InFOrmation syndicale

5 AU 7 DÉCEMBRE STAGE "CONNAÎTRE SES DROITS" --- 11 DÉCEMBRE PAS DE COMMISSION ADMINISTRATIVE --- 11 AU 15 DÉCEMBRE "DÉCOUVERTE FO ET MOYENS D'ACTION DU SYNDICAT" --- ...

10 avril 2009

LE TRIO INFERNAL


650 licenciements annoncés par Manitou à Ancenis en Loire-Atlantique, 800 chez Bénéteau en Vendée. A chaque fois, compte tenu des emplois induits, il faut multiplier ces chiffres par trois.

Depuis la manifestation massive du 19 mars, le chômage continue de monter en flèche. 80.000 de plus au mois de février. Le gouvernement et le patronat n’ont toujours pris aucune mesure pour arrêter ce massacre. Avec la complicité de l’opposition parlementaire, ils continuent leur petit numéro de cirque sur le thème de la «moralisation du système capitaliste».

François Hollande, qui tente de survivre, a même proposé de plafonner les salaires à 500.000 euros par an. Fichtre ! Quelle audace ... Quand ils étaient au pouvoir, ces gens-là ont appliqué servilement toutes les directives de Bruxelles. Ils ont privatisé à tour de bras.

Souvenons-nous, face aux licenciements chez Renault à Vilvorde, Jospin disait qu’il ne pouvait rien faire, que l’Etat ne pouvait pas tout. Les mêmes nous disent aujourd’hui qu’ils peuvent faire quelque chose, qu’ils peuvent moraliser.

Il y a vraiment des claques qui se perdent. Les travailleurs ne vivent pas de bonnes paroles, encore moins de morale, mais de bonne soupe.

Dans l’immédiat, on attend toujours les mesures pour arrêter les licenciements.


Le Congrès de la Fédération des Employés et Cadres, qui vient de se tenir à la Rochelle, «dénonce le cynisme qui consiste à octroyer 360 milliards d’aides pour les banques, alors que, par exemple, il aurait suffi de quelques millions pour sauver les 980 emplois de la CAMIF».

Nous voulons du concret. Les travailleurs de Guadeloupe ont obtenu 200 euros nets par mois. Notre CCN (Comité Confédéral National) revendique une augmentation du SMIC de 15%.

Contre les licenciements, nous voulons aussi le retour des «préretraites» sur le modèle de l’ARPE, que notre Confédération avait négociée en 1998, et qui a été supprimée en 2003, avec la contre-réforme des retraites Fillon/Chérèque. A ce propos, qui se souvient encore que le COR (Comité d’Orientation des Retraites) avait chiffré à l’époque à 4,5 milliards d’euros, les besoins de financement pour maintenir les retraites après 37 années et demi de cotisations, revenir aux 10 meilleures années pour le calcul des retraites du privé, et pour les réindexer sur les salaires? Quatre petits milliards et demi ... Il y a de quoi avoir la rage ...

Six années plus tard, nous avons moins de retraite, mais plus de chômeurs. Six années plus tard, nous retrouvons les mêmes protagonistes, les mêmes acteurs. Fillon, Chérèque et Thibault, le «trio infernal» !

Chacun dans son rôle qu’ils connaissent d’ailleurs bien. Ils s’apprêtent à récidiver. Ils organisent la «contestation raisonnable».

Depuis plusieurs mois, les travailleurs résistent, se battent en Guadeloupe, mais aussi en Martinique, chez Sony, chez Caterpillar, chez 3M, à la FNAC, etc.

C’est «la lutte des classes qui oppose sur le terrain économique les travailleurs en révolte contre toutes les formes d’exploitation et d’oppression, tant matérielles que morales, mises en œuvre par la classe capitaliste contre la classe ouvrière» (Charte d’Amiens - 1906).


Après les manifestations des 29 janvier et 19 mars, il est évident que la grève est à l’ordre du jour.

C’est pourquoi notre Comité Confédéral a proposé aux autres organisations syndicales d’appeler à «une journée de grève interprofessionnelle franche» et d’organiser dans ce cadre «des assemblées générales des salariés dans l’unité d’action la plus large possible».
Malheureusement, cette proposition n’a pour l’instant recueilli qu’une fin de non recevoir ; l’intersyndicale réunie le 30 mars, n’accouchant que d’une nouvelle manifestation, de surcroît un jour chômé, en l’occurrence, le 1er mai.

Nous savons tous qu’un énième défilé ne règlera rien, que le rapport de forces se situe sur le terrain économique, c’est-à-dire celui de la grève.

Le «trio infernal» veut nous entraîner jusqu’à épuisement de ces processions à répétition. Certes, au printemps, les promenades ne sont pas désagréables. En avril flotte une odeur de lilas. Au mois de mai, vient le tour du muguet. Mais aujourd’hui, la classe ouvrière a besoin d’autres perspectives que ces défilés festifs, «avec les familles» comme le propose Chérèque.

Pour notre part, nous ne participerons pas à ces fêtes paroissiennes. Dans ces conditions, la situation est très compliquée. Le 1er mai, comme nous l’avons toujours fait, nous réunirons les militants pour lucidement analyser la situation et préparer les affrontements inévitables.


Note: Patrick HEBERT, Secrétaire général de l'UD CGT-FO de Loire Atlantique