InFOrmation syndicale

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27 mars 2009

DE LA MATERNELLE À L'UNIVERSITÉ


Rassemblement le 11 mars contre la "réforme" des lycées professionnels...

Le Bulletin Officiel spécial de l'Education Nationale daté du 19 février 2009 publie 18 textes (4 décrets, 12 arrêtés, 1 circulaire, 1 note de service) relatifs à la « rénovation de la voie professionnelle », c’est à dire à la généralisation du Bac Pro en 3 ans et à la disparition des BEP.

Cette contre-réforme installe l’autonomie des établissements en particularisant les formations, élargit le contrôle continu, fait disparaître les BEP, rend possible les classes à 30 ou 36 élèves, et bien sûr permet de supprimer des milliers de postes d’enseignants.

Réunie le 4 mars dernier, l'intersyndicale 44 des lycées professionnels (FO, CGT, CFDT, FAEN, SUD, UNSA et représentants de l'AG inter-LP) exige "le retrait complet de cette réforme du BAC PRO en 3 ans, le maintien des formations spécifiques BEP, et le maintien d’un cursus BEP 2 ans et Bac Pro 2 ans."

Elle a appellé les professeurs des LP à un rassemblement à 14 heures le 11 mars au Rectorat, et a déjà écrit au Recteur pour qu'une délégation soit reçue à cette occasion.


... Et manif' le même jour pour "la défense de l'Ecole Publique de la maternelle à l'université"

Sitôt terminé leur rassemblement au Rectorat, les professeurs des Lycées professionnels rejoindront la Place du Commerce, pour participer également à la manifestation partant de là à 16 heures 30 "pour la défense de l'Ecole Publique, de la maternelle à l'Université".

Semblables manifestations ont été prévues dans toute la France le 11 mars. Pour celle de Nantes, un appel commun a été rédigé par les fédérations enseignantes départementales FSU, FO, CGT, CFDT, SUD et UNSA. Les étudiants se joindront aussi au cortège.

Pourquoi cette convergence de la maternelle à l'université ?

D'abord, comme le souligne la plate-forme intersyndicale d'appel, "en réalité, c'est un projet de démantèlement du service public qui se met en place, dans le cadre de la réforme des politiques publiques, avec pour objectif la réduction drastique des moyens publics accordés à l'Education".

Mais surtout, par delà la cohérence des contre-réformes ponctuelles, il en est une qui, justement "de la maternelle à l'université", risque, s'il n'y est pas fait échec, d'avoir des effets dévastateurs : la "masterisation" de la formation et du recrutement des enseignants.

Actuellement, c'est après l'obtention d'une licence (bac +3) que les étudiants se destinant au métier de professeur des écoles et de lycées/collèges peuvent, soit passer directement le concours de recrutement, soit suivre une année préparatoire à ce concours en IUFM. Une fois lauréats, ils deviennent fonctionnaires-stagiaires (rémunérés à taux plein à ce titre) durant un an, avant de prendre leur service "normal" dans le secondaire ou le primaire.

Or la ministre Pécresse entend désormais substituer le master (bac + 5) à la licence (bac +3) comme diplôme exigé pour postuler au concours.

S'agit-il d'accroître la qualification, comme le prétend la ministre ? Non. Il s'agit pour le gouvernement d'économiser des postes et de précariser la profession. L'actuelle 5ème année des fonctionnaires stagiaires, rémunérée à taux plein, passerait à la trappe,... tandis que durant leur dernière année de "master", les jeunes étudiants seraient envoyés dans les établissements scolaires durant 108 heures pour une rémunération de... 3000 euros annuels. Et malheur aux titulaires du master (bac + 5) échouant ensuite au concours de recrutement. Ils n'auraient plus alors qu'à entamer une "carrière" d'enseignants précaires, CDD, ou vacataires !

Voilà pourquoi, de la maternelle à l'université, les enseignants et la jeunesse étudiante sont dans la rue le 11 mars.
Ils s'y retrouveront aussi, bien sûr, le 19, dans le cadre de la grève "interpro".

Pécresse s'obstine.

Face à l'ampleur des grèves et manifestations universitaires, Mme Pécresse, manifestement sur consigne stratégique élyséenne, avait accepté le 29 février dernier, de prendre en compte certaines revendications. Notamment celle portant sur l'exigence de retrait du projet de décret modifiant le statut des enseignants-chercheurs, principale source de contentieux avec les universitaires. (Elle s'était par contre refusé à tout recul sur l'autre dossier explosif de la "masterisation" évoqué ci-dessus).

De fait, le mardi 3 mars, lors d'une rencontre avec les syndicats à laquelle participait FO, Mme Pécresse avait pris des engagements allant dans le sens de la satisfaction des revendications, engagements qu'elle devait concrétiser à la réunion de négociation suivante du vendredi 6 mars.

Mais coup de théâtre ce 6 mars : Mme Pécresse revient le vendredi sur ses propres concessions du mardi.

Conclusion : il reste aux universitaires à s'engager à fond dans la grève interprofessionnelle (pourquoi pas reconductible?) du 19 mars.



" 200 euros, 200 postes. Tout de suite ! ", exige le SNUDI-FO 44


200 euros pour tous : c'est le mot d'ordre du SNUDI-FO. Ce n'est pas, ou tout au moins pas encore, celui des autres organisations syndicales de l'enseignement primaire. Espérons, qu'à l'instar de la Haute-Loire (ndlr : voir en page 2 du présent numéro), cela le devienne d'ici, ou à défaut à la suite, de la journée de grève et de manifestation du 29 janvier. 200 postes tout de suite : là par contre l'unité est d'ores et déjà scellée sur cette revendication... Reste maintenant à mobiliser et à créer, comme en 2002, le rapport de forces pour obtenir satisfaction.


Lundi 2 mars, s’est réuni le Comité technique paritaire départemental. A l'ordre du jour, la préparation de la rentrée scolaire 2009 dans les écoles de Loire-Atlantique.

L’Inspecteur d’académie a confirmé l’augmentation probable du nombre d’élèves inscrits dans les écoles publiques maternelles et élémentaires du département: 600 élèves de plus attendus...

.... Mais pour une dotation de 15 postes seulement, soit 1 poste pour 41 élèves !

Résultat : 42 ouvertures prononcées,... contrebalancées par 39 fermetures.

L’IA ferme aussi 24 postes d’enseignants spécialisés (les RASED) : c’est l’application stricte des consignes ministérielles.

En clair, les acquis de la grève reconductible victorieuse pour les 500 postes de 2002 sont cette fois très sérieusement remis en cause.

D'où le "voeu" intersyndical des fédérations FO, FSU, Sgen-Cfdt, et du Se-Unsa déposé au Comité Technique Paritaire Départemental listant les revendications locales, mais aussi nationales, des professeurs des écoles :
  • dotation de 200 postes pour la Loire-Atlantique,
  • pas plus de 25 élèves par classe (20 en ZEP et dans les écoles « à favoriser »),
  • nombre de titulaires- remplaçants suffisant tout au long de l’année,
  • restitution des postes de Rased supprimés par le ministre pour des raisons budgétaires,
  • une réelle négociation sur la direction d’école.
  • une formation continue de qualité, et le retrait du projet actuel de « mastérisation » de la formation des enseignants."

A s’obstiner à ne pas prendre en compte les revendications, X. Darcos et le gouvernement prennent le risque d’un conflit généralisé, comme en Guadeloupe.

Céline Carzunel,
déléguée SNUDI 44 au CTPD