifestants et « casseurs », tout en rejetant sur les organisations syndicales sa propre responsabilité dans la détérioration du climat social. Mais il a échoué et il sait que, pour notre part, nous ne renoncerons pas.
Et pourtant il persiste et signe.
En décidant, après « l’attentat de Nice », de restreindre le droit de manifester, il prend une lourde responsabilité. L’article 3 de la loi du 21 juillet 2016, qui proroge de six mois l’état d’urgence, dispose en effet que « les cortèges, défilés et rassemblements de personnes sur la voie publique peuvent être interdits dès lors que l’autorité administrative justifie ne pas être en mesure d’en assurer la sécurité compte tenu des moyens dont elle dispose ».

Prendra-t-il le risque de mettre cette disposition en application ? Si tel était le cas, il glisserait dangereusement de l’autoritarisme actuel vers le totalitarisme.

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(1) En ces temps de campagne présidentielle, notons que les candidats d’opposition qui ont participé à l’université d’été du MEDEF fi n août partagent pour l’essentiel les mêmes orientations que Hollande et Valls sur cette question… et les autres. De gauche à droite, le seul mot d’ordre, c’est moins de contraintes pour les entreprises, moins de fiscalité, moins de salaires et de fonctionnaires… et plus de bénéfices tout naturellement.
(2) Anne Cécile Trégret, déléguée FO Pôle Emploi
(3) Renoncer ou combattre : Les électriciens de la centrale de Cordemais ont fait grève 4 jours au mois de mai, suite à l’annonce de la fermeture de deux tranches fioul. Ils ont obtenu le maintien de 56 des 136 postes supprimés. Depuis, la ministre Royal a annoncé, dans le cadre de la loi sur la transition énergétique, l’arrêt des deux autres tranches de production condamnant la centrale de Cordemais. Un débat traverse les organisations syndicales de l’énergie. Doit-on accepter la loi de « transition énergétique » du gouvernement et s’engager dans la recherche de « solutions alternatives » pour le site de Cordemais ou combattre pour le maintien de toutes les tranches et de tous les emplois ? Nous publions en page 6de l’ouest syndicaliste la position de notre syndicat de base qui appelle au maintien de toutes les tranches de production et de tous les emplois.